Tout le monde est sériephile, du moins tout ceux qui voient plus d’une série par jour. Mais un vrai sériephile de nos jours, c’est quoi ? Un adulte qui a grandi avec les séries ? Une personne qui voit toutes les séries qu’il faut regarder ? La définition est floue. Je ne cherche pas à définir le mot mais à définir les étapes de ce bonhomme étrange.


 

Partie 1 : Le constat – être sériephile

Le sériephile est spécial. Il garde un long moment contact avec des œuvres télévisuelles. Il apprend, il grandit et souvent il réagit avec elles. Si la plupart de nos sériephiles actuels ne le sont que par moyens illégaux, il n’en est pas moins que la télé, le meuble, a été le support principal des plus belles émotions de ma vie sériephilique, vie qui devient de plus en plus vide car vidée d’éléments novateurs, perturbateurs et enchanteurs. Je ne vis plus pour les séries car elles ne me procurent plus aucune notion d’engagement.

Voilà, je me livre un premier constat, je ne suis plus sériephile depuis quasiment 4 ans. La fin de LOST, les séries vieillissantes que je regardais comme Les Experts, House, les séries moins prenantes car plus portées vers la comédie comme The Office, How I Met Your Mother ou simplement des séries peu encourageantes,  motivantes ou bancales comme Fringe, Supernatural ou encore Docteur Who (je ne dis pas « nulles » mais peu motivantes !) ont eu raison de ma sériephilie.

En fait depuis dix ans, je ne suis plus addict. Pendant dix ans par contre, je l’ai été. Pourquoi ? Grâce à quoi ? X-Files, Dawson, Simpson, Ally McBeal, The Office, Scrubs. A des niveaux différents, ces séries ont été la consécration d’une vie ponctuée d’épisodes et d’enrichissement personnel. MacGyver, Sauvés par le gong, Alf, Le Prince de Bel Air, Lois et Clark étaient des rendez-vous pour beaucoup de gens à une époque où on ne parlait pas de séries télévisées comme maintenant. Puis il y a eu X-Files. Mon joyau, mon royaume, ma première copine, ma meilleure amie, celle qui m’accompagnait partout. J’étais addict d’une série, j’étais fan ! Sensation étrange de ne parler que de ça, de ne penser qu’à ça plutôt car en discuter était un peu dur quand on se sentait le seul téléspectateur assidu d’un programme… Magazines, coupures de presse, t-shirt, VHS, posters, je collectionnais à foison. Mais artistiquement ? Sériephiliquement ? J’analysais, je notais, je critiquais, j’attendais patiemment la nouvelle saison, j’étais devant mon écran pendant la diffusion. Vous savez le bon temps où le seul moyen de revoir les épisodes étaient le magnétoscope !?

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Pendant 8 ans, ma passion était vivace, je grandissais avec la série ou à côté, je ne sais pas. Une série grandit-elle ? En tout cas, j’ai gardé la flamme jusqu’au bout. Pour Dawson, c’était la même chose mais pour d’autres raisons évidentes. Les héros de la série grandissaient vraiment avec moi, je vivais leurs aventures, leurs mélodrames en même temps qu’eux. J’étais un peu plus âgé qu’eux mais j’étais enfin adolescent grâce à la série.

X-Files et Dawson ont été mes deux parents télévisuels. L’un me fournissait frissons, dévotions, tensions et l’autre émotions, réflexions. La durée de ces séries m’a permis de m’impliquer à un niveau tel que leurs fins ont été un coup dur, une marque indélébile. La nostalgie de la première rencontre avec le pilote, l’appréhension des situations, l’évolution des personnages, tout était chamboulé, rangé, classé, ma vision de la série était bouleversée. Une série est un objet temporel mais aussi structurel et ces deux notions se mélangent beaucoup durant la vie de la série. Il y a la rencontre avec le pilote, la fusion quand on vit un épisode qui laisse des traces, l’évidence quand on sait qu’il est temps de laisser tomber la série et le deuil quand elle vient se terminer. A sa mort, l’aspect temporel résiste et de là naît la nostalgie.

Alors oui, depuis quelques années, aucune série ne me passionne vraiment. La vision que l’on a du paysage sériel américain (car disons-le, ce sont surtout les séries américaines qui nous intéressent) est tellement claire, clarifiée que tout est biaisé. Une série a peu de chances de durer aussi longtemps que prévue, la fenêtre de diffusion d’une série passe de quelques mois (deux épisodes en prime sur M6 il y a quinze ans) à quelques semaines voire jours (pour ceux qui se font des séries à la louche) ou encore la dose hebdomadaire subit une pause logique en été. Bref je n’ai eu goût à m’intéresser au produit culturel. Chacun regarde à son rythme, les fanbases se disloquent et seules les grosses séries à fandom ont le mérite d’attirer mon attention mais ayant un train de retard, je ne peux me raccrocher au wagon. C’est pourquoi j’ai du mal à m’investir dans Game Of Thrones ou Doctor Who. Je veux vivre en même temps que la série.

Les grands dramas se comptaient sur les doigts d’une main de personnage de dessin animé dans mon listing : Spartacus, House, Chuck, Smallville ces deux dernières années, Prison Break, Lost si on remonte plus loin. Bref, vraiment rien de reluisant quand on a connu l’état de ses séries (guilty pleasure, qualité disparue, trop duré…) Et depuis l’année dernière et la fin de Spartacus, je n’ai plus aucun vrai drama qui me passionne, il ne reste que les comédies pour égayer mon écran.

Que reste t-il à faire ? Je remate LOST, je dois terminer Supernatural un jour, j’ai Friday Night Lights et Parenthood à commencer en DVDs et une dizaine de comédies à regarder comme simple passe-temps. Que dis-je ? How I Met Your Mother et The Office se sont terminées il y a peu, seul Big Bang Theory semble parti pour durer encore une paire d’années. En bref, je dois l’annoncer : je ne suis plus sériephile. A mon grand regret. Je n’ai plus l’envie et la curiosité de suivre une série qui a le potentiel pour me prendre par la main.

Dans les 4 prochaines parties, je parlerai de 4 grandes étapes d’un sériephile. N’hésitez pas à partager l’article et vos souvenirs.

Partie 2 : La rencontre – Le pilote 

Partie 3 : La fusion – Les évènements spéciaux

Partie 4 : L’évidence – Quand ça devient moins bien

Partie 5 : Le deuil – La fin d’une série

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