Annulée depuis peu après 4 saisons, The Last Man On Earth a délivré peut-être toute la moelle du concept-titre.

Le titre déjà obsolète après quelques épisodes nous parait finalement bien loin en regard de la fin de cette saison 4 qui s’est avérée mieux que la saison 3.

Après un tour en paquebot plutôt plaisant avec l’arc Pamela (Kristen Wiig) qui permettait à la série d’ouvrir sur quelque chose de différent, les personnages se sont installés dans une villa mexicaine. Les flashbacks nous expliquaient qu’elle était un repaire de trafiquants. Un suspens se dessinait alors avec une bombe cachée dans un objet récupéré par la bande. C’est totalement en dehors de cette intrigue que cette saison s’est construite avec la grossesse de Carol et la notion de famille qui se met en place chez tout le monde. Todd, Jessica, Jasper, Gail et Erica construisaient de plus en plus des vies quasi indépendantes. La solitude des personnages se perdait dans un esprit de groupe et de couples qui tendaient vers une volonté de conclusion de cette série concept. Il est à rappeler que la série a cette folie de proposer un univers où moins de 10 personnes existent dans la fiction. C’est d’ailleurs grâce à ça que les règles de société et de bien-pensance s’oublient pour offrir des gags et des situations de plus en plus déviantes, dégoûtantes ou glauques (un cannibale adepte de cadavres, des fétichistes du poil et autres reliques fécales font tout le sel de cette saison !

Jamais très drôle mais souvent juste dans le timing comique et généreux dans les idées originales, The Last Man On Earth a prouvé avec cette saison qu’elle ne manquait pas de ressources. Les bases sont solides, il ne manquait juste que des prises de risques. Le récit n’avançait tout simplement plus pour justifier du concept de survie. Le groupe est désormais solide et l’arc Karl le cannibale n’a offert qu’un aparté rafraîchissant qui soulignait l’aspect anxiogène de la série quand elle est dans sa routine. Et finalement, et rapidement, Mike (Jason Sudeikis) est revenu offrir encore une bouffée d’oxygène. Les personnages « secondaires » n’avaient plus grand intérêt. Gail et Erica n’étaient plus très pertinentes, Jessica était l’ombre d’elle-même et Todd ne parvenait que rarement à justifier sa présence. Tandy faisait son festival tentant tant bien que mal à justifier un peu le titre de la série.

Et l’annulation de la série ne produit pas une grande insatisfaction. Le dernier épisode tendait vers une nouvelle approche qui, à tout bien réfléchir, n’est pas frustrante. On s’imagine une situation un peu tendue au début pour ensuite se décanter et offrir tout ce que le titre de la série ne représentait plus.

C’est donc bien un aveu de satiété qui vient à la bouche du large concept de la série de survie. The Last Man On Earth a offert de grands moments de comédie décalée, noire, cynique, barrée… Will Forte a mis toute son énergie et, de son aveu, se trouve satisfait d’avoir pu aller jusqu’à 4 saisons. C’est une comédie rare qui nous a été donnée de voir et ce genre d’humour manquera FORTEment. Si la bande peut revenir pour un projet autre, on signe.

On vous laisse avec le meilleur caméo de l’année.