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Critique d'adaptation

Jungle Cruise : une belle attraction très mal montée

Après Pirates des Caraïbes, Disney propose son nouveau film d’aventures tiré d’une attraction : Jungle Cruise, avec Dwayne Johnson et Emily Blunt, le tout filmé par Jaume Collet-Serra (Instinct de Survie).

Alors que Tomorrowland avait été un petit flop lors de sa sortie en 2015, Disney a continué d’adapter ses attractions en films avec d’autres Pirates des Caraïbes, mais la recette commençait à sentir un peu mauvais. En recherche d’une franchise d’aventures adaptable, on s’est tourné vers Jungle Cruise. Cette attraction n’est pas présente dans notre Disneyland.

Au casting, on retrouve le sympathique Dwayne Johnson qui vient apporter son aura à ce projet. Il est accompagné par Emily Blunt (Sans Un Bruit), le comédien Jack Whitehall et Jesse Plemons (Breaking Bad, Friday Night Lights). Derrière la caméra, Jaume Collet-Serra arrête un peu de faire tourner Liam Neeson (Non Stop, The Passenger, Run All Night) pour ce blockbuster estival. Il sera en charge de Black Adam avec le même Dwayne Johnson. Le scénario est issu de la tête de 3 hommes, Michael Green (a écrit pour Smallville, Heroes, le film Green Lantern, Logan ou Blade Runner 2049 !) et le duo Glenn Ficarra et John Requa (This Is Us).

Chercheuse intrépide, la doctoresse Lily Houghton quitte Londres pour explorer la jungle amazonienne à la recherche d’un remède miraculeux. Pour descendre le fleuve, elle engage Frank Wolff, un capitaine roublard aussi douteux que son vieux rafiot délabré. Bien décidée à découvrir l’arbre séculaire dont les extraordinaires pouvoirs de guérison pourraient changer l’avenir de la médecine, Lily se lance dans une quête épique. L’improbable duo va dès lors affronter d’innombrables dangers – sans parler de forces surnaturelles – dissimulés sous la splendeur luxuriante de la forêt tropicale. Alors que les secrets de l’arbre perdu se révèlent peu à peu, les enjeux s’avèrent encore plus grands pour Lily et Frank. Ce n’est pas seulement leur destin qui est en jeu, mais celui de l’humanité tout entière…

Jungle Cruise avait tout pour plaire, une recette qui marche avec le héros, l’héroïne un peu badass, le sidekick rigolo et le méchant caricatural, des décors somptueux et des aventures mouvementées. Malgré tout ça, Jungle Cruise pêche à plusieurs niveaux.

Côté casting, le duo Blunt / Johnson fonctionne plutôt bien, ils s’envoient des punchlines toutes les 5 minutes, l’alchimie est là. Le sidekick fait du sidekick avec quelques comic-relief mais rien de bien méchant. Plemons joue un simili-Hitler blond qui ne sera pas d’une grande menace pendant les 4/5 du film.

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C’est bien le problème du film, il n’y a pas vraiment d’antagonisme fort, les seuls obstacles sont ceux issus de la nature. Il y a des faux méchants, quelques scènes de sauvetage bien menées mais rien n’est vraiment tendu. On reste dans un film familial plutôt qu’un film sombre d’aventures comme Pirates des Caraïbes. Sur ce point, on a quelques redites comme l’utilisation de cadavres ambulants d’anciens aventuriers comme Pirates en a usé. Ce sont d’ailleurs les seuls vrais méchants qui donnent du fil à retordre…

Le vrai problème reste esthétique. On a fait un bond en arrière côté effets spéciaux numériques avec des animaux qui passent mal en 2021. Les décors sont dantesques, à de rares occasions, on sent le fond vert, mais ça reste propre. C’est du côté de la post-production que le bas blesse avec un montage affreux. Les plans durent une seconde, sur une seule ligne de dialogue, on ne comprend pas grand chose à ce qu’il se passe. Pire, des valeurs de plans différents s’enchaînent sans aucun sens narratif. On nous montre tous les gestes, quasi inutiles, des personnages qui posent ou ramassent un objet. C’était irritant au possible au bout de dix minutes. Ce montage annihile même la plupart des échanges comiques avec des plans insistants sur des réactions…

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Ce n’est pas tant la mise en scène de Serra qui fait défaut, c’est plutôt bien filmé mais très mal monté ! On est moins dans la maestria d’un Gore Verbinski dans l’aspect un peu ludique des scènes d’action. Même si on ressentait une certaine idée dans l’enchainement de la première scène avec le personnage d’Emily dans la bibliothèque. D’ailleurs, la première partie enchaîne des morceaux de bravoure un poil WTF qui frôlait la fausse note. Mais Jungle Cruise a cette petite qualité d’avoir réuni plein de choses déja vues mais rarement aperçues ensemble (un sous-marin, un animal de compagnie, un temple, un arbre magique, une malédiction).

Jungle Cruise a donc une certaine identité plaisante, part avec un cahier des charges à remplir. C’est respecté, reste que le film est handicapé par un montage qui pourra irriter les plus pointilleux. Il est suffisamment rare d’avoir un film d’aventures pour ne pas bouder son plaisir.

Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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