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Joséphine Jobert nous parle de Meurtres au Paradis, de Foudre et de ses séries d’enfance

Monte-Carlo, juin 2022, Joséphine Jobert se prête à l’interview confession où elle parle séries, projets et ambition.

À 37 ans, Joséphine Jobert a déjà une grande carrière côté séries. On l’a connu dans Nos Années Pension en 2007, puis dans Foudre. C’est dans Meurtres au Paradis qu’elle a trouvé un rôle à sa mesure. Maintenant qu‘elle a goûté à l’acting, Joséphine Jobert va se poser pour définir sa nouvelle ligne directrice : produire. Entre deux questions séries, elle nous dévoile son nouveau plan de carrière.



Que retenez-vous de votre personnage de Florence Cassell dans Meurtres au Paradis ?

C’est vrai que Florence, on est assez similaire, elle pourrait être une très bonne amie à moi. Je pense que c’est une vraie personne. J’en garderai sa détermination et sa faculté à se relever à travers les épreuves. Elle a quand même perdu son fiancé qui a été tué par balle quelques jours avant le mariage. Elle a réussi quand même à en tirer du positif, à grandir, à revenir plus fort et à avancer. Donc ça, c’est un truc que je trouve admirable. Cette force-là que je garderai de ce personnage-là, au delà aussi de sa gentillesse, sa camaraderie et de son professionnalisme.

Joséphine JObert Florence Cassell dans Meurtres au Paradis

Qu’est-ce qui vous a encouragé à revenir (elle est partie en saison 8 pour revenir en saison 10) ?

C’est le producteur exécutif, que j’affectionne particulièrement, qui m’a appelé et qui m’a dit « Voilà, il faut que tu reviennes ». Je vous avoue que j’ai pris le temps d’y réfléchir. Je venais de partir. Les gens vont se demander « Mais qu’est ce qu’elle fait ? Elle part, elle revient ! » Et en fait, il m’a raconté un peu l’histoire qu’il voulait raconter à mon personnage. Et je trouvais qu’il y avait un truc justement qui n’était pas fini. Le fait qu’elle soit partie après avoir perdu son futur mari, on ne savait pas trop ce qu’elle était devenue. Ça pouvait être bien, même pour les fans, de finir de raconter l’histoire. Et du coup, j’ai beaucoup réfléchi. Je me suis dit allez, puis je peux rien refuser. C’est quelqu’un d’extraordinaire et c’est ce qui m’a motivé à revenir. Mais c’est avant tout aussi pour finir l’histoire de Florence.

« Jessica Alba a été une de mes idoles »

 

Quelle série regardez-vous honteusement ?

Alors ce n’est pas une fiction, mais c’est sur les gens qui sont très riches à Los Angeles : L‘Empire du Bling. Honteusement, oui, parce que c’est un peu une téléréalité. Des fois, ça me détend quand j’ai envie de penser à rien. 



Avez-vous une série d’enfance ?

Il y en a beaucoup. Il y a DawsonCharmed Dark Angel avec Jessica Alba a été un de mes premiers modèles féminins, de femme forte et j’ai toujours eu ce côté un peu guerrière. Moi, j’adore ça. Donc ça a vraiment été une de mes idoles de jeunesse. Donc vraiment, toutes ces séries-là, ça m’a bercé quand j’étais petite. 

 

« KD2A, c’était vraiment fait pour les jeunes. »


On vous parle plus souvent de Nos Années Pension ou de Foudre ?

Foudre. Même aujourd’hui, des gens de ma génération m’en parlent. Mais quand il y a des gens qui ont douze, quinze, seize ans qui m’en parlent, je fais le calcule, je n’arrive pas à comprendre. Et ils la regardent en replay.

Je m’en suis rendu compte que très tard, ça a été vraiment une série qui a marqué les jeunes. C’est une série culte qui a fait grandir et on m’en parle encore aujourd’hui tous les jours avec tellement d’amour que ça me touche énormément. Et c’est vrai que c’est une belle série pour les jeunes et ça manque aujourd’hui. KD2A (l’émission jeunesse de France 2) c’était vraiment fait pour les jeunes. Aujourd’hui, ils ont Netflix. Mais il y a moins d’innocence. C’était vraiment l’amour à l’état pur, l’amitié et le voyage, et ça leur a transmis des belles valeurs.



Dans les choix pour les futurs projets, qu’est-ce qui fait pencher la balance, l’originalité dans le rôle ou les valeurs du personnage ?

C’est un peu des deux en fait. C’est sûr qu’on n’a pas envie de recréer tout le temps les mêmes rôles. Il y a ce truc en France, un peu moins à l’international, mais particulièrement en France, et j’ai eu des retours de mes amis qui sont comédiens : quand on nous a vus dans un truc bien vu et qu’on joue les méchants, on nous castera en méchant, on va jouer les beaux gosses si on a joué les beaux gosses et c’est pas intéressant. Il faut avoir un panel de choses à interpréter ! Alors aussi, en tant que femme métisse, on nous propose rarement des rôles intéressants,. Moi, j’ai eu la chance malgré tout de toujours interpréter des femmes où mon métissage n’était pas le sujet du film, n’était pas un problème ou un critère social. Ce qui est assez rare ! Dans Nos Années Pension, elle était magrébine, mais ce n’était pas la problématique. Je n’ai pas envie de jouer des caricatures et de continuer à perpétuer cette vision qu’on peut avoir des minorités. Donc ça, c’est très important de varier les rôles et d’avoir des belles valeurs. Il y a beaucoup de gens qui nous suivent. J’ai eu beaucoup de retours sur Florence avec des personnes qui m’ont dit qu’elle a changé leur vie, qu’elle a donné l’envie d’être policière. Vraiment hyper touchant. Ça, c’est génial. 

 

Qu’est-ce qui vous fait pleurer et qu’est ce qui vous fait rire à la télé ?

Rire, je suis très difficile. Alors tout ce qui est standup, je suis très très difficile. Mais dans la vie, je suis vraiment bon public. Je suis un peu plus dur quand c’est de la fiction. L’humour potache, je décroche. Mais après, ça peut être rien. Juste un regard, une petite punchline qui est bien placée. C’est très aléatoire. La série qui s’appelle Afterlife est pince sans rire. C’est du génie, vraiment. Et voilà. Donc ce n’est pas du gros potache, mais c’est tellement juste, les personnages sont tellement bien définis que ça, ce genre de série me fait beaucoup rire.

Ce qui me fait pleurer, c’est quand un personnage qu’on aime disparaît ou quand animal meurt. Dans une série, il y a un chien qui meurt, on chiale tous (rires). C’est des choses auxquelles vous vous êtes attachés aussi. Beaucoup quand c’est la perte de quelqu’un qu’on aime. Ça me touche beaucoup parce que je me projette sur la douleur. Je n’ai jamais vécu. Mais ça, ça me touche énormément. This Is Us, j’avais commencé, mais je n’ai pas plus accroché que ça.

Quels sont les projets ?

Là, pour l’instant, il n’y a rien qui se profile. Je suis en transition. Je commence à avoir des possibilités, des propositions en Angleterre, aux États-Unis. Donc on commence à construire ça. Ça, c’est vraiment un rêve de gamine et maintenant, c’est un peu plus l’écriture. J’en profite pour écrire et c’est un bonheur. Je me suis découvert une nouvelle passion. Et j’écris avec ma maman, qui est une femme extraordinaire, et qui est dans le milieu depuis qu’elle a cinq ans. Elle est fan de Joséphine Baker d’où mon prénom d’ailleurs. Elle a été chanteuse, danseuse, comédienne. Son CV est incroyable, elle a chanté avec Jacques Brel, fait Starmania C’est elle qui m’a introduit à l’écriture, c’est elle qui a les idées de base et moi, quand elle me pitche une idée, j’ai le cerveau en folie. Écrire avec ma mère, c’est un bonheur incroyable et j’ai vraiment envie de faire ça. La production aussi m’intéresse beaucoup. Dès que je regarde quelque chose, je scrute tout, la lumière, les décors… On a une idée de court-métrage, de long, de série. On verra, mais je découvre le milieu de la production. Je vais me lancer dans une formation.

Il faut faire les choses sérieusement, il y a de l’argent en jeu. On fait du divertissement quand même. On aide des gens, tous les métiers du milieu, mais on ne sauve pas des vies. Quand les gens ont des paillettes dans les yeux vis à vis du showbiz, je leur dis que ce n’est pas la vie. C’est super de faire ce métier, on s’éclate. Il faut le faire, il faut serrer des mains, savoir se vendre, ce que j’apprends de plus en plus, mais il faut être entouré et être un peu plus terre-à-terre. Si je change ma façon de voir les choses, si je vrille, on me tire par les cheveux et on me le dit en face.

Je veux écrire pour moi aussi. Mais découvrir des talents est l’objectif. C’est gratifiant, même si je vais aider les amis, il faut être franc ! Travailler avec des gens nouveaux me passionne.

 

Et l’expérience musicale ? (Elle chantait dans Nos Années Pension)

Non, je sais chanter, mais je suis loin d’être chanteuse. J’ai réécouté les chansons de la série. Ce n’était pas si mal. C’est mignon, on a des voix de bébé (rires).

Mais non. Il faudrait que je travaille beaucoup. Même s’il y a une comédie musicale. Au début de ma carrière, j’ai tenté des castings pour des comédies musicales, mais je me suis vautrée. Il y a vraiment un niveau à atteindre. Ma mère en a écrit une, j’adorerais la produire. Le théâtre ne m’intéresse pas. La routine avec la même pièce, tous les jours, ne m’attire pas.


L’interview séries est disponible en podcast sur Serial Causeurs.

Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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