This Is Us est le carton de la rentrée avec plus de 15 millions de personnes à j+7. Cette histoire simple d’une famille recomposée et décomposée touche de plus en plus de monde.

Attention SPOILERS sur les 10 épisodes de la saison 1

Et je dois le dire, mes chers lecteurs, que This Is Us m’a fait pleuré 7 fois sur 10 épisodes. Et on monte même à 7 sur 8 en comptant les 8 premiers épisodes. Et vous avez bien conclu : les deux derniers épisodes ne m’ont pas autant touché. Pourquoi?

This Is Us parle de ce qui fait la Vie, les relations, la famille, le souvenir mais surtout This Is Us déconstruit son récit pour que la nostalgie pointe à chaque fois son nez. Et pour un nostalgique comme moi, ça n’a jamais été aussi poignant que la fin de Toy Story 3 avec le passage de relais. La marque du temps dans This Is Us s’inscrit aussi chez plusieurs personnages avec notamment le personnage de Milo Ventimiglia. Le savoir disparu dans le présent lui confère immédiatement un capital empathique monstrueux dans le passé. Lui si parfait dans son rôle de père va subir la décision de la Faucheuse. Aussi, la fraternité est indescriptible. On sent les liens forts qui unissent les frères et sœur jeunes et quand ce sentiment transparaît chez leur version adulte, là la série atteint quelque chose de touchant.

La série pourra faire très fort quand elle touchera au temps qui passe. Pour le moment, le temps est figé sur trois époques. Il n’y a que peu de rapport avec la vieillesse ou le passage à l’âge adulte. Il faut évidemment garder quelques munitions dramatiques. Et c’est là que je veux en venir.

this is us
Dans les deux derniers épisodes (The Trip et Last Christmas), on sent que la série utilise des rebondissements moins réalistes et plus dramatiques. J’ai senti moins d’implication de ma part dans les deux épisodes que d’habitude. On accumule les situations qui peuvent transformer la série en support à clichés dramatiques. Je ne dis pas que la série perd en qualité mais elle était si intelligente dans sa pudeur, dans son côté abstrait des sentiments, concret des rapports humains. Une scène parait de trop. Celle de fin de l’épisode 8. Durant le dîner de Thanksgiving, Kate débarque et annonce qu’elle va se faire poser un anneau gastrique. Mais elle le dit juste après une scène dramatique où Randall dévoile à sa mère qu’il sait qu’elle lui a menti. Idem pour l’épisode 9, Randall est drogué et se retrouve à parler avec son père. Dans l’épisode 10, on apprend l’homosexualité de William, le malaise de Toby et Randall empêche un suicide. This Is Us devient une série où la tristesse demeure alors qu’auparavant, c’était le bonheur qui prédominait. Pire, les trois événements cités plus haut sont racontés dans des scènes d’une longueur improbable. On était touché par les phases de confessions, les rapprochements humains, les sentiments inavoués, il y avait toujours quelque chose de beau dans la tristesse. Depuis deux épisodes, on sent que le malheur n’apporte rien de beau. Quand on force vraiment le trait, on arrive à des séries comme Les Anges du Bonheur qui surjoue le drame pour en sortir des extraits de joie. On arrive à tirer des leçons de vie quand on confère au drame une morale aucunement putassière comme dans Scrubs. This Is Us ne doit pas devenir une caricature. Il faut miser sur la mélancolie plutôt que la tristesse.