Après 4 films au succès grandissant, The Purge (American Nightmare en français) se décline en série pour USA Network.

On retrouve James DeMonaco aux commandes. L’homme derrière ce concept jouissif tente l’aventure télévision toujours sous la production de Blumhouse.

Pour cette saison de 10 épisodes, nous suivons plusieurs personnages dans plusieurs contextes différents pendant la Purge annuelle, événement qui autorise tous les crimes pendant 12 heures. The Purge ne nous propose pas moins que 3 histoires qui auraient pu très bien être des films. Mais n’ayant pas assez d’ambition pour être une énième itération ciné, ces 3 histoires sont impeccables pour une série télévisée. Un rapide calcul nous fait dire que 10 épisodes ne sera pas de trop. 3 films de 100 minutes = 300 minutes, soit 7 épisodes de 40 minutes. On est quasi dans les clous. Si on ajoute à ça les développements plus lents pour le format TV, on arrive à un projet qui ne souffrira pas trop du remplissage. Du moins on espère.
Ce premier épisode installe les 3 cas à savoir une cadre responsable qui semble vouloir massacrer tout son service, un frère voulant retrouver sa soeur enrôlée dans une secte et enfin un couple en pleine NFFA Party, la fête regroupant les riches membres des New Fouding Fathers of America.purge

Concernant le culte, les éléments ne sont pas encore très engageants. Malgré cette situation de jeunes enrôlés dans une secte qui se libère de ce monde en se donnant aux purgeurs, on a encore très peu d’informations. Le fait de rajouter à ça un personnage qui souhaite sortir sa soeur de là donnera un peu plus de ressorts à l’intrigue. Idem pour le couple dans la Purge Party. Il y a très peu d’éléments mais l’ambiance très sélect, embourgeoisée et limite malsaine fonctionne. Le problème est dans le montage qui nous offre des flashbacks dispensables pour installer une quelconque « menace » sur le couple. Cette menace est d’ailleurs jouée par Lili Simmons qu’on a pu admirer dans Banshee.

 

Ce problème de choix de mise en scène par le montage se retrouve en fin d’épisode avec une temporalité maladroite, le temps semble s’arrêter entre chaque intrigue. La fameuse cadre se retrouve avec quelqu’un qui compte des billets et le temps d’aller voir une autre intrigue et de revenir, elle n’a pas bougé. Cette partie « workplace » peut s’avérer jouissive avec un huis clos beaucoup plus intéressante que la Purge Party. Un massacre en règle dans un espace aussi carré que des bureaux réjouira plus d’un spectateur qui ne pense qu’à ça quand il va au bureau chaque matin…

Au-delà d’un montage maladroit, la photographie est plutôt bonne avec des tons sombres ponctués par des lumières. On notera surtout l’utilisation de l’infrarouge pendant le début de la Purge qui est du plus bel effet, glauque et effrayant.

Ce premier épisode est 100% introductif et les personnages n’ont pour le moment aucune sympathie ou empathie particulière. La Purge a sonné, le massacre commencera et peut-être que cette série offrira plus de violence pyschologique que graphique. Attendons.

Avec 1.4 millions de personnes devant ce premier épisode, USA Network est ravi de ce score.