The Casual Vacancy est la série tirée du roman du même nom de JK Rowling. Elle est diffusée sur la BBC depuis le 15 février. Au casting : Michael Gambon, Julia McKenzie et Rufus Jones. JK Rowling, lassée d’être reléguée à la littérature pour ados, nous sert un univers à la Desperate Housewives, bien joli mais qui renferme de lourds secrets. Que donne le pilote ?

L’action de The Casual Vacancy se situe à Pagford, petite ville d’apparence tranquille. Barry Fairbrother se rend au conseil de la ville dont il fait partie. Ce jour-là, le débat concerne « Sweetlove House », un centre social consacré aux plus démunis. A Pagford, ces pauvres gens vivent surtout dans un quartier nommé « The Fields », dans lequel Fairbrother se rend régulièrement. Et pour cause, il a une dizaine de protégés dont il s’occupe un peu trop, selon sa femme. Lors du conseil, le couple Mollison, bourgeois d’une soixantaine d’années, présente son projet de construction d’un hôtel-spa à la place de l’actuel centre social. Une partie du conseil est d’accord, pensant que l’endroit ferait davantage de profit, ce qui serait meilleur pour la ville. Mais Fairbrother s’insurge. Pagford s’est construite sur ce principe : ne pas tourner le dos aux gens dans le besoin. Il est catégorique : l’héritage moral de la ville est plus important que le profit. Il gagne à une voix près. Mais le prochain conseil, qui devra définitivement décider du sort de Sweetlove House, aura lieu dans quelques semaines. Et les Mollison sont bien décidés à tout faire pour que la balance penche du côté de leurs ambitions.

casual-vacancyAlors qu’il va faire un tour au centre social, Fairbrother retrouve ses neveux inquiets du sort de l’endroit. « Il faudra me passer sur le corps », affirme-t-il… la larme à l’œil. Il ne croit pas si bien dire : victime de ce que l’on suppose être une crise cardiaque, il décède, laissant une épouse éplorée, et d’autres beaucoup moins tristes… Parmi les moins tristes : les Mollison, mais aussi le demi-frère de Barry, qui semble le haïr profondément.

Dans l’optique du fameux conseil qui doit décider du sort de Sweetlove House, les Mollison tente de convaincre leur fils de se présenter pour combler la place vacante laissée par Fairbrother au conseil. De son côté, le demi-frère de Barry y songe également. C’est sans compter les alliés de Fairbrother au conseil, qui tout comme lui souhaitent préserver l’esprit charitable de la ville. Pagford semble divisée en deux camps : les bourgeois blindés de thunes mais sans cœur, et les pauvres sensibles qui tentent de donner une âme à leur ville. Manichéen, vous trouvez ? Oui, The Casual Vacancy est extrêmement schématique et manichéen. Les vilains d’un côté, les gentils de l’autre. Si la série nous présente de nombreux personnages qui dissimulent tous un secret ou un passé difficile, ils n’en sont pas subtils pour autant. The Casual Vacancy fait involontairement dans la lourdeur. C’est bien dommage. Ce petit univers à la Desperate Housewives est pourtant tout à fait charmant. Le premier épisode met en valeur l’apparente tranquillité de la ville, ainsi que les problèmes des personnages : mal-être, drogue, stress, cupidité, haine… Le rôle de chacun nous apparaît avec un peu trop de transparence.

Mention spéciale au petit lycée de la ville, dans lequel les étudiants interagissent eux aussi à leur niveau (amour, jalousie, cannabis et clivage social), tout cela en uniforme à la Harry Potter. Le clin d’œil est trop lourd pour être sympathique.

A la fin de l’épisode, on entend la voix de Barry Fairbrother. « Je suis le fantôme de Barry Fairbrother », dit la voix, « and I’m watching you ». Je ne sais pas encore si ce petit mystère sera suffisant pour que je regarde la suite…

Le trailer de The Casual Vacancy

Nous avions critiqué The Casual Vacancy, en français Une place à prendre, ici

JK Rowling

JK Rowling