On a terminé

Pluribus (Apple TV) : Surestimée ? Prétentieuse ? Géniale ?

Pluribus marque le retour aux affaires de Vince Gilligan, auteur des meilleurs épisodes de X-Files, de Breaking Bad et de Better Call Saul. Pluribus est-elle la pépite que tout le monde encense ?

Pluribus avait annoncé la couleur : la joie est contagieuse. Cette tagline présente sur l’affiche allait intriguer pas mal de monde pendant les longs mois qui ont précédé son lancement. Allait-on avoir une série qui parle de notre époque ? Une série qui allait nous rendre tous heureux ?

Les premières images ont un peu déçu avec un ton résolument sarcastique, pince-sans-rire, limite dépressif… Et Pluribus n’est vraiment pas une comédie. Du moins, elle ne l’est pas totalement.

Carol (Rhea Seehorn) est autrice de romans à l’eau de rose qui cartonnent. Un soir, alors qu’elle est avec sa femme, toutes les personnes autour d’elle sont prises d’une crise. Elle tente d’aider sa femme, mais elle est de plus en plus entourée. Oui, car les personnes en crise se sont calmées et semblent toutes contre elle. Elles ne font plus qu’une entité, un seul cerveau, une seule pensée.

Pluribus : vraie fausse comédie

Mais sa femme est morte, comme certains qui n’ont pas résisté à la crise. Carol est une des seules à ne pas avoir été touchée. Elle va donc devoir cohabiter avec cette entité globale.

Voici un high-concept intrigant. On est dans un croisement entre Last Man On Earth et un épisode de Black Mirror ou de La Quatrième Dimension. Mais que va raconter la série ? Après 9 épisodes, la question peut encore être posée. Si on découvre petit à petit le « monde » des « autres », une force extraterrestre, nous ne sommes pas dans V (la série des années 80). Ils ne sont pas des lézards qui mangent des oiseaux et des rats. Mais ils ont leurs petits secrets que Carol tente de découvrir. Et elle apprend aussi à cohabiter avec Zosia, une des leurs qui est comme sa chaperonne.

avis série Pluribus

À l’instar de Last Man On Earth où le héros était seul sur Terre, puis deux, puis trois, Pluribus joue la carte de la non-solitude. Et dans ce genre de concept, il faut que le héros soit… sympathique. Et comme dans la série avec Will Forte, ce n’est pas le cas. Carol est bourrue, antipathique, très peu heureuse de son sort. Elle ne supporte rien, surtout depuis qu’elle a perdu la seule personne qui l’aimait. Pluribus propose alors une héroïne sans joie, entourée de personnes qui semblent être heureuses. Mais on ne ressent jamais ce contraste. Les autres sont plutôt sans âme, sans émotion. Ils disent « Salut Carol » comme dans Truman Show où les personnages du décor font mine d’être amicaux.

Si ce n’est pas exactement une comédie, il y a l’absurdité de la situation qui prête à sourire, et les bons mots des Autres aussi.

Pluribus : vide de sens ? Sens du vide ?

C’est dans ce contexte particulier que Pluribus tente de raconter son histoire et ses thématiques. Ces dernières sont d’ailleurs assez obscures. Parle-t-on de la solitude, de l’uniformisation des êtres, d’une société à sens unique, du conformisme à outrance ? Ce n’est pas faute de proposer un rythme assez lent, posé, avec beaucoup d’observation, de scènes de silence. Est-ce pour autant qu’on raconte quelque chose ? Il est vrai que les séries de 8 épisodes sont souvent des formats de longs métrages étirés avec un épisode 1 et un épisode 8 qui proposent quelque chose. On n’en est pas loin avec Pluribus. Par « chance », on a même 9 épisodes. Sauf que c’est bien l’épisode 7 qui semble un ajout, un comblement. Cet épisode voit Carol faire sa vie, seule. Oui, c’est une imagerie forte, oui, ça « raconte » quelque chose de sa situation, mais pas en épisode 7, et pas en ne faisant rien avancer de concret sur les 50 minutes de l’épisode !

avis série Pluribus

Certaines critiques s’élèvent : pourquoi faire 9 épisodes de 50 minutes minimum si on pouvait le raconter en 8 de 20 minutes ? La prétention ? Il y en a beaucoup des séries tellement bien fichues qu’elles invisibilisent le propos en le diluant vers de l’image. On crée du contenu, mais il faut revoir le contenant. Ce n’est pas méprisant ou idiot d’y voir une série qui peine à raconter quelque chose de prenant. Oui, on peut aimer ça, on peut apprécier le fait de prendre son temps, surtout en pleine génération « TikTok » où on passe vite d’une chose à une autre. Mais on peut aussi trouver le temps long, dans un monde où les concepts sont moins ouverts à la multiplication des chapitres, où le concept n’est pas déclinable, où le feuilleton prime sur les événements.

Pluribus est plus réussie que Stranger Things saison 5, oui. Mais prend-on plus de plaisir devant ? Pas sûr.

Tom Witwicky

Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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