For All Mankind
On a terminé

For All Mankind (Apple TV+) : la meilleure série actuelle selon certains ?

Et si les Russes avaient mis le pas sur la Lune avant les Américains ? C’est le pitch de départ de For All Mankind, la série d’Apple TV+. Avec la fin de la saison 3, retour sur une série que tout le monde semble adorer, mais que personne ne semble regarder.

La conquête spatiale a donné très peu de séries télévisées. En cause ? Une histoire qui nécessite du budget, une documentation précise, de l’ambition et un regard global et pas purement américain.

Des astronautes en séries ?

De la Terre à la Lune, en 1998, était une mini-série à la gloire des missions Apollo entre les années 60 et 70. Produite par Tom Hanks et Ron Howard après le succès d’Apollo 13, cette mini-série reste une histoire pro-américaine.

Les Héros de Cap Canaveral (The Cape) est une série que seuls les adeptes de Canal + lors d’un été 1997 peuvent avoir le souvenir. Au cœur de la NASA, nous suivons une équipe menée par Bull Eckert (Corbin Bernsen, Psych). Commandant de la mission « Atlantis« , il doit aider les Russes à récupérer un satellite nucléaire sorti de son orbite. On y retrouve des acteurs très 90s comme Adam Baldwin (Chuck), Cameron Brancoft (Code Eternity) ou Bobbie Philips (que les fans de X-Files connaissent bien dans le rôle de Bambie !).

Il y a également Astronaut Wives Club, basé sur le roman du même nom où on suit le quotidien des femmes des astronautes qui participent à la course à l’espace.

For All Mankind, de la Terre à la Lune, encore ?

La série uchronique et d’anticipation de Ronald D. Moore (Star Trek et Battlestar Glactica tout de même), For All Mankind, en est déjà sa saison 3. Le concept était ambitieux. Partant des années 60, la série revisite la conquête spatiale. Les Russes sont les premiers à mettre un pas sur la Lune. À partir de là, les Américains vont avoir un programme spatial très différent de celui que l’on connaît. Les Américains vont tout faire pour combler leur retard et nourri de nouvelles ambitions.

La force de la série, outre le fait de réécrire l’histoire spatiale, est qu’elle réécrit aussi l’Histoire, la grande. Des présidents et des célébrités ne meurent pas de la même façon, ou ne meurent pas du tout. La politique mondiale est différente. Le monde est différent.

Cela pourrait être un projet casse-gueule. Seulement, c’est toujours en se focalisant sur le principal sujet : l’espace, que la série arrive à s’en sortir joliment.

Au casting, nous retrouvons quelques têtes connues comme Joel Kinnaman (Suicide Squad)Wrenn Schmidt (Person of Interest), Sarah Jones (Vegas, The Path)Jodi Balfour (Bomb Girls)Krys Marshall (Supergirl) et Sonya Walger (Lost). Si le casting fait la part belle aux femmes, c’est que la série mise sur l’importance des femmes dans la conquête spatiale. En effet, après le premier homme sur la Lune, les Russes veulent envoyer une femme. Les Américains poussent pour que les astronautes femmes aient un rôle prédominant dans les missions. Et tout sera affaire de changements. Politiquement, socialement, économiquement, cette redistribution des cartes fera changer beaucoup de choses.

C’est donc avec intelligence et modernité que la série nous parle d’une réalité alternative où les femmes prennent le galon qu’elles méritent. Il n’y a donc pas plus fort comme sujet pour que For All Mankind fasse date.

For All Mankind

Chaque saison nous emmène dans une décennie. La saison 1 couvrait les années 70, la 2 les années 80 et la saison 3, qui vient de se terminer, arrive dans les années 90. Ce voyage dans le temps s’opère par ellipses. Que ce soit en début de saison avec des clips montrant les événements mondiaux, ou par des sauts dans le temps entre les épisodes, tout va très vite dans For All Mankind. La notion du temps est assez étrange d’ailleurs, car le premier reproche que l’on peut faire à la série est qu’elle parle beaucoup. Peut-être trop. 

Si on ajoute à ça, certains épisodes qui frôlent les 1 heures, on peut se demander si la série ne gagnerait pas à resserrer un tout petit peu sa narration ou à combler le blabla par des scènes un poil plus concrètes. C’est peut-être un mauvais argument de trouver la parlote gonflante. Juste que certaines intrigues de personnages donnent des drames peu intenses et que les ellipses nous font perdre de précieuses scènes d’exposition.

For All Mankind

Il y a quand même des scènes marquantes entre sacrifice et don de soi, des tensions, des rebondissements. C’est avant tout une histoire de personnages qui évoluent. La saison 3 a réussi à combler un peu ce manque de liant par un fil rouge plus direct, plus divertissant, et peut-être plus grand public.


Où en est-on de la conquête spatiale dans les années 90 ? (SPOILERS SAISON 3)


La saison 2 se terminait sur un petit teasing des années à venir. Quelqu’un avait posé le pied sur Mars ! Et effectivement, c’est la mission principale de cette saison 3

La conquête de la Lune a été mise de côté pour aller plus loin. Mars ! La série prend alors des allures de science-fiction avec cette colonisation de Mars en plein cœur des années 90. Mieux, la politique prend un tournant majeur aux Etats-Unis. Cette ambiance de nouvelle ère rend la série plus prestigieuse. Et quand elle rejoint encore plus des thématiques actuelles, on se dit que la série gagne des points.

mars-for-all-mankind


Des capitaux privés font concurrence à la NASA et cette histoire rappelle ce qu’il se passe actuellement avec Elon Musk. For All Mankind garde en tête cette lutte entre Russes et Américains avec une cohabitation difficile et des enjeux qui ne sont pas que collectifs. En somme, la course pour Mars est bien là. Qui y arrivera en premier ? Helios ou la Nasa? Qui mettrait le pied sur le sol rouge ? Un Russe ou un Américain ?

En mêlant politique et conquête spatiale, For All Mankind se donne une identité assez forte. Et du côté des personnages, la série a gardé la plupart de son casting que l’on voit alors vieillir de décennie en décennie.

C’est donc une immense saga de l’Amérique qui se dessine sous nos yeux.


Jusqu’où la série peut aller ?


L’ambition peut exciter. Après Mars, où aller ? Est-ce que la planète rouge peut accueillir une vraie colonie avec des enjeux différents ? La série doit-elle aller vers des penchants de SF pour attirer la curiosité ? La saison 3 dévoile que les énergies fossiles ont quasi disparu grâce à ce qu’ils ont trouvé sur la Lune. On ne sent pas vraiment un pays différent dans ses comportements. On ne parle pas d’écologie, de réchauffement climatique. Il n’y a pas encore de vraies prises de conscience du rôle de la Terre. 
Si la saison 4 va dans ses contrées, ce sera d’une pertinence rare.
 Et en montrant que tout aurait pu changer 60 ans en arrière, For All  Mankind nous met face à une frustration, une certaine tristesse et des remords étranges, mais fascinants.

Et si tout avait été différent ? 

For All Mankind semble être une série très appréciée par une tranche de sériephiles. Sa diffusion sur la discrète Apple TV+ ne l’aide pas à sortir un peu du lot. Avec un sérieux exemplaire, une mise en scène spectaculaire, des effets spéciaux impeccables, un générique incroyable et un casting plutôt bon, il est évident que For All Mankind a tout pour plaire.

Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

Laisser un commentaire