Carrie (Prime Video) : ça se soigne très facilement
Nouvelle adaptation du roman de Stephen King, Carrie arrive après le classique de Brian de Palma et plusieurs versions modernes. Et c’est Mike Flanagan (The Haunting of Hill House) qui est derrière.
Carrie est une figure incontournable de l’unviers de King mais également du film d’épouvante. Classique de 1976, Carrie a connu une suite, Carrie 2 : La Haine (Rage: Carrie 2) de Katt Shea, film sorti en 1999, et une nouvelle adaptation, Carrie : La Vengeance (Carrie) de Kimberly Peirce, film sorti en 2013.
Une tentative de série a eu lieu en 2002. Le téléfilm n’a pas été transformé en série.
Dans cette version de 2026, Mike Flanagan propose 8 épisodes pour suivre les mésaventures de Carrie dans un lycée, entourée des pires ados qu’on puisse croiser.
Depuis sa naissance, Carrie White (excellente Summer H. Howell) vit recluse de la société, cachée par ses parents, Margaret et Ralph. Néanmoins, quand son père meurt et que son existence est révélée, elle est contrainte de s’inscrire au lycée de la ville. Moquée par ses camarades, elle va commencer à développer un pouvoir de télékinésie après une énième attaque au lycée.
Nous voici en pleine jungle lycéenne avec téléphone et réseaux sociaux. Je ne sais pas si c’est mon âge qui fait que, mais l’évidence saute aux yeux. Cette génération ultra-connectée n’est pas très intéressante. On propose les mêmes tropes, à savoir les vidéos ou photos postées pour humilier. Et ça les fait rire.
Et la série va donc tout miser là-dessus. C’est assez rincé. Servie par des personnages clichés, Carrie n’arrive donc jamais à élever le débat même si le fond du problème est, évidemment, violent.
Chris Hargensen, jouée par Alison Thornton, est une peste blonde populaire. Un personnage qui n’ira pas au-delà de ses limites. A l’instar d’un 13 Reasons Why dans sa belle époque, le personnage devient harceleur, avec quelques circonstances atténuantes pour lui créer une « raison » de faire ça. C’est, sans surprise, son environnement familial, servi par un père tout aussi salaud qu’elle, qui va la gangréner.
Au fil des épisodes, on suivra donc Carrie, plus ou moins humiliée, par ses camarades de classe nourris par un compte Instagram créé pour dire les pires choses sur les lycéens. Carrie n’est donc pas la seule victime. Seulement, elle qui peut s’énerver et envoyer valser une voiture, restera très calme tout le long des épisodes. Jusqu’au jour où elle va craquer. Et on attend ça, nous, spectateurs, qui voulons des têtes qui explosent.
La série n’ira pas très loin. Le climax est mou du genou. Pire, Carrie subit, à l’image de toute la série. Seule sa mère subira les affres de sa puberté télékinésique. A peine, Chris aura le nez cassé d’ailleurs.
La partie harcèlement et conséquences est par moments assez solide pour en faire un drame. La partie horreur et fantastique sème ses graines pour un final un poil grotesque et fainéant. On regrette que le final teasé dans le premier épisode ne soit pas un feu d’artifice. Limite, tout se passe hors-champ.
Carrie reste une série plutôt efficace dans son évolution et sa narration. On est loin des fulgurances esthétiques de Flanagan mais la série est bien produite et solide dans sa mise en scène et ses effets. Les ajouts qui étoffent l’intrigue ouvrent un univers plus ouvert que le simple roman. A ce titre, la fin se permet d’évacuer assez rapidement la fameuse scène du bal pour se concentrer sur une potentielle saison 2 à base d’enfants extraordinaires.
On est à deux doigts d’avoir un univers étendu entre plusieurs œuvres de Stephen King. Rappelons-le, The Institute, qui parlait déjà d’enfants spéciaux, commence sa saison 2 le mois prochain. On n’est pas à l’abri d’un crossover et d’un King Extended Universe en devenir.



