Terminée depuis peu, Reverie n’a pas marqué les esprits cet été. Retour sur cette saison 1 (et peut-être unique?).

Ah NBC et les drama… une longue histoire d’amour qui s’est bien dégradée avec le temps ! Si fut une époque, ce network a été le foyer d’un grand nombre de hits comme l’immense E.R. (Urgences), la regrettée Freaks and Geeks, la puissante The West Wing (À la Maison Blanche) ou bien encore l’ex-Chicago Fire, Third Watch (New-York 911), nous sommes tous raccords pour affirmer que le plus fameux des paons a perdu de ses couleurs au fil des années. Nous nous souvenons tous de l’ère des UndercoversCrisis et autres Believe qui sont loin d’avoir marquées l’histoire de la télévision de façon positive. Cependant, NBC semble tout juste commencer à sortir la tête de l’eau en nous proposant des programmes de meilleure qualité. Si la saga des Chicago fait les beaux jours de la chaîne, c’est surtout leur Number 1 New Drama This Is Us, démarré en septembre 2016, qui a su faire revenir les spectateurs perdus et qui se faisaient de plus en plus discrets au fil des années. C’est 2 ans plus tard et quelques succès critique à la clé (Superstore ; The Good Place ; Trial & Error ; etc. et oui que des comédies…) que la chaîne a fait le pari fou de lancer une nouvelle série science-fiction/fantastique, produite par Steven Spielberg (via sa société Amblin), après l’échec cuisant de Timeless en 2016. Elle aura pour nom Reverie et nous proposera d’entrer dans les rêves les plus intimes des gens afin de les sauver d’un coma inévitable. Alors nouvelle réussite ou éternel échec ? Retour sur la première saison d’une série manquant finalement cruellement d’ambition et d’originalité.

reverie

Si de prime abord, le pitch de la série nous fait automatiquement penser au célèbre film Inception avec Leonardo DiCaprio et Ellen Page, il s’avère que Reverie est bien loin de la qualité du succès de Christopher Nolan sorti en 2010. La série nous invite à suivre les aventures de Mora Kint, ancienne négociatrice au sein de la police reconvertie en professeure à l’université suite à un drame familiale la hantant encore, qui se voit recruter pour effectuer une mission : sauver les personnes prisonnières du programme de réalité virtuelle intitulé Reverie. Ce dernier propose à son utilisateur de recréer et donc de revivre les instants de sa vie qu’il souhaite afin d’apaiser une douleur et souffrance bien présente et trop dévorante. Le seul souci c’est que ces individus deviennent accros à l’utilitaire et restent coincés dans leurs rêves. C’est alors que Mora intervient et pénètre dans leurs songes afin de les convaincre que la vie réelle vaut finalement la peine d’être vécue. Apparaît alors un schéma qui se répétera tout au long des 10 épisodes constituant cette première saison, rien de très étonnant car fidèle au modèle des séries américaines et nous prouve une fois de plus le manque d’audace certain des scénaristes à vouloir nous proposer des choses différentes (sur les chaînes de network tout du moins, à quelques exceptions près).

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  En fin de compte, nous avons affaire à un énième procédural qui se distingue sur la forme mais qui s’écarte trop peu sur le fond. Mais passé les premiers épisodes, il faut toutefois reconnaître que les intrigues prennent un peu plus de consistance et la série arrive à nous faire passer plutôt un bon moment en compagnie de cette petite équipe sans que ça soit pour autant transcendant. La découverte de la machine et de son fonctionnement propose des séquences mettant, fatalement, en scène des effets spéciaux plutôt réussis et qui apporte vraiment la particularité tant besoin pour arriver à se démarquer à un minimum en cette période de Peak TV. Est-ce pour autant suffisant ?

Si les mystères entourant le passé de Mora et d’Alexis (la conceptrice initiale du programme Reverie) peuvent nous faire tenir jusqu’aux derniers épisodes, la série manque cruellement d’ambition et n’exploite pas suffisamment le côté science-fiction du pitch ce qui est réellement dommage. Procédural oblige, les intrigues secondaires n’avancent qu’en début et fin d’épisode laissant alors le spectateur assister à des « enquêtes » à l’intérêt limité. On peut cependant compter sur la présence de personnages secondaires (apparaissant vers la moitié de saison) pour remettre un peu de piquant dans toutes les trames scénaristiques et qui permettent d’étoffer un peu plus la mythologie du show. Aussi, nous assisterons aux conséquences des voyages à répétitions de notre héroïne qui auront des effets plus ou moins néfastes sur sa vie personnelle mais ce côté sera trop peu exploré. Alors simple décision artistique ou faiblesse d’écriture ? Si la série revient pour une 2ème saison, il faudra clairement revoir les priorités et mettre en avant toute la facette fantastique du scénario pour réussir à totalement nous transporter aussi.

Reverie n’est au final pas une si mauvaise série mais est facilement oubliable et passable. Si elle se laisse regarder sans difficultés, son intérêt n’est pas bien grand et les 2-3 épisodes qui sortent du lot ne seront pas suffisants pour nous faire tomber amoureux du show.
L’attrait principal restera peut-être son casting dans lequel nous retrouvons Sarah Shahi dans le rôle de Mora que nous connaissons de Person of Interest sur CBS, Dennis Haysbert (24), Sendhil Ramamurthy (Heroes ; Beauty and the Beast ; Heroes Reborn), Jessica Lu (Awkward.) et enfin Kathryn Morris, l’inoubliable Lily Rush dans la sublime série policière Cold Case et aperçue plus récemment dans la série de USA Network, Colony toute fraîchement annulée au terme de sa 3ème saison.
Mais une chose est sûre, pour qu’une série de SF fonctionne, elle se doit de peaufiner au maximum sa mythologie pour nous proposer de sublimes histoires (Fringe tu nous manques…) et nous impliquer émotionnellement dans les intrigues et non pas nous laisser de marbre comme peut le faire Reverie. Comme quoi, Spielberg ou pas Spielberg, un grand nom est toujours loin d’être gage de qualité (d’autant plus quand on sait qu’il a également produit Smash, Under the Dome et actuellement Bull…). Reste plus qu’à voir si la saison 2 saura se démarquer si bien entendu elle arrive à en décrocher une, ce qui n’est forcément gagné à cause de ses audiences faiblardes.