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On a terminé

This Is Us, saison 6 : deuil sériel

On le disait en début d’année dans un article sur la fin à venir de This Is Us : la fin peut-elle décevoir ? La série doit-elle finir en apothéose ? Nous voici orphelins des Pearson après la diffusion de l’ultime chapitre.

Dan Fogelman nous avait prévenu : « la vie des Pearson n’est pas extraordinaire, alors la fin le sera tout autant ». Et il n’a pas menti. Le dernier épisode diffusé fin mai n’a pas été un épisode rempli de révélations, d’événements, de surprises. Cette saison 6 a été une longue marche funèbre.

Fogelman a réussi son pari de finir This Is us en 6 saisons. NBC lui a laissé le fin mot de son histoire. En mai 2019, la série est renouvelée pour les saisons 4, 5 et 6. En mai 2021, NBC annonce que la saison 6 sera la dernière..

En 2016, la série avait été très attendue. Le premier article sur la série (octobre 2016 : La série qui se spoile et on en redemande) démontrait que la série familiale était déjà marquante. Nous voici après plus de 100 épisodes dans le même état qu’au départ : ému. Rarement une série n’avait autant était juste dans son propos d’une simplicité exemplaire. Elle ne s’est jamais embêtée de moments soapesques, tout était traité ni trop haut, ni trop bas. Et en douceur, This Is Us a tiré sa révérence.

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La saison 6 commence comme l’a fait Lost, en faisant un parallèle avec la saison 1. On comprend alors que la série prépare son long et lent processus de deuil. Lent ? peut-être pas en voyant les intrigues s’accéléraient vers le troisième tiers de la saison… Après avoir misé sur l’aura de Jack (Milo Ventimiglia) pendant 3 saisons, la série a peu à peu transformé Rebecca en personnage central. C’est elle que l’on a vu sur son lit de mort, c’est elle qui a les attentions de ses enfants, c’est elle qui va être la plaque tournante des évolutions de ses trois enfants. Et avec sa santé qui se dégrade, c’est tout ce qui gravite autour d’elle qui est impacté. On peut se moquer de la sérendipité et de la synchronicité des instants sériels quand tout se passe au même moment. Par exemple, le mois de mai est un peu celui des grands bouleversements pour les personnages, ils devraient le savoir , c’est la fin de saison !

Les quelques intrigues laissées en suspens sont traitées. Kate et Toby voient leur relation s’étioler, et la vie amoureuse de Rebecca après le deuil de jack démarre un peu. il est vrai qu’on se demandait comment Miguel a pu séduire Bec. Jamais vraiment mis en avant depuis le début, Miguel se dévoile enfin jusqu’à l’apogée : l’épisode titré Miguel. Le gimmick plus ou moins irritant de la série de raconter l’enfance de certains personnages permet au personnage joué par Jon Huertas de trouver son moment de grâce. Rebecca doit encore faire le deuil d’un mari. Cela peut paraître beaucoup pour la série, pour le personnage, pour le drame. Pouvait-on pense que Miguel survive à Rebecca ?

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Du côté du Big Three, chacun a sa grande intrigue. Kate doit sauver (ou pas) son mariage, son couple, son avenir. Kevin se cherche et doit se trouver enfin. Randall est peut-être le personnage qui n’a plus vraiment de munitions. Le plus accompli, fragile, motivé des trois est finalement celui qui se posera le plus vite. Et jusqu’aux derniers instants, Randall aura la part belle.
C’est d’ailleurs de ce côté que l’on peut reprocher aux scénaristes de ne pas avoir offert un traitement à part égal. Cette impression d’une omniprésence de Randall  pointe jusqu’au dernier épisode.

S’approchant de son ultime instant, This is Us accélère son histoire. Les ellipses se succèdent. Nous sommes maintenant dans le futur. Tout s’accélère tout comme cette sensation d’en finir. Certains spectateurs ont ressenti que la série avait bien fait de choisir cette saison pour s’arrêter. On a plutôt l’impression que c’est cette lente préparation à l’épilogue qui donne cette idée d’essoufflement.

Finalement, pensant que la série allait se rapprocher de LOST, This Is us a préféré offrir un final en deux épisodes. L’avant-dernier épisode se la joue purgatoire avec cette métaphore du couloir de la mort sous la forme d’un train où Rebecca va croiser tous les personnages importants de sa vie. L procédé est, certes, peu original, et donne une ambiance assez inédite à la série. Cette atmosphère ésotérique tranche avec l’identité même de la série qui se veut au plus près d’un certain réalisme troublant. Chaque personnage tend vers une conclusion, vers un au revoir.  Les personnages ont atteint un autre niveau de leur vie. Ils sont parents, ils sont ceux qu’ils chérissaient. Sans faire tourner l’épisode autour du couple Jack / Rebecca, l’épisode intitulé The Train nous délivre un message d’apaisement. Le dernier épisode est également audacieux puisqu’il semble éviter à tout prix de proposer une quelconque conclusion. On est dans une évidence, un désir léger de dire adieu. Le quotidien des Pearson est ici montrer sous un jour… ordinaire. Les scènes ont été tournées il y a trois ans. C’était donc une forte volonté de Dan Fogelman de proposer une journée ordinaire dans une famille ordinaire. Du côté du « futur », le Big Three regarde désormais vers l’avant, portant sur leurs épaules tout le poids du passé, de ce qu’ils ont vécu, de ce qu’ils ont appris.

Dans un dernier épisode de série, il y a souvent une scène un peu évidente, un discours qui fait que la série parle d’elle-même et s’adresse au spectateur. C’est par le personnage de William que nous vient cet instant, aussi étonnant que ça en a l’air. Si on est triste quand quelque chose se termine, c’est que c’était un instant heureux. Et c’est humide que nos yeux étaient du premier au dernier épisode. Il y a eu des instants magiques, des moments de déclic où les mots de la série résonnaient fortement en nous pour des raisons qui nous sont propres. On peut se sentir proches des émotions, des intrigues, on peut avoir un manque, un non-dit qui nous revient à la gueule avec une violence douce. Car This Is Us, c’était une série qui arrivait à nous émouvoir surtout par sa résonnance plutôt que par ses histoires. On était avec eux pendant 6 saisons. C’était simple, c’était beau.

 

 

Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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