The Pitt, saison 2 (HBO Max) : routine d’urgences
Nous voici replongés en plein cœur de 15 heures de va-et-vient entre les patients. N’attendez rien de nouveau, The Pitt fait la même recette, la surprise en moins. Peut-on conclure que c’est moins bien ?
Après avoir amassé des prix et de bonnes critiques, The Pitt revient pour une saison 2, un an après la première, et avec toujours 15 épisodes. Qui a dit que ça n’existait plus ?
On doit avouer que ça faisait plaisir de voir un public réceptif à une série qui a tout d’une série de network. Et pourtant, The Pitt est bien une série de plateforme qui arrive à produire plus de 8 épisodes ! Certes, le décor reste le même, et l’ambition n’est pas de mettre des acteurs de cinéma, des dragons ou un monde futuriste. Il est donc tout à fait normal de prendre The Pitt pour une série un peu hybride.
Cette saison 2 nous plonge en plein 4 juillet durant la garde de l’équipe de jour, toujours menée par le docteur Michael « Robby » Rabinavitch, joué par Noah Wyle. Celui-ci va prendre un petit congé sabbatique et se retrouve à chaperonner sa remplaçante, la docteure Al-Hashimi (Sepideh Moafi, L Word Generation Q).
Les internes sont devenus médecins et de nouveaux internes viennent grossir les rangs. Et plein de cas très très urgents viennent s’ajouter aux autres cas très très urgents !
La recette ne change pas, si ce n’est que nous avons pris l’habitude de les voir passer d’une salle à une autre en pestant sur tout et rien. Et c’est ça qui peut nous faire trouver la saison 2 moins prenante. Alors que nous connaissons les caractères de chacun, rien ne viendra perturber les relations, à de rares cas.
Ce qui peut faire tiquer est que nous n’avons pas vu l’évolution des internes en médecine Whitaker ou Santos restent des newbies. Ils sont encore tout jeunots pour nous. Les nouveaux internes sont un bel ajout avec des caractères nouveaux et bien sentis ! C’est peut-être eux qui nous font vraiment revenir.
Il faut l’avouer, Robby fait du surplace. En tant que personnage et en tant qu’acteur, Robby et Wyle ne proposent rien d’autre qu’un homme au milieu d’un champ de bataille. À de rares fois il montre une facette du personnage, mais ce n’est pas vraiment lui qui nous tient. On est à deux doigts de trouver que la série gagnerait à ne pas l’avoir à l’image pour la saison 3…
Difficile de parler des autres personnages car il n’y a pas de grandes intrigues de développement pour eux. Le 4 juillet apporte un sentiment d’euphorie qui n’a pas grand poids face à la saison 1. Il y a bien le shutdown informatique qui permet de redynamiser la mi-saison. Encore une fois, ça ne touche pas les personnages. Les quelques failles chez certains et certaines apportent un peu d’humanité dans ce shift de 15 heures. Trop peu ? Possible.
Même quand ICE débarque aux urgences, ce n’est que pour un épisode et demi. Et cet arc ne trouvera même pas de conclusion…
On aurait donc aimé plus de suivi. Certes, nous sommes sur 15 heures temps réel, il est compliqué de développer plus que de raison. Mais quand l’action n’accompagne pas les personnages, sous-entendu qu’un médecin peut en remplacer un autre et l’histoire reste la même, on reste un peu sur notre faim.
The Pitt parvient à maintenir un certain rythme de narration. Les cas s’enchaînent, les échanges verbaux aussi. Tout va très vite, parfois il y a des moments suspendus. On ne peut pas trouver la série mauvaise. Pour une série médicale, on n’en demande pas plus. Moins soap que Grey’s Anatomy ou même Urgences, The Pitt passe le cap de la saison 2 avec toujours autant d’énergie.
À voir comment la saison 3 (prévue !) peut ramener un peu d’intérêt dans les personnages car avec un tel panel, il serait dommage de passer à côté.



