JDG contre la censure
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Le Joueur du Grenier part en guerre contre Youtube

L’info n’est pas passée inaperçue : Le Joueur du Grenier en a plus qu’assez de la censure de Youtube et a même décidé de faire appel à un avocat pour porter plainte.

En effet, la célèbre plateforme a serré les vis et non seulement les contenus suggestifs sont interdits, mais même certains mots peuvent vous amener à la démonétisation, voire à la suppression pure et simple d’une vidéo. Et cela risque de sérieusement mettre à mal les chaînes Youtube les plus créatives.

Le 26 juin dernier, le JDG sortait sa vidéo consacrée à Lara Croft et on sentait qu’il était salé contre la pateforme. Il se met lui-même en scène où, tout en feuilletant un magazine porno, il constate que toutes les femmes sont pixellisées et les gros mots censurés. Plus tard, Fred Molas, toujours grimé en Lara Croft, se lance à la recherche du « dollar vert » et nous servait un dernier sketch où il dénonce la pseudo bien-pensance de Youtube qui censure tout et rien sans aucune bonne raison.

Puis, le 24 juillet 2021, le JDG se résout à publier son test sur « Duke Nukem Forever », un jeu vidéo à l’ambiance macho dont le premier opus faisait très ambiance « années 80 » avec des blagues potaches, un héros vulgaire, des strip-teaseuses et une guerre contre des extra-terrestres. Cette première vidéo, non censurée, ne présentait vraiment pas de contenu choquant en soi : les actes sexuels sont tous cachés ou sous-entendus, et les remarques du héros, même si elles ne volent pas bien haut, ne sont pas plus traumatisantes à entendre qu’une conversation dans le premier bar PMU du coin. Seulement, voilà : Youtube leur est tombé dessus et a shadowban la vidéo avant de la démonétiser, l’interdisant aux moins de 18 ans. Et comme le public du JDG est surtout constitué d’enfants, cela signe un arrêt de mort financier qui risque de mettre à mal la chaîne.

Du coup, et afin de ne pas perdre trop d’argent, il a dû sortir la version censurée en pixelisant la moindre apparition… de femme. Alors qu’elles étaient déjà pixelisées. Même celles qui portent un bikini ! Nous sommes d’accord pour dire que le puritanisme de Youtube atteint un niveau vraiment affolant. Frédéric le dit lui-même : Youtube se comporte comme « le pire des régimes talibans en assimilant la femme à du contenu sexuel. » Et d’ailleurs, et afin de bien marquer le coup, Fred et Seb se sont davantage moqués de la censure en pixelisant leur propre visage sur la miniature de la version censurée.

Lassé de voir son élan créatif castré sans aucune bonne raison à cause d’un algorithme hors de contrôle, le JDG a sauté le pas il y a quelques heures seulement : il a pris la décision de porter plainte contre Youtube.

En effet, depuis avril 2017, la plateforme a décidé de démonétiser massivement tous les contenus non « ad-friendly » à cause du scandale lié à la présence de vidéos finançant le terrorisme. Seulement, ça en devient absurde en plus d’être aberrant : certaines chaînes d’histoire se sont vues démonétisées car elles évoquaient Hitler et la Seconde Guerre Mondiale. Et c’est ça le plus scandaleux, c’est que l’algorithme de Youtube supprime une image ou un mot, comme si le vidéaste adhérait à ce qu’il décrit ! Alors que pas du tout : montrer quelque chose, ce n’est pas le cautionner. Il faut bien parler des dictatures ou des camps de concentration pour que ça ne se reproduise pas, et cela ne veut pas dire que l’on est d’accord avec ça ! Mais non : ces contenus sont balayés ou au mieux démonétisés, ce qui pour moi, revient au même que si c’était du négationnisme. Pareil pour les agressions sexuelles : le mot « viol » est interdit sur Youtube, ce qui est très compliqué quand une personne souhaite dénoncer… un viol, justement. Et comment peut faire une victime pour en témoigner ? Cela en devient ridicule à force. Des choses liées à la violence ou à la sexualité étaient passées sous silence dans l’ancien temps, et il a fallu beaucoup d’énergie, surtout de la part des victimes, pour trouver le courage d’en parler et que ce ne soit plus tabou. Avec une telle restriction, on dirait que les Etats-Unis proposent un retour en arrière particulièrement dangereux, risquant de rendre la sexualité et les violences à nouveau taboues, justement.

Mais ces derniers temps, force est de constater que Youtube a énormément serré la vis, ce qui complique la vie des vidéastes qui doivent s’arracher les cheveux à chaque fois qu’ils doivent publier une vidéo, afin de ne pas voir leur contenu démonétisé ou invisibilisé. Dernièrement, le vidéaste Louis San a vu l’une de ses vidéos supprimée alors qu’il montrait une bagarre dans des toilettes. Et j’ai vu cette bagarre et il n’y avait rien de choquant ! Pas de sang, pas de coup violent, rien. Il s’est vu supprimé sans autre forme de procès sans même qu’on ne lui ait proposé de retirer ce passage pour que sa vidéo passe. Et ce, malgré l’accord en amont de personnes travaillant sur Youtube.

Plus injuste encore : L’Ermite Moderne s’est vu démonétisé l’intégralité de sa chaîne Youtube à cause d’une vieille blague sur le 11 Septembre. Blague qui date de 2016. Malgré ses nombreuses relances, il ne peut désormais survivre que grâce à ses sponsors.

Là encore, et c’est vraiment navrant de le dire : ce n’est pas parce que quelqu’un fait une plaisanterie sur les Twin Towers que c’est un ignoble terroriste qui applaudit ce qui s’est passé. Plaisanter ne signifie pas cautionner, mais on dirait bien que les bots de Youtube ne connaissent pas l’ironie.

Et bien sûr, impossible de passer à côté du Radis Irradié qui s’est vu démonétisé DEUX FOIS sa vidéo où il dénonçait la présence de pornographie et de publicités déplacées sur Youtube, alors que des vidéastes bien installés se voient punis pour un pet de lapin. Sachant que le Radis Irradié dénonçait dans sa vidéo du contenu sexuel déjà présent sur la plateforme. Et la plateforme le strike lui, au lieu de faire le ménage chez elle. Le brin de paille et la poutre, tout ça tout ça, vous savez bien…

 

On dirait que tout est mis en œuvre pour pousser les vidéastes créatifs vers la sortie, afin qu’il ne reste plus que des vidéos lobotomisées sans âme, où l’on doit « manger bleu pendant 24h » ou faire du unboxing. L’interdiction de dire des gros mots est également stupide selon moi, car je ne vois pas non plus en quoi c’est choquant. Il faut croire que ces gens qui l’interdisent n’ont jamais mis les pieds dans une cour de récréation, où la grossièreté est aussi quotidienne que le harcèlement scolaire. Et je ne parle même pas de l’attitude « deux poids deux mesures » qui existe sur la plateforme : les clips musicaux avec des femmes qui twerkent en très petites tenues génèrent des millions, et le naked yoga n’est jamais censuré. Pourtant, ça n’empêche pas une femme fictive dans un jeu vidéo de se voir pixelisée car elle est en maillot de bain… L’algorithme de Youtube est complètement planté, et c’est vraiment étrange qu’ils ne communiquent pas plus avec des chaînes bien installées, comme le JDG. Pourquoi un humain travaillant au sein de Youtube ne peut rien faire contre ça ? Ce n’est pas à lui de contrôler la machine, au lieu d’être contrôlé par elle ?

Cela n’inaugure rien de bon à l’avenir. Ce puritanisme excessif ressemble de plus en plus à une dictature nauséabonde qui mettra sérieusement à mal le contenu créatif de Youtube, sachant que c’est grâce aux créateurs si cette plateforme a pu naître, justement ! Si Antoine Daniel et Matthieu Sommet avaient voulu se lancer sur Youtube cette année, ils n’auraient pas pu le faire au vu de la censure qu’il y a aujourd’hui. Et les vidéos critiques à l’humour décalé mais toujours plaisant n’existeront sûrement plus. Et le pire, c’est qu’il n’existe pas vraiment d’alternative à Youtube : les autres plateformes ne génèrent pas autant de visibilité et n’attirent pas les sponsors. Publier des vidéos ailleurs risque de signer l’arrêt de mort financière de ces vidéastes. Il faut donc espérer que cette action de Frédéric Molas ne soit pas un coup d’épée dans l’eau et qu’il soit suivi par beaucoup d’autres créateurs pour être soutenu. En espérant que ça marche, mais soyons honnête : à ce stade, c’est vraiment David contre Goliath.

Rebecca
Juste une Otaku qui a chopé le virus de la Japanimation et qui ne guérira jamais ! Egalement incurable en ce qui concerne le cinéma, les blockbusters, les comics et la littérature

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