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On a terminé

Upload (Amazon Prime) : une vivifiante histoire de vie et de mort

Arrivé le 1er mai 2020 sur Amazon Prime, la série de Greg Daniels (Space Force, The Office) parvient à devenir une série attachante malgré un sujet casse-gueule.

Prenez Nathan Brown (Robbie Amell, The Flash, Tomorrow People, X-Files saisons 10 et 11). Dans un futur où les humains sont capables de s’uploader dans une vie virtuelle après la mort, Nathan qui a une riche et belle fiancée, un projet fou, meurt prématurément d’un accident de voiture. Il est alors uploadé à Lakeview où il passera le reste de sa mort. Il est supervisé par Nora, son « ange » qui est en fait bien réelle dans l’entreprise qui gère les morts de Lakeview.

Tout se passe bien sauf que la mort de Nathan est mystérieuse et que Nora ne semble pas indifférent au jeune homme.

Upload Prime

Greg Daniels a offert Space Force et Upload cette année et on ne peut pas dire que les deux projet soient similaires. Upload est une fable moderne qui lorgne du côté de Black Mirror, de Code Quantum, de Futurama, de The Good Place.

N’étant pas shipper au demeurant, je défends pourtant les bonnes histoires romantiques quand elles sont tacitement présentées dès le départ. Le ton de Upload est léger et propice à la romance évidente. Malheureusement, si l’évolution est rythmée, courte (la saison ne fait que 10 épisodes), elle manque cruellement d’alchimie. Nora et Nathan manquent de ce petit quelque chose, de cette entente. Leur relation n’est pas bouleversante, bouleversée, il n’y a pas tant d’obstacles. Même si on comprend que la relation ange / mort n’est pas si facile, elle évolue pourtant avec un naturel qui bat la mesure.

Outre cette romance, il y a ce mystère autour de la mort qui est un peu le fil rouge avec les faux-semblants, les coupables présumés. C’est plutôt plaisant cependant Upload intéresse par cet univers fantasque, cet univers virtuel futuriste, bien vu, ludique, malin et… drôle. La moindre petite idée graphique est propice à un gag. Et il y en a beaucoup, la série est généreuse de ce point de vue. Cette ambiance positive fait d’ailleurs de l’ombre à l’idée générale traitée : la mort.

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On parle de mort, et pourtant le deuil n’est jamais présent. Nathan peut prendre contact avec le vrai monde. La mort devient juste une relation à longue distance. Et encore, on peut visiter Lakeview en virtuel. Et c’est là le principal défaut de la série qui n’émeut que par la romance, jamais par la mort. Le deuil, la disparition, tout disparait au profit de ce ton général léger. Il y avait beaucoup à faire pourtant sur la perte de l’être aimé, la perte de l’enveloppe charnelle… Upload s’affranchit de toute dimension dramatique liée à la mort.

Il reste aussi un troisième tiers de la saison assez étrange. Le rythme est différent, la narration est moins fluide et on en fait même un peu trop quand Nathan a un pouvoir d’agir dans la réalité. On élargit le champ des possibles et on perd une dimension importante de la série : ses règles. Là, on se permet des choses qui ouvre trop le champ d’action de la série et amoindrit la force de son identité. Côté rythme, l’épisode 7 par exemple a un montage particulier qui fait durer chaque scène deux secondes de trop. Il en résulte un épisode mal fichu qui nous perd.
D’ailleurs cet épisode 7 nous met devant le fait accompli. On a l’impression qu’il manque un épisode entre le 6 et celui-ci puisqu’il relate des événements qui aurait mérité un temps d’écran.

Upload possède un casting frais avec Robbie Amell qui s’amuse même s’il est encore un peu trop statique. Andy Allo (Pitch Perfect 3, Black Lightning) est plutôt bonne dans ce double rôle de girl next door / superviseuse. Allegra Edwards (l’inconnue Briarpatch, apparue dans New Girl ou Orange is the new black) est lumineuse en fiancée richarde qui peut être autant coincée que séductrice. La musique de Joseph Stevens (Mes Premières Fois) est d’une douceur impeccable pour nous emmener dans cet univers.

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Upload nous emmène donc un peu dans The Good Place avec ce paradis artificiel, dans Code Quantum avec cet ange, de Futurama avec des gags visuels (surtout l’épisode 8) et de Black Mirror avec cette technologie omniprésente et indispensable. La série a des références et construit elle-même son univers attachant avec des thématiques qui font du bien.

Upload est disponible sur Prime Video (que vous avez si vous êtes abonnés à la livraison Prime)

 

Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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