1990

Réalisé par Frank Marshall

Avec Jeff Daniels, John Goodman

Une araignée tropicale est ramenée par mégarde d’une expédition. Elle commence à faire son nid dans une petite ville.

Premier film de Hollywood Pictures, filiale de Disney, Arachnophobie est réalisé par un des fidèles producteurs de Steven Spielberg, Frank Marshall. Il met en scène son premier film pour le coup.

Vendu comme une thrill-omedy, une comédie terrifiante, Arachnophobie aura sûrement été mal vendue ce qui a causé son semi-échec au box-office (50 millions de dollars sur le sol américain pour la moitié de budget). Mais ça n’a surtout aucun sens, c’est léger sans être drôle et c’est ficelé sans être tendu.

Une structure bancale

A part cet aspect marketing, le film souffre d’un script réécrit. Le ton très sérieux à laisser la place à un film léger sur une menace qui plane pendant une bonne moitié de film. Déjà dans la structure, le film propose de nous présenter des personnages que l’on ne reverra pas avant une bonne heure. Cette scène d’introduction dans la jungle a coûté un paquet de fric pour quelque chose d’assez dispensable.

Le vrai héros du film est Jeff Daniels qui joue un médecin arachnophobe qui débarque dans cette petite ville qui se voit menacer par des araignées. Cette menace silencieuse et discrète rythme la vie de ce médecin qui voit des morts l’entourer. Tout ça nuit à sa réputation et les états d’âme du personnage sont légion. En ne se focalisant pas sur l’aspect terreur, le film parvient à doser son ambiance. Le danger est là mais on ne le ressent pas. On ne souhaite même pas le ressentir. IL y a cette sensation étrange qu’on ne souhaite pas du mal aux personnages mais on ne veut pas non plus qu’il ne se passe rien. L’atmosphère n’oscille jamais dans un suspens à couper au couteau, les scènes d’attaque sont pernicieuses, calquées sur la même base. C’est pour ça que le film ne décolle jamais vraiment. Le film ne hausse jamais le ton.

Ce n’est que dans le dernier quart d’heure que le film passe vraiment pour un film d’attaque d’animal comme on en avait plein dans les années 60.

Un ton bancal

Et finalement, Arachnophobie reste toujours sur sa ligne de bonne conduite. Comme le soulignait Daniels à l’époque de la campagne promo du film, « ce n’est pas vraiment de l’horreur, c’est effrayant mais ce n’est pas L’attaque des araignées tueuses. On a bossé dur pour que le film a son propre sens de l’humour pour soulager le public ». Malgré les efforts pour essayer de vendre le film correctement, il est difficile de parler vraiment d’humour. IL n’y a guère que le personnage de John Goodman qui apporte du comic relief. Chaque réplique fait mouche et donne un tout autre ton au film.

Il n’apparaît que trois fois, sortis de nulle part, mais il fonctionne très bien. Ce vrai apport comique tranche alors avec toute l’ambiance du film. Tout est fait par à-coup.

Un film bancal?

Arachnophobie réussit pourtant à nous tenir grâce à une narration légère. Si la structure dérange un peu la fluidité du récit, le film parvient à ne raconter que l’essentiel avec une bonne étude de personnages. D’ailleurs, ils sont en petit nombre, ce qui ne boursoufle pas du tout le film. Arachnophobie reste une série B qui tient la route avec un univers à mi-chemin avec le fantastique ce qui amènera tout naturellement Frank Marshall a retenté l’expérience avec Congo.