Miura, auteur de Berserk
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Kentaro Miura : le Dieu de Berserk est mort

Les fans de manga sont en deuil : Kentaro Miura, l’auteur et le dessinateur du légendaire Berserk, est décédé de manière totalement inattendue.

Âgé de seulement 54 ans, rien ne laissait présager une fin aussi brutale. Fin qui se conjugue également pour son manga, « Berserk », qui existait depuis l’an de grâce 1989 et qui restera sans doute à jamais incomplet. 

Le décès date du 6 mai 2021, mais c’est seulement le 20 mai qu’il est annoncé sur le compte Twitter officiel d’Hakusensha :

Selon le site L’internaute.com, Kentaro serait décédé d’une dissection aortique, soit une déchirure de l’aorte entraînant une hémorragie. C’est assez courant chez les personnes souffrant d’hypertension. Il faut dire que Miura était un gros travailleur : stakhanoviste, il a refusé de prendre de congés en 30 ans de carrière et de parution de Berserk. Nous le savons très bien, le travail de mangaka est un travail acharné et très difficile au niveau physique. L’auteur de One Piece, Eiichirō Oda, ne dormirait, par exemple, que 3 heures par nuit afin de livrer hebdomadairement un autre épisode dans le magazine Shonen Jump de son manga fleuve ! Être un mangaka est terriblement usant, et nous connaissons déjà la dépression que traverse la créatrice du célèbre shojo « Nana », Ai Yazawa, ou les hiatus très longs de Yoshihiro Togashi, l’auteur de HunterXHunter (deux œuvres elles aussi inachevées).

Berserk est un chef d’œuvre du manga actuel : déjà 40 tomes sont parus, avec près de 50 millions de tomes vendus dans le monde. Cet univers de dark fantasy mêle monstres, démons, humains fanatiques et cruels : ce manga n’est pas à recommandé aux âmes sensibles avec des scènes très crues. Mais quelles scènes… C’est bien plus fort et bien plus profond que du Game of Thrones version manga. Miura n’a eu de cesse de dépeindre les pires noirceurs de l’âme humaine, où meurtres, tortures, sadismes, viols et traumas se succèdent sur fond d’univers apocalyptiques. Le dessin est d’un sublime inégalé : le coup de crayon rejoint presque les gravures et les estampes médiévales, les détails sont affutés avec soin, les châteaux et les villes sont largement inspirés entre autres par la ville de Florence, surtout pour illustrer la ville rêvée de Griffith : Falconia. 

Miura, auteur de Berserk

Attention, nous entrons dans la partie spoiler du manga de « Berserk ». Merci d’éviter de poursuivre la lecture si vous voulez les éviter.

Les fans de la saga, mais pas seulement, se souviendront longtemps de « l’Eclipse », une scène qui marque l’apogée de la saga. Nous avons tous été marqués par la décision inhumaine de Griffith, replié sur son propre rêve, qui utilise le « Béhélit » pour convoquer l’Eclipse, sacrifiant ses camarades dans le processus. Guts survivra, mais y perdra un bras et un œil. Casca, la compagne de Guts, paiera un lourd tarif en se faisant violer par Griffith, transformé en « Femto », le Faucon Noir. Casca sombrera dans la folie et il aura fallu attendre plus de 20 ans pour qu’elle recouvre un peu de raison il y a quelques chapitres de cela. 

Miura, auteur de Berserk

Les derniers chapitres se voulaient beaucoup plus calmes, un peu plus éloignés de la dark fantasy pour se tourner davantage vers le merveilleux, vers la guérison. Dans le dernier cycle « Fantasia », Guts et Casca trouvaient enfin un peu de répit dans la Forêt des Elfes, et Casca revenait enfin à elle après la tentative de cicatriser son esprit pulvérisé par ses traumatismes. Mais voilà : avec la mort de Miura, nous ne saurons jamais comment se termine l’épopée du héros solitaire Guts, condamné à se battre contre des forces obscures chaque nuit et bien résolu à se venger de la trahison de Griffith (même si nous l’imaginons bien mourir dans le processus)… Comment finit Guts ? Comment finit Griffith ? Que devient Casca et vers qui elle finira par se tourner ? Et il y a tant de mystères non résolus : les 4 autres God Hands apparus avant Femto ont un passé complètement inconnu, et nous ne savons pas si les démons peuvent définitivement laisser l’humanité tranquille (même si certains humains ne valent pas mieux que des démons dans certains cas)

Ainsi, nous ne saurons jamais l’épilogue de cette incroyable, douloureuse mais sublime épopée. Nous ne pouvons que nous incliner devant autant de talent artistique aussi formidable que celui-ci. Nous souhaitons seulement que Miura repose en paix, loin des tumultes de ce monde maudit, son éclipse définitive nous privant d’une véritable fin que personne encore, à ce jour, ne peut encore deviner. 

 

Sources :

 

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