L’Elite est une trilogie de Joëlle Charbonneau suivant le parcours de Cia, une jeune fille qui va tenter de faire sa place à l’université.
Le résumé des 3 livres
- L’Elite
Finalement c’est arrivé, le réchauffement climatique, les guerres et les pandémies eurent la peau des civilisations comme nous les connaissons. Des siècles plus tard, Cia vit dans un pays nait des cendres de ce qui fut les Etats-Unis dont seul le sud-ouest est resté habitable. Elle attend la remise de son diplôme secondaire en espérant être sélectionnée pour le Test. Le Test est l’examen permettant d’entrer à l’université qui est elle-même le seul chemin vers l’élite du pays. Les autres sont obligés de rester dans leur communauté. Les Tests sont si secrets que la mémoire des participants est effacée dès la sélection achevée. Seulement il y a de nombreuses années que personne n’a été sélectionné pour le Test dans la communauté de Cia. Le lendemain de la remise des diplômes, Cia apprend qu’elle est sélectionnée avec une dizaine de ses camarades. La veille du départ, son père, lui-même membre de l’élite inférieure, la met en garde : lui comme certains de ses collègues ont des réminiscences des tests qu’ils ont subis, des tests pervers et dangereux. Une fois arrivée sur place, Cia se rencontre que la maxime « pour qu’un pays survive, son élite doit être forte et sans faiblesse » est à prendre au sens propre du terme : toute erreur durant le test ne connaît qu’une seule sanction la mort. Les décennies de non-sélection étaient volontaires : la professeure partie à la retraite voulait épargner la vie de ses étudiants.
- Sous surveillance
Cia a intégré l’université et déjoué l’effacement de sa mémoire. Elle se souvient de tout ce qui s’est passé durant le test. Passant les épreuves de placement permettant de décider dans quelle filière d’enseignement les étudiants seront placés et à quel type de poste ils pourront prétendre, Cia découvre qu’à l’université, « être renvoyé pour cause d’insuffisance » signifie se faire exécuter dans un couloir par des gorilles par ce qu’on n’a pas d’assez bonnes notes ou qu’on ne rentre pas dans le moule défini par l’élite supérieure. Comme pour le Test, à l’université, toute faute aux tests est mortelle. Ceci d’autant plus qu’envoyée en science politique et mise en stage auprès de la présidence, Cia se rend compte qu’elle n’est qu’un pion entre les stratégies du directeur de l’université, la présidente et la rébellion.
- Dernière Epreuve
Cia s’est vue attribuer par la présidente la mission d’assassiner l’ensemble des professeurs impliqué dans la réalisation du Test. Mais plus elle prépare sa mission et recrute son équipe plus elle se s’aperçoit que les choses ne sont pas si évidente que cela : les élèves ayant échoués au Test ne sont pas tous tués mais envoyés dans une colonie secrète dans les Terres irradiés, on l’espionne mais personne ne semble vouloir l’arrêter… Et si toute l’histoire n’était qu’un gigantesque test de psychologie sociale mis en place par l’élite pour décider de la prochaine étape à faire prendre au pays…
Dans cette trilogie, tout tourne autour du pouvoir, comment on acquiert du pouvoir et comment on le conserve sans aucune once de considération morale. La morale : c’est super pour le bas peuple, ça permet de le manipuler ; c’est dangereux pour une élite, cela permet qu’on la manipule. Le prince de Machiavel revisité en SF post-apocalyptique. Mais chez Machiavel comme les Etats-Uniens du 26ème siècle, les ressorts du pouvoir restent les mêmes : celui qui domine les autres par son pouvoir décide de sa vie, les autres sont des moutons qu’on peut conduire à l’abattoir à n’importe quel moment. Acquérir le pouvoir et le conserver, là réside la clé de la survie. Et le pouvoir passe aussi bien par faire les yeux doux à son voisin de palier, que de savoir tirer dans la tête du gars en face sans poser de questions ou mieux s’être arranger pour qu’après une dizaine de manipulations , Linda de la compta tire pour vous dans la tête du gars d’en face… Mise à part Cia qui a de nombreux scrupules mais comprends vite qu’il vaut mieux tirer et avoir des remords que d’être tuée, la plupart des personnages sont d’authentiques salauds. Pas de super criminels sociopathes ou des militants fanatisés, juste des salauds qui ont une super vie tranquille, des intérêts et des envies, et s’il faut écraser le voisins pour ça, allons-y. Et surtout ce sont des salauds qui savent être des salauds et assument totalement ce qu’ils sont. Ils viennent de toper avec toi parce que ça les arrange à ce moment-là, dans trois semaines, ils te tireront une balle dans le dos parce que c’est mieux pour eux. Ils le disent haut et fort sans une pointe d’empathie. Evidemment dans un espace feutré avec de belles manières, on est entre gens éduqués, mais on t’assassinera quand même.
Le problème des cadres dirigeants chapeautant tout ça ? une élite supérieure sans aucune empathie ni moralité, c’est très efficace pour survivre au milieu du chaos, mais quand le chaos est passé, c’est difficile d’avoir une nation prospère avec des gens prêts à faire égorger le voisin et qui se protègent parce qu’ils savent probable que le voisin va les faire égorger. Seulement pour les faucons, a priori les gens moraux sont des couilles molles. D’ailleurs si le dernier président des Etats-Unis avaient eu les couilles de tirer au lieu de faire des leçons sur le droit de la guerre, on aurait fumé les autres avant de s’être fait fumer.
Solution : on repêche une nana super intelligente mais avec une moralité sans faille. Non, on ne va pas abandonner en plein désert le collègue qui s’est pris une balle parce qu’il va nous faire perdre une heure. Pourquoi ? Parce que c’est pas bien. On va lui apprendre à être une super dure à cuire et on voit si elle a les couilles de tirer quand ce sera évident que c’est la seule manière de sauver son cul. Elle tire, on adapte le test d’entrée pour recruter des profils comme le sien. Elle ne tire pas, elle se fait flinguer et on voit comment s’arranger avec les salauds.
L’intrigue est bien menée, l’héroïne principale n’est ni une super garce ni une sainte nitouche. Le grand méchant de l’histoire est un personnage complexe et par certains côtés attachant qui n’est pas juste un salopard. Les conséquences des choix faits se paient cash, de manière souvent injuste en tombant sur le pauvre gars qui n’y est pour rien, sans qu’un retournement de situation nous amène au grand Happy end tout en guimauve. Pas de Happy end, d’ailleurs ni de bad end, juste un choix, un choix fait en pleine conscience par l’héroïne : rentrer chez soi loin de cette élite tordue ou continuer dans la nasse et la faire changer de l’intérieur. Laisser le pouvoir ou tenter de l’acquérir et de le conserver.
Lore Petit