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Dans la vie d’un sériephile : le constat 1/5

Tout le monde est sériephile, du moins tout ceux qui voient plus d’une série par jour. Mais un vrai sériephile de nos jours, c’est quoi ? Un adulte qui a grandi avec les séries ? Une personne qui voit toutes les séries qu’il faut regarder ? La définition est floue.

Partie 1 : Le constat – être sériephile

Le sériephile est spécial. Il garde un long moment contact avec des œuvres télévisuelles. Il apprend, il grandit et souvent il réagit avec elles. Si la plupart de nos sériephiles actuels ne le sont que par moyens illégaux, il n’en est pas moins que la télé, le meuble, a été le support principal des plus belles émotions de ma vie sériephilique, vie qui devient de plus en plus vide car exempte d’éléments novateurs, perturbateurs et enchanteurs. Je ne vis plus pour les séries car elles ne me procurent plus aucune notion d’engagement.

Voilà, je me livre un premier constat, je ne suis plus sériephile depuis quasiment 8 ans. Retour en 2010.
La fin de LOST, les séries vieillissantes que je regardais comme Les Experts, House, les séries moins prenantes car totalement fauchées en plein vol par le diktat de l’audience ont eu raison de moi. Mon engagement était moindre.

En fait depuis dix ans, je ne suis plus addict. Pendant dix ans par contre, je l’ai été. Pourquoi ? Grâce à quoi ? X-Files, Dawson, Simpson, Ally McBeal, The Office, Scrubs. A des niveaux différents, ces séries ont été la consécration d’une vie ponctuée d’épisodes marquants et d’enrichissement personnel.

MacGyver, Sauvés par le gong, Alf, Le Prince de Bel Air, Lois et Clark étaient des rendez-vous pour beaucoup de gens à une époque où on ne parlait pas de séries télévisées comme maintenant. (voir les 60 séries qui ont marqué ma vie) Puis il y a eu X-Files. Mon joyau, mon royaume, ma première copine, ma meilleure amie, celle qui m’accompagnait partout. J’étais addict d’une série, j’étais fan ! Sensation étrange de ne parler que de ça, de ne penser qu’à ça plutôt car en discuter était un peu dur quand on se sentait le seul téléspectateur assidu d’un programme… Magazines, coupures de presse, t-shirt, VHS, posters, je collectionnais à foison. Mais artistiquement ? Sériephiliquement ? J’analysais, je notais, je critiquais, j’attendais patiemment la nouvelle saison, j’étais devant mon écran pendant la diffusion. Vous savez le bon temps où le seul moyen de revoir les épisodes étaient le magnétoscope !?

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Pendant 8 ans, ma passion était vivace, je grandissais avec la série ou à côté, je ne sais pas. Une série grandit-elle ? En tout cas, j’ai gardé la flamme jusqu’au bout. Pour Dawson, c’était la même chose mais pour d’autres raisons évidentes. Les héros de la série grandissaient vraiment avec moi, je vivais leurs aventures, leurs mélodrames en même temps qu’eux. J’étais un peu plus âgé qu’eux mais j’étais enfin adolescent grâce à la série.

X-Files et Dawson ont été mes deux parents télévisuels. L’un me fournissait frissons, dévotions, tensions et l’autre émotions et réflexions. La durée de ces séries m’a permis de m’impliquer à un niveau tel que leurs fins ont été un coup dur, une marque indélébile. La nostalgie de la première rencontre avec le pilote, l’appréhension des situations, l’évolution des personnages, tout était chamboulé, rangé, classé, ma vision de la série était bouleversée. Une série est un objet temporel mais aussi structurel et ces deux notions se mélangent beaucoup durant la vie de la série. Il y a la rencontre avec le pilote, la fusion quand on vit un épisode qui laisse des traces, l’évidence quand on sait qu’il est temps de laisser tomber la série et le deuil quand elle vient se terminer. A sa mort, l’aspect temporel résiste et de là naît la nostalgie.

Alors oui, depuis quelques années, aucune série ne me passionne vraiment. Bizarrement, l’arrivée de ce fameux âge d’or des séries depuis le boum des séries du câble correspond à ce passage à vide.

La vision que l’on a du paysage sériel américain (car disons-le, ce sont surtout les séries américaines qui nous intéressent) est tellement claire, clarifiée que tout est biaisé. Le parcours d’une série est réglée comme une horloge: pas d’audiences = tchao / pas de buzz = tchao.

Une série a peu de chances de durer aussi longtemps que prévue, la fenêtre de diffusion d’une série passe de quelques mois (deux épisodes en prime sur M6 il y a quinze ans) à quelques semaines voire jours (les séries Netflix). La dose hebdomadaire subit une pause logique en été aussi. Chacun regarde à son rythme, les fanbases se disloquent et seules les grosses séries à fandom ont le mérite d’attirer mon attention. Mais ayant un train de retard, je ne peux me raccrocher au wagon. C’est pourquoi j’ai du mal à m’investir dans Game Of Thrones ou Doctor Who. Je veux vivre en même temps que la série.

Les longues séries impliquantes se comptaient sur les doigts d’une main dans mon listing : Spartacus, House, Chuck, Smallville, Prison Break, Lost si on remonte plus loin. Dans les années 2010, à part American Horror Story et Big Bang Theory, 80% de mes séries ont moins de 5 ans. Le turn-over est de plus en plus important. Bref, vraiment rien de reluisant quand on a connu l’état de ses séries (guilty pleasure, qualité disparue, trop duré…) Et depuis la fin de Spartacus en 2013, je n’ai plus aucun vrai drama qui me passionne, il ne reste que les comédies pour égayer mon écran.

Que reste t-il à faire ? Je remate LOST, je dois terminer Supernatural un jour, j’ai Friday Night Lights et Parenthood à commencer en DVDs et une dizaine de comédies à regarder comme simple passe-temps. Pire, je me retrouve à chercher d’anciennes séries, histoire de les exhumer et de me faire mon propre cimetière / autel. En bref, je dois l’annoncer : je ne suis plus sériephile. A mon grand regret. Je n’ai plus l’envie et la curiosité de suivre une série qui a le potentiel pour me prendre par la main.

Dans les 4 prochaines parties, je parlerai de 4 grandes étapes d’un sériephile. N’hésitez pas à partager l’article et vos souvenirs.

Partie 2 : La rencontre – Le pilote 

Partie 3 : La fusion – Les évènements spéciaux

Partie 4 : L’évidence – Quand ça devient moins bien

Partie 5 : Le deuil – La fin d’une série

Articles conseillés : Seriephilie et Une vie qui se prolonge sur les blogs

Tom Witwicky

Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

6 réflexions sur “Dans la vie d’un sériephile : le constat 1/5

  • Community n’est pas encore officiellement annulé, toujours une petite chance pour une saison 5 ;).
    Très bon article, j’ai lu la Partie 2 aussi. J’attends la suite avec impatience.

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    • Merci 🙂
      Oui rien d »officiel mais au fond de nous, on le sait :'(

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  • Je trouve le constat bien amer! Il y a eu quand même de sacré séries depuis LOST! Breaking Bad, Utopia, Louie, POI, et plein d’autres que j’oublie! Il a simplement une offre pléthorique dans la quelle il est dur de ses retrouver..

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  • Ben ouais, ce n’est pas le paysage télévisuel qui s’appauvrit. Chaque année, il y a des bonnes et des mauvaises séries. Comme chaque année, il y a de bons films et de mauvais films au cinéma.

    Qu’on ne soit plus intéressé par les séries parce qu’on a vieilli, OK. Qu’on en fasse porter la responsabilité sur ce qu’on nous propose, non.
    Et puis les icônes du passé que l’on a idolâtré plus que de raison… Ces séries là, si on les découvrait plus âgés avec un regard adulte… Dans toute série il y a aussi des bons et des mauvais épisodes, des bonnes et de mauvaises saisons. Mais bon, le filtre de la nostalgie, de l’attachement passé à une époque où on avait un sens critique très limité ne permettent pas d’en être conscients.

    Ce qui est agaçant aussi, c’est que la communication (les journalistes, les réseaux sociaux comme Twitter ou FB enjolivent et font passer pour des chef-d’euvres des séries qui n’en sont clairement pas et dans lesquelles il est facile de ne pas se reconnaître).

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  • Comme le suffixe -phile le suggère, être sériephile, c’est être passionné par les séries. La passion, c’est quelque chose qui ne se commande pas, elle s’est peut-être estompée chez toi. D’un autre côté, j’ai surtout l’impression que tu ne l’as pas pleinement vécu cette passion. Tu as aimé certaines séries, mais avec 60 ans de séries à découvrir, tu parais juste déçu de ne pas avoir eu de coup de cœur récemment. Il faut peut-être que tu regardes ailleurs que dans les nouveautés. Aucune série n’est parfaite, j’adore des séries médiocre et je reste indifférent face à des shows populaires que certains qualifient de chefs d’œuvre. Il y a des moments où il y a vraiment peu de séries réellement bonnes en diffusion, mais ça tombe bien, il y en a des nouvelles qui arriveront après et des tonnes d’anciennes à découvrir. Les journalistes, grands amateurs de l’hyperbole, adore clamer toutes les deux semaines qu’ils ont découvert un nouveau chef d’œuvre, mais la vérité est qu’il n’y en a pas tant que ça et qu’ils ne sont pas forcément pour tout le monde.

    Peut-être au final que tu devrais suivre ta sériphilie ailleurs. Tu peux également te trouver une nouvelle passion et continuer à regarder des séries comme tu l’entends. Je ne suis pas certain que chercher à trouver une raison à la passion soit quelque chose de productif. Bon courage en tout cas et, avant de jeter l’éponge, tu devrais sérieusement donner une chance à Friday Night Lights.

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    • Tom Witwicky

      AH mais tout à fait. Simplement je ne me considére plus comem tous ces gens qui alignent les séries, je les sélectionne je trie et j’en regarde beaucoup moins qu’avant et surtout j’ai un petit dégout de la hype autor de certaines et un rejet de popularité

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