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Demon Slayer Saison 2 : Plus c’est long, moins c’est bon ?

La Saison 2 de « Demon Slayer » vient de s’achever sur un final épique, des scènes de combats superbement animées avec de grandes scènes d’émotion et de courage. C’était une très belle saison. Mais… c’était trop lent au niveau du rythme, un peu comme le film « Le Train de l’Infini ». Cela ne gâche pas l’expérience, certes, mais c’est parfois un peu dur à comprendre, surtout pour un shonen.

Je ne vais pas me faire d’amis après cette critique…

Attention, cette critique comporte de nombreux spoilers. Lisez à vos risques et périls !

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Nous n’allons pas parler des premiers épisodes de la saison 2 de Demon Slayer axés sur « l’Arc du Train » car il s’agit globalement du film coupé en différents épisodes. Nous risquons ainsi de nous répéter par rapport au film, ce qui ne serait guère intéressant. (Cela dit, c’était plus agréable de les voir en tant que série, pour des questions évidentes de rythme !). On va démarrer tout de suite avec l’Arc du Quartier des Plaisirs, soit l’épisode 8 de la Saison 2. L’épisode 8… était très long et très vide, force est de le constater. Le Pilier du Son, Tengen Uzui, tente de kidnapper des petites suivantes de Shinobu, la Pilier Insecte aperçue dans la saison 1. Tanjiro et ses deux amis l’en empêchent, et finalement, se portent volontaires pour le suivre et infiltrer le Quartier des Plaisirs de Tokyo. En effet, des femmes disparaissent mystérieusement dans cette zone, et la présence d’un puissant démon est fortement soupçonnée.

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Inosuke et Zenitsu grimés en filles dans le Quartier des Plaisirs

Malgré un épisode 8 très lent qui servait plus de chaînon manquant entre les deux Arcs, l’épisode 9 démarre bien avec Tanjiro, Inosuke et Zenitsu déguisés en filles pour être « vendues » à des maisons de prostitution et tenter de trouver le démon. Tengen est d’autant plus inquiet que l’une de ses trois femmes (Oui, il a trois femmes) a disparu dans ce même quartier. Elle est une ninja tout comme lui, et forte de cette expérience, elle s’est elle-même fait passer pour une « Yujo » (« prostituée » en japonais) et elle avait bel et bien enquêté sur un démon avant de se volatiliser. Tanjiro parvient à entrer dans la Maison Tokito et entre au service de Koinatsu, une belle « oiran » qui lui apporte quelques informations sur la femme de Tengen avant sa disparition. Une « oiran », pour ceux qui l’ignorent, était une courtisane japonaise de très haut rang. Contrairement aux autres prostituées, elle avait toute une maison et des serviteurs à son service. Elle pouvait même se payer le luxe de choisir ses propres amants qui payaient vraiment très cher pour la voir. Koinatsu est une femme douce et bienveillante qui veille sur ses jeunes suivantes, les « Kamuro ». Les apparences ne sont pas trompeuses : Tanjiro comprend vite que ce n’est pas elle, le démon en question.

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L’oiran Koinatsu, ses Kamuro et Tanjiro qui fait le linge.

C’est le pauvre Zenitsu, le trouillard du groupe, qui se retrouve au service d’une autre oiran. Et cette dernière est… beaucoup moins gentille. Cruelle, elle maltraite ses servantes terrorisées et envoie valser Zenitsu d’un coup de poing. La maîtresse de maison commence à se douter de quelque chose suite à autant de sévices : cette oiran existait depuis bien des générations, ce qui est impossible… Est-ce elle le démon ? Et oui. Du nom de « Daki », la démone de rang supérieur se débarrasse de la vieille femme comme d’un rien. Cruelle et fière, elle ne montre aucun signe de regret pour ses actes. Le seul reproche que j’aurais à faire, c’est qu’on voit tout de suite que c’est elle la méchante. Ça aurait été plus intéressant de montrer les deux oirans avec des apparences totalement à l’inverse de ce qu’elles sont : Daki aurait pu avoir l’air agréable pour cacher sa vraie nature, tandis que Koinatsu aurait pu passer pour distante, avant qu’on se rende compte de sa gentillesse. Ça aurait pu faire moins manichéen.

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Difficile de ne pas voir que Daki est la méchante…

Autre chose de très étonnant dans cette partie de saison 2 de Demon Slayer : le sexe est totalement absent, pas même suggéré. Les prostituées montrées dans la série ont l’air beaucoup plus gentilles et maternantes que désirées physiquement : c’est peut-être dû à la censure mais même dans le manga, c’était déjà le cas. L’auteure de la série est en effet une femme : est-ce pour cette raison que toute sensualité est absente ? C’est possible, mais c’est dommage étant donné que les mangas, et surtout les shonen, n’ont vraiment pas froid aux yeux sur la question !

Revenons à l’histoire. Après moultes pérégrinations, Tanjiro affronte Daki sur les toits, tandis que Zenitsu, Inosuke et Tengen trouvent la « cachette » du démon où elle a kidnappé ses proies, des femmes endormies qui lui servent de garde-manger. Là, Tengen retrouve deux de ses femmes, et avant ça la troisième qui s’était momentanément empoisonnée pour échapper à Daki. Même Koinatsu a été kidnappée alors qu’elle devait se marier. S’ensuit une odyssée de combats et de découvertes de pouvoirs pour battre Daki, sachant que c’est une Lune Supérieure de Rang 6 et qu’elle est la préférée de Muzan lui-même : sans doute grâce à sa beauté vénéneuse. Tanjiro développe de nouveaux pouvoirs qui lui font pleurer du sang (au sens propre), mais le mettent gravement en danger. C’est là qu’intervient Nezuko : on ne l’avait plus vraiment vue se battre depuis le petit Arc avec Tamayo et l’Arc des démons-araignées. Cette fois-ci, elle devient plus grande, des marques en forme de lianes feuillues apparaissent sur sa peau, et elle n’hésite pas à casser du démon.

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When Nezuko hit puberty

Daki prend cher, mais Nezuko doit être calmée par Tanjiro, car elle est en train de se transformer véritablement en démon. C’est en lui chantant une berceuse que son frère parvient à l’apaiser : Nezuko se reconnecte à sa partie « humaine » en se rappelant des souvenirs de sa mère. C’est un moment vraiment émouvant où l’on revoit les relations si profondes entre le frère et la sœur qui forment vraiment le cœur de la série. Chose à noter : Nezuko « grandit » pour devenir une femme aux formes voluptueuses et devient un démon dangereux, mais quand Tanjiro parvient à la calmer… elle rétrécit pour devenir une petite fille. Est-ce que le côté féminin de ce démon augmente sa dangerosité ? Ce n’est qu’une interprétation mais c’est un détail intéressant.

Affaiblie par les attaques de Nezuko, Tengen parvient à décapiter Daki. Fin de la saison. A moins que… Daki ne soit pas le seul démon, en fait. Elle abritait à l’intérieur de son propre corps son frère, Gyutaro, un individu d’une laideur repoussante armé de deux faux empoisonnées. Tengen et Tanjiro se retrouvent gravement touchés et par les faux, mais ce n’est rien comparé à Inosuke qui se fait poignarder. Ça va mal. Mais au prix de nombreux rebondissements, ils parviennent à décapiter le frère et la sœur en même temps, ce qui est indispensable pour les tuer une bonne fois pour toute. Leur tête se font face à face, tel un bien étrange « yin et yang ».

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On peut faire un parallèle intéressant avec Tanjiro et Nezuko : il s’agit de l’histoire d’un frère et d’une sœur qui ont suivi des chemins totalement opposés. Nezuko a su garder son humanité et n’a pas transformé son frère en démon, mais pour Daki et Gyutaro, c’est tout autre chose. Ils ont accepté de vendre leur âme au diable pour une vie meilleure. Comme le disait Daki, « les démons ne vieillissent jamais. Et ils n’ont pas besoin d’argent pour manger. Ils ne tombent pas malades. Ils ne meurent pas. Ils n’ont rien à perdre. » On apprend dans leur flashback qu’ils ont eu une vie très dure en tant qu’humains. Gyutaro est l’aîné. Fils d’une prostituée morte de la syphillis, il vit dans une misère totale, rejeté des autres pour sa laideur. Sa mère a eu le temps de donner naissance à une fille avant de mourir, Daki, de son vrai nom « Ume ». Elle est aussi belle que lui est laid, et elle s’est rapidement adonnée à la prostitution pour survivre tandis que son frère servait d’agent de recouvrement. Tandis qu’Ume incarne l’amour et la passion, Gyutaro incarne la mort, et c’est d’autant plus vrai avec la faux dont il est tout le temps armé. Même lorsque Daki était un démon « adulte », elle gardait un comportement très enfantin, comme quand elle criait de manière capricieuse et appelait sans cesse son grand frère à l’aide. Depuis enfant et même en tant que démon de rang supérieur, elle ne peut rien faire sans lui. Et cela se voit dans ces deux images ci-dessous qui les représentent presque pareil, quand il la porte sur son dos.

Après leur mort, les deux enfants demeurent inséparables. Ume a une chance d’aller au paradis, mais elle sait qu’elle n’a que Gyutaro au monde, tout comme Gyutaro n’a jamais eu qu’elle. Ce n’est pas pour rien qu’ils formaient un seul et même corps en tant que démon. Ils ne forment qu’une seule et même entité, indivisible. Ume refusera donc de quitter son frère et le suivra jusqu’en enfer. Triste vie.

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Demon Slayer a eu le temps de nous introduire un nouveau personnage de démon : Doma, la Quatrième Lune Supérieure. La série nous le présente déjà comme un démon appréciant particulièrement les femmes… un peu trop, on va dire. C’est lui qui a retrouvé Gyutaro serrant Ume mourante dans ses bras, tandis qu’un samouraï l’avait brûlée vive. Ce sont les adultes qui ont transformé Ume et Gyutaro en démons, cela ne fait aucun doute.

Sans vouloir rien spoiler, Doma sera présent beaucoup plus tard dans la série. Selon le manga, il croisera le chemin de Shinobu, la Pilier Insecte des Pourfendeurs de Démons.

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Pour nos héros, ça va beaucoup mieux : Nezuko devient la « healeuse » du groupe en purifiant les blessés par le feu, les sauvant du poison. C’est un miracle qu’Inosuke ait pu survivre car bien que la faux de Gyutaro n’ait pas atteint son cœur, il s’est quand même vidé de son sang, hein. Quoiqu’il en soit, Tanjiro est content, Tengen a retrouvé ses femmes, FIN. Enfin non, il nous reste quelques critiques ici ou là. Déjà, le rythme. C’est difficile de comprendre pourquoi les épisodes étaient aussi lents… Même dans les combats, il y avait des lenteurs et cela donnait envie de regarder les épisodes en version accélérée… C’est d’autant plus étrange que le manga est très rapide et nerveux, ce qui rend le tout encore plus incompréhensible. De plus, le manga est fini depuis très longtemps, c’est pourquoi il est inutile pour les animateurs d’étirer en longueur ce qui se passe. Il n’y a pas eu d’épisodes filler, certes, mais de très longs moments de vide bien inutiles. Heureusement, les combats sont classes et magnifiquement animés.

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La polygamie chez les ninjas, ça a du bon…

De plus, cette saison 2 de Demon Slayer a quelques incohérences de scénario : tout d’abord, comment Daki a-t-elle fait pour ne pas être démasquée avant ? Elle existe dans le Quartier des Plaisirs depuis au moins une centaine d’années : on sait qu’elle changeait de nom plusieurs fois, mais a-t-elle aussi changer de lieu, de maison ou d’apparence ? Ce n’est pas expliqué, et on ne sait pas non plus si elle dévorait ses clients car ce n’est jamais montré. Cela aurait dû la démasquer plus tôt aussi : les clients des oirans sont forcément très riches et influents. Si un homme riche disparaît, il va sans dire qu’une enquête est toujours faite pour le retrouver. Sans compter que des Piliers ont forcément dû se rendre compte des meurtres qu’elle commettait beaucoup plus tôt aussi. Or tout ceci n’est jamais expliqué, ni dans l’animé ni dans le manga.

Dernière incompréhension : en se battant, les deux démons démolissent tout le Quartier des Plaisirs à des kilomètres à la ronde. Pourquoi personne ne réagit ? A ce stade, ce n’est plus la police mais l’armée qui doit être appelée ! On dirait que le gouvernement japonais ne fait RIEN face à ces démons, une fois de plus, et c’est un trou dans le scénario qui me titille pas mal.

En conclusion, cette saison 2 était bien, mais un peu en-dessous de la saison 1 de Demon Slayer en matière d’émotions et de rythme. Si les studios Ufotable voient un jour ma critique, merci de rajouter un peu de café dans l’animation car c’était lent comme un feuilleton de dimanche après-midi, malgré une belle animation et des combats de grande envergure… C’est dommage, car c’est très frustrant, et on attend plus de vivacité. A bientôt pour de nouvelles aventures avec Tanjiro avec la saison 3 déjà annoncée !

 

Rebecca
Juste une Otaku qui a chopé le virus de la Japanimation et qui ne guérira jamais ! Egalement incurable en ce qui concerne le cinéma, les blockbusters, les comics et la littérature

2 Replies to “Demon Slayer Saison 2 : Plus c’est long, moins c’est bon ?

  1. Salut, assez surpris par la critique, je n’ai pas trouvé cela long, ça se regarde facilement et oui il y a une histoire (pas vraiment un scénario mais au moins une histoire) avant d’arriver au combat ce qui est plutot bon signe pour un anime. J’ai trouvé qu’il y avait un peu de trop de retournement dans les combats, effectivement les morts pas vraiment mort qui reviennent et remporte la victoire, c un peu gros mais c largement pardonné tant la qualité de l’animation est agréable à regarder.
    Pour la première incohérence, il est précisé dans l’anime que le démon se nourrit avec les prostitués, leur absence étant acceptée car les disparues sont présumées en fuite (donc elle est pas folle, elle mange pas les clients …)
    Pour la 2e, les pourfendeurs ne sont pas vraiment humains par leurs capacités donc forcément ils ont la résistance qui va avec.
    Pour la dernière incohérence, on est en début 1900 donc l’armée n’arrive pas en une nuit et pour l’explication, y en a t il vraiment besoin ? la destruction d’un quartier des plaisirs, je suis pas sur que cela choque grand monde

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