1995

Réalisé par Roger Donalson

Avec Natasha Henstridge, Ben Kingsley, Forest Whitaker, Marg Helgenberger, Michael Madsen

Une mutante mi-humaine, mi-alien s’échappe d’un laboratoire et tente de se reproduire.

Bienvenu-e-s dans le vidéoclub Smallthings où on ressort les quelques VHS qui traînent. On a récupéré La Mutante, tiens !

X-Files n’a pas encore influencé le cinéma et la télévision dans le domaine du renouveau SF, fantastique et horreur que Species arrive en 1995.

Une hybride alien-humaine s’échappe d’un laboratoire et cherche à se reproduire en plein Los Angeles. Une équipe de médecins, chercheurs et gros bras tente de la retrouver.

Cette année-là, Jumanji, Toy Story, Batman Forever ou Goldeneye se hissent en haut du box-office. La SF sort grandie du succès de Jurassic Park et de Stargate. Dennis Feldman ressort alors un script de 1987 et le propose à ce briscard de producteur, Frank Mancuso Jr qui a fait ses armes sur la saga Vendredi 13. La MGM adopte le script, le fait récrire 8 fois et Roger Donaldson, touche-à-tout, le réalise.

Species met en scène pour la première fois le mannequin Natasha Henstridge qui se voit entourée d’un casting plutôt bon avec Ben Kingsley, Michael Madsen, Alfred Molina, Forest Whitaker et Marg Helgenberger. On notera également que Michelle Williams, future Jen de Dawson, joue la jeune Sil, qui deviendra adulte sous les traits de Henstridge. A y regarder de plus près, Marg Helgenberger fait une bien plus crédible « Michelle Williams adulte » que la mannequin de 21 ans.

mutante

La Mutante démarre comme un bon vieux film de SF de vidéoclub. La situation est claire dès le départ, ou du moins on comprend l’enjeu. Une jeune fille blonde innocente, Sil, se voit gazée devant un médecin chef la larme à l’œil. Elle s’échappe et on comprend alors qu’elle n’est pas si innocente que ça. La chasse à l’hom… femme commence efficacement.

Si le film se tient pendant une bonne heure en alternant course poursuite, jeu de chat et souris et nudité (on n’engage pas une mannequin blonde de 21 ans sans la voir au minimum seins nus dans les années 90), c’est aussi par des scènes gore que le film pouvait surprendre en cette année 95. Film Mad Movies par excellence, La Mutante profite d’une époque sans grande références marquantes hors videoclubs pour proposer un film mutant qui joue de plusieurs genres. Mais malgré les efforts, le film se perd dans une seconde moitié totalement vide, allant même jusqu’à se concentrer sur la vie nocturne des personnages. Sil n’est plus au centre de l’intrigue et les scènes se répètent.

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La qualité décroit jusqu’à la scène finale qui ne ressemble à rien. Aucun climax véritable à part un personnage qui risque de tomber… C’est dire le niveau. En dix secondes, on se débarrasse de la menace, les personnages s’en sortent sur une phrase d’une banalité sans nom et une ultime scène sortie de nulle part ouvre sur une non-fin.

Ce n’est pas le casting de têtes qui fait le job mais plutôt le rythme impeccable entre la découverte du monde par Sil et le jeu de piste avec les têtes dures. A ce titre, Whitaker qui joue un « empathique » pour ne pas dire profiler, sonne un peu ridicule 20 ans après. Il n’appréhende pas grand chose mais souligne ce qu’on sait déjà et qui s’est passé devant nos yeux. A vrai dire, on sait même ce qui vont devenir tous ces personnages.

SPOILER Whitaker ne sera que la pauvre minorité qui, non, ne mourra pas, mais sera sauvé sans faire grand chose alors que les deux autres se rapprocheront quand Molina aura son lot de consolation en ayant une scène de sexe et une fin évidente. FIN SPOILER

Oui, le film a vieilli, notamment dans les séquences de rêves avec des images distordues et des ralentis et sur-impressions ridicules. Les SFX, quand ils ne sont pas en mouvement, sont bons et la créature, imaginée par H. R. Giger, responsable du design de Alien, est bluffante quand elle est animée électroniquement. La Mutante connaîtra 3 suites dont une avec Natasha Henstridge, en clone de Sil, sortie au cinéma et qui fut un flop. Les deux autres sont des direct-to-dvd.