Greg Berlanti a encore frappé puisqu’avec YOU (Parfaite en VF), il signe une nouvelle série qui pourra être la nouvelle série phénomène en France quand elle arrivera sur Netflix.

Sera Gamble et Greg Berlanti sont des habitués des séries. La première a travaillé sur Supernatural et The Magicians quand Berlanti règne sur le royaume DC sur la CW et Riverdale… Ils créent ensemble YOU, adaptation du roman de Caroline Kepnes. La série a commencé sur Lifetime depuis peu et a déjà été renouvelée pour une saison 2(qui adaptera la suite du roman).

Le CV de You est intéressant puisqu’on y retrouve Penn Badgley (Gossip Girl), Shay Mitchell (Pretty Little Liars) et Elizabeth Lail (Dead of Summer) !

Joe, le gérant d’une librairie new-yorkaise, devient obsédé par Beck, une jeune aspirante écrivaine qui partage sa passion pour les livres et pour la poésie. Persuadé qu’ils sont faits l’un pour l’autre, il va alors se servir des réseaux sociaux pour nourrir son obsession, savoir en permanence où elle se trouve et ce qu’elle fait, et tenter de faire tomber tous les obstacles qui pourraient se dresser en travers du chemin de leur possible romance. Quitte à commettre des actes totalement fous…

EPISODE 5
L’épisode contraste beaucoup avec le précédent puisqu’on avance beaucoup dans l’intrigue principale. Peach se révèle (même si on s’en doutait) une parfaite pétasse. Beck joue encore les ingénues… ou est-ce notre conception du personnage via Joe qui en rajoute à chaque fois. La voix-off omniprésente peut légèrement gonfler mais c’est un gimmick indispensable pour souligner l’intention de la série. Joe nous impose sa vision des personnages et on se met à douter de tous. Les dernières minutes sont impitoyables et ouvrent de belles perspectives.

EPISODE 1 à 4
Dix minutes, c’est ce qu’il a fallu à la série pour accrocher et signer sa note d’intention. Le personnage est déjà campé, installé, dominant et extrêmement sournois dans son écriture pour qu’on s’identifie maladroitement à ce stalker. Habitué aux voix-off depuis Gossip Girl, Badgley s’en sort à merveille en jouant ce croisement entre l’amoureux transi et un fils spirituel de Dexter. Omniprésent dans la narration et les scènes, Joe écrase tout sur son passage. Il est quand même au milieu de personnages secondaires finement écrits entre le petit garçon adepte de bouquins, le père alcoolique, les copines de Beck toutes plus superficielles les unes que les autres.

you

Beck est la girl next door parfaite sauf qu’au fil des épisodes, les failles seront montrées, les vérités dévoilées. Et ce qui fait la grande force de YOU est que le personnage principal impose sa vision au public, il est alors ludique de trouver soi-même la vérité. On avait laissé Elizabeth Lail dans l’honteuse série Dead of Summer avec son jeu approximatif. Elle s’en sort déjà mieux ici, auréolée d’une direction juste et audacieuse. Dommage que l’épisode 4 annihile ce sentiment avec un personnage plat.

You semble avoir le même ADN qu’UnReal à l’époque de sa saison 1 en allant là où les séries n’ont pas été (l’ambiance y est très urbaine, charnelle et un peu « naughty ») et en offrant une série moderne, divertissante et ouverte sur beaucoup de choses. On sent que ce sont deux séries très millenials, avec ce monde cliché, des gens qui s’aiment faussement, qui boivent du Starbucks et qui ont des Iphones… le monde moderne quoi.

La série trouve souvent la bonne idée pour faire basculer une scène d’une ambiance à une autre. On pense notamment à la conclusion de la scène du métro ou à la fin de l’épisode 3 qui pourra, sans honte, détourner le regard des fans des réflexes gatro-scénaristiques de 50 Nuances de Grey. D’ailleurs, cette scène , qui renvoie Joe à quelqu’un de plus terre à terre, est répété trois fois (previously et deux fois dans l’épisode) comme pour souligner l’effet voulu. L’épisode 4 tranche avec le début de saison puisqu’il utilise la double narration et pose une voix-off désastreuse au personnage de Beck. Et d’ailleurs, il tranche totalement avec le ton des trois premiers épisodes. On nous lâche un épisode aux accents de soap assez prononcé, peut-être trop. On s’ennuierait presque.

You est une série résolument bien ficelée avec peu de personnages mais la forme et le fond sont assez frais pour offrir une série divertissante. Le personnage de héros / bad guy fait mouche rapidement et l’histoire est prenante. Lifetime tient là encore une série recommandée qui arrive sur Netflix en France en fin d’année sous le titre Parfaite.