Scrubs (2026, Disney+) : diagnostic concluant
Il ne manquait presque qu’elle, Scrubs revient pour une saison 10. Ce revival efface-t-il la saison 9 ?
Scrubs, c’est le bébé de Bill Lawrence. Revenu en état de grâce avec Ted Lasso et Shrinking, l’homme derrière Cougar Town et Spin City a décidé de ressusciter la série médicale avec Zach Braff.
Scrubs, un retour utile ?
Il y a eu 9 saisons pour cette workplace comedy (non, je ne dirai pas sitcom), dont la dernière avait été un soft reboot. Pour beaucoup, le final de la saison 8 concluait magnifiquement la série avec un JD (Zach Braff) qui voyait son avenir se tracer… Du moins le pensait-on.
La saison 10 de 2026 n’est pas aussi rose pour Elliot et lui. Ils se sont séparés. Elle est toujours au Sacré-Cœur, lui est devenu médecin de conciergerie. Turk et Carla ont quatre filles et tout va bien pour eux. Cox est toujours chef à l’hôpital.
JD fait son retour au Sacré-Cœur pour suivre un patient et Cox lui demande expressément de reprendre du service pour le remplacer.
Scrubs opère donc une suite quasi logique avec 15 ans passés pour à peu près tout le monde. La vie a passé pour les personnages, on fait le point très rapidement sur eux et on revient à la formule de Scrubs ! Certes, la série est dans la continuité mais, oui, il fallait bousculer un peu la formule. À l’instar de la saison 9, les internes nouvelle génération sont là mais le trio JD, Turk et Elliot est très présent C’est un compromis honnête pour un soft reboot, ou même un soft revival.
Il fallait faire un peu de ménage. Cox passe le relais et quitte le Sacré-Cœur, le Janitor n’est plus là, Kelso non plus, Todd traine toujours dans les couloirs comme Hooch. Les cadres secondaires sont absents et c’est donc toute une dynamique à revoir. Si la base JD, Turk, Elliot fonctionne comme avant avec une belle énergie de la part des trois acteurs (qui n’ont pas percé après Scrubs), il fallait inventer de nouvelles alchimies, de nouveaux nemesis.
Les nouveaux internes ont une belle écriture alternant entre le je t’aime moi non plus classique, la sous-Turk, le sous-Perry, mais on a une galerie plutôt attachante. On sent que la part d’intrigues et sous-intrigues entre eux et le trio est plutôt équilibrée.
Dans les ajouts, on notera deux infirmiers « sassy », joués par Michael James Scott et X Mayo, très clichés, caricaturaux, qui sont déjà dépassés.
Scrubs raconte encore quelque chose
Et côté scénario alors ? Scrubs fait du classique avec des cas qui ouvrent des débats moraux. La série propose toujours sa formule comédie et drame avec une morale de fin. Ce qui change, c’est l’humour. Non pas qu’il soit dépassé ou inefficace, il a surtout évité de miser sur les chutes et autres gags visuels. Les rêveries de JD sont là, moins fortes mais toujours agréables et réussies. Les chutes, qui faisaient rire un peu il y a 20 ans, ont quasi disparu C’était ça qui faisait un peu vieillir la série dans un rewatch contemporain.
Notons le retour du EEAAAGGLEEEE dans l’épisode 1, tout de suite suivi par un « non, on doit arrêter ça », marquant vraiment une rupture avec les vieux gimmicks. Une bonne chose !
La technologie a évolué, les tablettes, la robotique, l’IA font leur arrivée subtilement.
Scrubs réussit son retour en rafraichissant sa formule. Le hic, c’est que la saison n’a que 9 épisodes, loin des 22 des saisons d’une autre époque. Et il n’y a pas vraiment de fil rouge du début à la fin. On sent, néanmoins, pointer une évolution pour un personnage pour la fin de saison. Bingo, les deux derniers épisodes misent là-dessus, sans surprise. Cette idée est particulièrement osée car elle mettrait vraiment un point final à un pan de l’histoire de la série. C’est osé mais suffisamment utile pour que la série avance d’un grand pas.
D’ailleurs, cet épisode 8 reprend le concept de My Old Lady, épisode 4 de la saison 1, en y ajoutant un peu de My Screw Up. Fort et réussi. La balance entre anciens et nouveaux personnages, retour d’un perso clé, évolution de l’histoire, est réussie.
Scrubs fait du changement dans la continuité. Peut-elle durer encore 8 autres saisons ? Tout est possible à l’ère du streaming. L’humour y est toujours percutant, les histoires humaines/médecine sont immortelles, il y a donc de quoi faire perdurer la série.




