Conjuring 3 : Sous l'emprise du Diable
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Conjuring 3 : Sous l’emprise du Diable, une nouvelle suite un peu trop forcée

Seconde suite pour Conjuring, la saga lucrative amenée par James Wan en 2013 et retour des époux Warren, ses enquêteurs du paranormal qui ont réellement existé.

Après une suite, Le Cas Enfield, qui avait été accueilli un peu moins chaleureusement en 2016, Conjuring a développé son univers avec Annabelle 2 : la Création du Mal (2017), La Nonne (2018), La Malédiction de la dame blanche (2019) et Annabelle : La Maison du Mal (2019). Le succès fut plutôt au rendez-vous surtout par rapport au budget.

Mais nos époux Warren, joués par Patrick Wilson et Vera Farmigaqui étaient apparus dans le dernier Annabelle, étaient toujours dans les petits papiers de la Warner. C’est l’affaire Arne Johnson en 81 qui sera au centre de ce troisième opus.

Arne Johnson est une jeune homme qui semble avoir été possédé par un démon qui l’a poussé à assassiner le père de sa petite amie. Il plaide alors la possession devant le tribunal… Le couple Warren, qu’on sait beaucoup porté sur l’arnaque et l’opportunité, se sont intéressés à l’affaire.

Conjuring 3 : Sous l'emprise du Diable

James Wan laisse sa place à Michael Chaves qui avait réalisé La Malédiction de la Dame Blanche. Et on le voit, comme dans Annabelle, la maestria de Wan est absente et on aligne les Jump Scares un peu hystériques. Chaves va même jusqu’à reprendre certaines idées vues ailleurs (le personnage qui court et qui change d’apparence). L’ambiance est installée, mais est annihilée par un jump-scare souvent dispensable. Rien ne marche vraiment si on cherche la surprise !

Après un bon début, Conjuring 3 : Sous l’emprise du Diable ronronne un peu et pêche par manque de rythme. Laissant de côté Arne Johnson, l’enquête se préoccupe plutôt de raconter une histoire un peu plus fantasque, plus spectaculaire et… moins crédible. Le coup des visions est un procédé éculé qui a été rincé par nombres de productions d’épouvante depuis des décennies. Malgré les efforts évidents pour construire un récit solide, le script de David Leslie Johnson-McGoldrick (Aquaman, La Colère des titans) s’essouffle en s’écartant du « vrai » (Arne) pour s’occuper du farfelu en misant tout sur l’affection et la dramaturgie autour des époux Warren.

Conjuring 3 : Sous l'emprise du Diable

Le script sème beaucoup trop d’indices évidents qui tendent vers une résolution téléphonée. Le film reprend quelques gimmicks du premier comme le passé qui ressurgit, l’amour entre les Warren contre les Forces du Mal… Le cas réel a de moins en moins de poids, l’ambiance générale du « basé sur une histoire vraie » s’étiole de minute en minute pour devenir un ride d’épouvante qu’on pourrait qualifier de « bête et méchant ».

Les Warren ne deviennent plus des Mulder et Scully en étant au cœur d’une enquête, mais plutôt des acteurs essentielles de l’affaire. Avec des automatismes trop évidents, Conjuring 3 ne se hisse pas au niveau du second opus, et encore loin du premier qui reste la référence. Peut-être est-on trop exigeants, dans tous les cas, ça reste quand même une production très soignée, bien campée et sérieuse.

Est-ce que les Warren peuvent revenir pour une nouvelle affaire ? Oui, si l’histoire n’est pas juste un fait divers gonflé. Les suites veulent toujours faire plus gros et plus fort, ce schéma systématique n’a jamais vraiment porté ses fruits quand les maîtres d’œuvres derrière veulent montrer plutôt que suggérer.


Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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