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On a terminé

Upload, saison 2 (Prime Video) : précipitation dans l’effort

Il aura fallu attendre près de 2 ans avant d’avoir la saison 2 d’Upload, la série de Greg Daniels (The Office). Et pour avoir trois épisodes de moins ?

Mai 2020, Upload débarque sur Amazon Prime. La série créée par Greg Daniels (Parks and Recreation et Space Force) nous contait la mort de Nathan Brown avec un peu de Black Mirror dedans.

En 2033, les humains sont capables de se « charger » dans un au-delà virtuel de leur choix. Lorsque Nathan, un programmeur informatique, meurt prématurément, il est chargé au très coûteux Lake View, résidence grand luxe. Sa petite amie est toujours vivante et peut lui rendre visite. Nora, son ange gardien (Nora Allo), le surveille virtuellement mais le rapprochement se fait…

Porté par un Robbie Amell en grande forme, Upload avait séduit par ses thématiques douces et modernes. Parler de la mort en prenant un peu de Black Mirror et de The Good Place était un pari audacieux et réussi. Après 10 petits épisodes, Upload ouvrait de belles perspectives d’avenir. Les personnages étaient attachants, les intrigues étaient intelligentes et arrivaient à mixer drame et humour. D’ailleurs, n’oublions pas Owen Daniels (fils de), très drôle en homme à tout faire virtuel. C’est par lui que vient l’humour le plus marquant.

Si la saison 1 nous avait ratifié de trouvailles visuelles originales qui prenaient en compte ce cimetière « Métavers » , la saison 2 se veut moins efficace.

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Pourquoi 2 ans d’attente ?

Comme pour pas mal de productions, le Covid a mis en pause pas mal de tournages. Certaines séries ont été tout bonnement annulées (Pas de saison 2 pour la série Netflix Messiah, ni pour la série de Cobie Smulders, Stumptown). C’est donc avec un an de retard que certaines productions ont repris. La plupart du temps, il fallait adapter les tournages pour y faire entrer les nouveaux coûts liés aux restrictions, aux tests, aux isolements… Upload a donc décalé son tournage mais aussi réduit son nombre d’épisodes. Le budget alloué a sûrement été le même pour un nombre d’épisodes restreint. Robbie Amell l’a précisé sur Digital Spy : « Cela a pris le même nombre de jours de tourner 7 épisodes que d’en faire 10. Avec les restrictions, les tests, mettre les personnes à l’isolement, tout a pris plus de temps ».

Pourtant, Greg Daniels se justifie autrement. Selon lui, la meilleure solution pour cette histoire était 7 épisodes. Ce n’est pas le nombre d’épisodes qui a dicté l’histoire mais l’inverse. Difficile à croire quand on voit cette saison 2.

Une saison 2 bancale

Après un previously on très confus, on retrouve Nora qui fuit Horizen pour se retrouver dans un camp où vit une communauté anti-technologie, les Ludds. Elle y croisera un allié qui deviendra son amant (Paulo Costanzo, Royal Pains) vu que de son côté, Nathan se retrouve avec Ingrid qui s’est uploadée.

Les enjeux de cette saison 2 sont un peu fouillis. On ne comprend pas comment et pourquoi Nora fuit autant Horizen. Alors que du côté de Lakeview, on voit rapidement qu’Ingrid va être un poids pour Nathan. Pourtant, en voyant que Nora n’est plus son ange, il se résigne à se rapprocher d’Ingrid.

Quitter Horizen ne sera que temporaire pour Nora. Maladroitement mise en place, l’intrigue se tourne finalement vers un retour aux affaires pour elle. C’est plutôt Aleesha et Luke qui seront l’attraction Ange / Défunt dans cette saison 2. Ca ne vole pas très haut, ça joue sur les mêmes ressorts à chaque fois mais le duo est plutôt plaisant.

Les Ludds n’auront qu’un poids minime puisque leur cyber-attaque n’a quasiment aucune conséquence sur l’univers de la série. On passe vite à autre chose, à l’idée qui dirigera cette fin de saison : le désir d’enfant d’Ingrid. Elle cachait bien son jeu puisqu’elle a créé un clone de Nathan pour pouvoir télécharger son défunt mari dans ce nouveau corps et ensuite avoir un enfant. Ce fil rouge est plutôt malin et nous permet de voir cette idée d’enfant digital débarquer sous la forme du majordome (Owen Daniels). Un bébé avec cette tête d’adulte sera l’attraction de quelques épisodes dont un avec cette progéniture qui grandit et vieillit en une journée.

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Le personnage d’Ingrid est le plus développé cette saison avec notamment cet épisode où elle n’est pas aux commandes de son corps virtuel et où elle comprend que Nathan a eu de l’intérêt pour elle à cette occasion. Mais ça ne suffit pas à se faire à cette idée puisque d’épisode en épisode, on changera rapidement d’intrigue principale. Nathan ne veut pas d’enfant alors que rien n’a été développé dans ce sens, un clone de Nathan est découvert dans l’épisode 6 pour vite l’utiliser dans l’épisode final. On passe vite d’une idée à une autre sans la développer et on se retrouve avec un épisode final qui essaye de raccrocher les wagons. On ne comprend pas trop pourquoi on en est là.

Trop d’idées bancales nous dirigent vers un final qui aurait pu être le dénouement de longs développements. On accepte l’idée et c’est une dernière scène qui nous laisse en suspend… jusqu’à la saison 3.

Cette ultime scène efface presque les enjeux mis en place avec le développement de Freeyond par Choak (joué par William B. Davis) dans tous les Etats riches du pays. L’absence de Nathan par Tinsley (nouvelle Ange) se rajoute à la liste des enjeux et ne répond même pas à autre chose. En somme, tout semble mis sur la table côté idées sans qu’on sente une petite cohérence de propos. A voir par la suite dans une saison 3 qu’on espère rapidement en route.

Au final, qu’on ne me dise pas que Daniels n’avait besoin que de 7 épisodes pour cette histoire comme il dit. On sent les intrigues étriquées. Côté humour et drame ça fonctionne très bien par contre. Mention à Owen Daniels, génial. Maintenant, vite la saison 3.

 

Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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