From, saison 4 (Paramount+) : un échec sur toute la ligne
From a un pouvoir étrange. On n’aime pas, mais on continue à regarder. Et cette saison 4 a failli nous achever.
Alors que la série avec Harold Perrineau semble gagner de plus en plus d’adeptes qui crient au génie, elle ne fait pas le même effet ici. Pire, on s’accorde tous à dire, dans le podcast Serial Causeurs, que la série est un foutage de gueule en règle.
Et je le dis souvent, même sur YouTube : on a descendu Lost pour moins que ça ! Car oui, From aligne les tares. On ne sait plus vraiment ce que raconte From, ni même si elle a déjà raconté quelque chose.
Doivent-ils sortir de cette ville ? Qui sont vraiment les ennemis de ces habitants ? Et que font ces put*** de figurants à longueur de journée ?
La saison 4 nous introduit un nouveau personnage, Sophia, jouée par Julia Doyle. Elle est, tout simplement, l’Homme en Jaune dans un autre corps, histoire de mettre un peu le bordel au sein de la communauté menée par le shérif Boyd.
Oui, elle bouscule un peu les dynamiques, elle est plutôt très bien incarnée. Mais…
Elle tourne en rond. Les rares bâtons qu’elle met dans les roues de la communauté sont terriblement mal écrits, surlignés, sortis de nulle part et dépourvus de toute cohérence ou logique. Comme la série. Elle casse un œuf sur un cadavre pour qu’il revive, elle met du sang dans un verre pour que celui qui le boit ait des hallucinations. Le pire, c’est la scène où elle enlève une dent à un mort. Elle aurait pu faire ça quand elle voulait, mais elle attend le moment où l’on s’apprête à enterrer le corps pour le faire, dans une scène particulièrement maladroite.
Les scénaristes ne savent pas du tout écrire le suspense. Tout est téléphoné ou extrêmement bancal. Il n’y a d’ailleurs pas que le suspense qu’ils ne savent pas écrire. Quand Sophia arrive après un accident de voiture, on passe deux plombes à la désincarcérer dans une succession de scènes qui n’ont aucun rythme. C’est le gros de l’épisode, mais ça reste extrêmement vain.
Quand Donna discute, très sérieusement (comme d’habitude avec Donna, qui semble blasée de tout), dans un des premiers épisodes de la saison, elle entend du bruit dans le couloir. Elle ouvre la porte, voit Victor et son père qui transportent un matelas. Ils lui disent qu’ils vont dormir dans la même pièce. Fin de la discussion. Donna referme la porte et reprend son discours.
Où est la logique narrative ? Quel était le but ? Cet interlude dure huit secondes… pour rien.
Le pire reste à venir, car la saison 4 va vous proposer des personnages sans la moindre intrigue.
Boyd va toujours froncer les sourcils et gueuler contre tout le monde. Tabitha va encore s’inquiéter pour son fils. Jade va entrer dans une pièce en disant qu’il a trouvé quelque chose. Kenny va juste être Kenny et garder les mains sur les hanches. Victor fait du Victor et continue à fréquenter des enfants ; bon sang, dans la vraie vie, on l’éviterait déjà tellement il paraît louche. Ellis ne fait rien. Kristi et Mari n’ont rien à faire, si ce n’est une scène d’hallucinations qui ne sert à rien. Tabitha fait un golem qui n’aura servi à rien. Sara justifie son contrat en apparaissant trois secondes par épisode.
Mais côté mystères ? Oh, il y en a dans From. À chaque épisode. Mais sans aucun lien entre eux.
Le titre du pire événement se joue entre les poupées géantes tueuses et l’arbre à arracher.
Les personnages découvrent trois poupées géantes dans l’eau après avoir tiré sur un câble. D’ailleurs, beau cliffhanger qui rappelle furieusement Lost avec ce câble sur la plage. Ce sont des poupées qui, la nuit, prennent vie et décident de les tuer. La scène est gore, plutôt réussie, mais n’a absolument pas sa place dans la série. Et quand Tabitha en tue une, tout le monde se demande : « Mais comment tu as fait ? ». Elle répond : « Je sais comment les tuer. » Oui… elle a juste empalé la poupée avec un bout de bois. Ça aurait pu être n’importe lequel, on ne se serait même pas posé la question.
Et l’arbre à arracher ?
J’en ris encore.
Pire idée.
Pour faire simple, Jade dit qu’il faut voler les ossements des enfants dans la grotte et que tout le monde pourra sortir de la ville. Alors il décide d’aller les récupérer… via l’arbre qui se trouve juste au-dessus. Boyd et ses comparses vont donc chercher des chaînes et une voiture pour le déraciner. Ce n’est pas comme s’il y avait un arbre qui bloquait déjà la route depuis quatre saisons.
Mais ça ne s’arrête pas là.
S’ils arrivent à le déraciner, pourquoi ne sont-ils pas simplement descendus par là ? Vraiment, aucune logique. Ils se prennent de plus en plus les pieds dans leurs propres idées. Tout semble une question d’arbre dans cette série.
Parce qu’au final, qu’attend-on de From ?
Les personnages décident, à chaque mi-saison, d’avoir un plan. Et à chaque fin de saison, ils l’oublient complètement pour partir sur autre chose. Pendant ce temps, on a toujours un arbre qui pourrait très bien être enjambé pour aller voir ce qui se cache de l’autre côté. La fin de la saison 4 de From voit Tabitha être de plus en plus gangrenée par le Mal et devenir une créature de la Nuit, tandis que Sophia a embrigadé deux habitantes.
L’Homme en Jaune ? On s’en fiche, non ? Il vient dire à Tabitha, dans une scène censée être très menaçante, qu’elle va voler des ossements… pour la bonne cause. Ou pour la mauvaise. En fait, il dit juste tout et son contraire pour créer une menace qui ne repose sur rien. Chaque personnage va à la pêche aux infos, conclut que tout le monde est cinglé… et on répète ça sans arrêt.
Il y a une autre tare d’écriture : commencer des scènes avec une réplique du genre « Tu veux dire que… », uniquement pour résumer la situation au spectateur. Mais ça n’a rien de logique. Personne ne parle comme ça dans la vraie vie. Écrivez ça plus proprement, quand même !
La saison 4 de From m’a achevé.
À mi-saison, j’ai même fait une pause. Je ne voulais plus continuer cette fraude. Ce n’est même pas l’ambiance qui nous ramène. C’est autre chose. Une sorte d’aura.
On ne s’attend à rien… et on n’a rien. Que From ait cette immense fanbase qui trouve la série géniale me sidère. On n’a aucun épisode référence, aucun moment d’émotion qui ressort et aucun personnage qui n’a évolué. Vraiment, la plus grosse fraude des séries télé.




