Il faut qu’on parle… de The Big Bang Theory
The Big Bang Theory, c’est douze saisons, et bientôt un troisième spin-off, intitulé Stuart Fails to Save the Universe (23 juillet), où, pour une fois, tout ne sera pas centré autour de Sheldon. Et c’est probablement la meilleure chose qui puisse arriver à cet univers.
ATTENTION : cet article contient des spoilers sur The Big Bang Theory et Young Sheldon. Lecture à vos risques et périls.
La fin de The Big Bang Theory… et le début du problème
Il y a maintenant six ans s’achevait The Big Bang Theory avec un ultime épisode finalement très représentatif de la série, de ses atouts comme de ses défauts : Sheldon et Amy reçoivent un prix Nobel, puis le gang se retrouve pour manger sur le canapé de l’appartement de Leonard.
La série s’arrête parce que Jim Parsons, l’interprète de Sheldon, en a assez de jouer ce personnage et veut passer à autre chose, notamment faire plus de cinéma (mauvais pari, sa carrière n’a jamais vraiment décollé sur grand écran). Sa décision surprend le reste du casting, qui ne savait rien de ses réflexions et qui s’attendait à faire au moins une saison 13. Johnny Galecki (Leonard) a depuis déclaré :
« Nous avons été pris au dépourvu ce jour-là. Pas nécessairement choqués par la décision de Jim, mais par le fait qu’il n’ait pas eu cette conversation avec ses coéquipiers pour nous préparer. Cela aurait pu être mieux géré. Nous sommes une famille, on peut avoir une conversation. »
On comprend leur frustration, surtout sachant que les producteurs, ne se voyant pas continuer sans Sheldon, décident d’arrêter la série.
On comprend aussi leur amertume quand on voit que la fin de The Big Bang Theory ne signifie pas la fin de l’aventure pour Sheldon : au moment où la série-mère s’arrête, en mai 2019, son spin-off Young Sheldon, qui raconte l’enfance du physicien, compte déjà deux saisons, produites et narrées par… Jim Parsons.
Young Sheldon durera finalement sept saisons. C’est beaucoup pour quelqu’un qui prétendait vouloir tourner la page. On a plutôt l’impression que Parsons, avec la complicité de CBS et du showrunner Chuck Lorre, préparait sa sortie en douce, sans trop se préoccuper de ses coéquipiers, pour mieux se concentrer sur un spin-off dans lequel il pouvait gagner davantage d’argent sans se fatiguer à jouer dedans.
Ajoutons qu’aucun des personnages historiques de la série-mère n’apparaît dans Young Sheldon, à l’exception de Sheldon lui-même, et d’Amy, tous deux visibles dans l’épisode final, où le premier achève ses mémoires sous les yeux de la seconde. On y apprend qu’ils ont eu deux enfants, dont un nommé Leonard, et que Penny est leur baby-sitter occasionnelle : une manière de convoquer pour la forme la nostalgie, et de vaguement rattraper le fait qu’on ne sache quasiment rien du destin des autres personnages à la fin de la série-mère. On apprend bien la grossesse de Penny, mais cela ne semble pas mériter qu’on s’y attarde : on se contente de jeter ce pavé dans la mare.
Enfin, Young Sheldon, dans un effet poupée russe, accouche d’un nouveau spin-off : Georgie and Mandy’s First Marriage, centré sur les tribulations de George, le grand frère de Sheldon. La série en est à deux saisons. Et si personne n’en parle, c’est parce qu’elle est effectivement oubliable, et qu’il n’existe aucune vache à lait éternelle. Pas même Sheldon Cooper.
The Big Bang Theory a-t-elle créé un monstre ?
Que nous apprend cette introduction ? D’abord, que le prochain spin-off Stuart Fails to Save the Universe représente une petite révolution : il ne sera enfin plus question uniquement de Sheldon. Il existe une possibilité qu’il apparaisse, puisque la série explorera des réalités parallèles, mais rien n’est moins sûr, Jim Parsons ne souhaitant pas reprendre son rôle pour le moment, contrairement à certaines interprètes historiques comme Kaley Cuoco (Penny) ou Mayim Bialik (Amy), qui savent ce qu’elles doivent à ce rôle fondateur dans leur notoriété.
Visiblement, Jim Parsons, à l’image de son personnage, préfère jouer en solo. The Big Bang Theory a-t-elle créé un monstre ? Un acteur grisé par le succès au point de balayer douze saisons de camaraderie, un peu comme Sheldon ne se privant pas de blesser ses amis en se prenant pour Dieu le Père ? Le débat est ouvert.
En attendant, on se réjouit de l’arrivée de cette réalité parallèle où tout ne tourne pas autour d’un physicien arrogant et égocentrique sous prétexte que c’est drôle. C’est précisément ce que Stuart Fails to Save the Universe devrait enfin proposer.
C’est quoi le problème avec Sheldon ?
Il ne s’agit pas ici de lister tous les épisodes – il y en a 279 – ce serait ennuyeux, et surtout inutile. Prenons quelques exemples.
Le 200e épisode
Le 200e épisode (saison 9) s’intitule significativement L’Anniversaire de Sheldon. On y trouve un caméo de l’ex‑Batman Adam West, le retour de Leslie Winkle juste pour une vanne, et un Sheldon qui fait son numéro avant que Penny ne le recadre et qu’il se retrouve au centre de l’attention, comme dans 90% des épisodes.
Pourquoi, pour un 200e épisode événementiel, la série ne met‑elle pas en valeur tout son casting, au lieu de se concentrer encore sur Sheldon comme unique ressort comique, produisant au final un épisode très similaire à beaucoup d’autres ? En comparaison, le 100e épisode, où Leonard décide de retenter sa chance avec Penny, est mille fois plus sincère, touchant, et représentatif de la série.
Le final
Même logique pour le final : Sheldon et Amy obtiennent un prix Nobel, au terme d’un épisode où, comme d’habitude, Sheldon se montre odieux, révélant notamment la grossesse de Penny et crachant au visage de ses amis en les accusant de gâcher sa gloire. À la fin, Amy s’énerve, Sheldon fait un discours émouvant sur la scène du Nobel pour expliquer qu’il n’est pas méchant, que c’est simplement sa façon d’aimer, et tout le monde est soudain heureux, comme d’habitude.
Ce final ressemble à des dizaines d’épisodes où Sheldon se comporte mal, puis s’excuse parce que Leonard, Amy, sa mère ou Penny lui crient dessus. On y apprend la grossesse de Penny… seulement pour en faire un ressort comique au service de Sheldon, sans que cela soit réellement exploré, alors que l’un des fils rouges de la saison 12 est la réflexion de Leonard et Penny sur la parentalité (l’un voulant des enfants quand l’autre n’en veut pas).
Pire : on nous dit que Penny est tombée enceinte un peu par accident, en revenant de soirée arrosée avec – tiens donc – Sheldon. Cette grossesse aurait mérité d’être un événement majeur, peut‑être même une saison supplémentaire. Au lieu de cela, elle est jetée de façon paresseuse au visage du spectateur, qui doit se débrouiller avec cette information.
On fait aussi apparaître les enfants d’Howard, alors qu’ils étaient jusque‑là invisibles, brisant ainsi l’hommage à feu Carol Ann Susi, interprète de la mère hors champ d’Howard. Et Raj… rien, comme d’habitude.
Sheldon, fonds de commerce épuisant
La série ne s’en cache pas : Sheldon est un fonds de commerce. L’épisode 13 de la saison 9 le montre bien : Sheldon se réjouit de ne plus être malade, tout le monde lui rappelle qu’il a été infect, et qu’il doit s’excuser. L’épisode 5 de la saison 12 le montre prêt à saboter la carrière d’Amy parce qu’il veut travailler avec elle sur la super‑asymétrie sans respecter ses limites, avant de, encore une fois, s’excuser.
Dans l’épisode suivant, Howard se déguise en Sheldon pour Halloween, puis Sheldon et Amy se déguisent en Howard et Bernadette, Amy se moquant de la petite taille et de la voix haut perchée de cette dernière. L’épisode se termine sur deux constats surréalistes :
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Sheldon n’est pas content, car après douze saisons de vexations, les autres personnages ne peuvent décidément pas se moquer de lui comme lui se moque d’eux.
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Amy attaque Bernadette sur son physique, mais c’est Sheldon qui vient voir Bernadette, non pour s’excuser, mais pour comparer les moqueries qu’ils ont subies à l’école.
Cette fin d’épisode n’a aucune logique, si ce n’est celle de replacer Sheldon au centre.
Et c’est pire : tous les personnages passent leur temps à se plaindre de lui, mais acceptent tout ce qu’il fait et se plient à ses désirs dans 99% des cas. Le professeur Proton demande à Leonard pourquoi ils s’infligent cela, et celui‑ci répond que son amitié est inconditionnelle. C’est très beau, mais sur douze saisons, la force de ce propos s’érode considérablement.
The Big Bang Theory est-elle une mauvaise série ?
Mauvaise, non. Il y a de nombreux moments drôles, et surtout des instants forts. Parmi eux :
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Les déclarations d’amour entre Raj et Howard au planétarium puis à l’aéroport dans la dernière saison.
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La relation Leonard–Penny, véritable fil rouge de la série, qui fonctionne toujours parce qu’elle représente la peur de tout gâcher chez des jeunes en insécurité émotionnelle.
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La mort de la mère d’Howard, la lettre de son père, la chanson qu’il compose pour Bernadette confinée : autant de moments extrêmement émouvants.
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Leonard qui pardonne à sa mère de n’avoir jamais été à la hauteur avant de la prendre dans ses bras : de loin le plus beau moment du final, devant le discours du Nobel de Sheldon.
On pourrait même dire que les plus beaux moments de la série sont ceux où Sheldon n’est pas là. Sauf peut‑être un : lorsqu’il quitte Pasadena car son monde change trop vite à son goût. La série aurait pu faire un choix fort en se passant de lui pendant quelques épisodes. Finalement, sa crise ne dure que le temps du hiatus entre deux saisons. Tout le paradoxe d’une série qui a misé presque exclusivement sur un personnage, et qui n’est jamais aussi bonne que lorsqu’il est dilué.
Le principal défaut de la série, c’est sa longueur. Elle est difficile à revoir. D’abord, parce que les mêmes vannes sont répétées jusqu’à l’épuisement : au bout du compte, ce n’est qu’une longue liste d’épisodes où « Sheldon fait n’importe quoi / se comporte mal / nous bassine avec ses TOC », avec de temps en temps un épisode censé nous faire croire qu’on s’intéresse encore aux autres (par exemple Raj qui couche avec une femme mariée). On ne rit plus qu’une fois sur cinq.
Ensuite, les rares tentatives de changement de direction sont vite avortées, mal gérées, et noyées dans des saisons de 24 épisodes dont une quinzaine tournent toujours autour de Sheldon.
Raj, l’oublié
Un personnage symbolise l’incapacité de la série à avancer : Raj. Jusqu’à la fin de la saison 6, il est incapable de parler aux femmes. Ensuite, plus rien de vraiment significatif jusqu’à la saison 10, où il refuse l’argent de ses parents, puis la saison 11, où il décide de ne plus… se coiffer.
Entretemps, il joue le benêt de service, trahit la confiance de son meilleur ami en apprenant le sexe de son enfant avant lui, et foire toutes ses relations amoureuses. La saison 12 lui donne une relation arrangée avec Anu, traitée par‑dessus la jambe : il annule son mariage, tente de renouer avec elle, puis on ne la voit presque plus jusqu’à son départ à Londres, que Raj décide de ne pas rejoindre.
À la fin de la série, Raj n’a pratiquement pas évolué. Il reste le sidekick plus ou moins utile, porteur de blagues sur les Indiens qui deviennent franchement gênantes. Il n’a aucune relation sérieuse aboutie, aucun accomplissement professionnel marquant, quand Sheldon, Leonard et Howard travaillent sur des projets importants, que Howard collabore avec Amy, ou que Sheldon et Amy décrochent un Nobel.
Finalement, ce qui fonctionne le mieux avec Raj, c’est sa relation ambiguë avec Howard, qui garde un peu de force malgré le mariage et la paternité de ce dernier.
Quand tous ses amis se marient, ont des enfants ou des prix, Raj termine The Big Bang Theory seul. La série en a conscience – Anu le lui dit en face – mais n’en fait rien. D’aucuns pourraient souligner que le seul personnage de couleur finit seul, quand tous ses amis blancs réussissent, ce qui en dit long sur la place que la série lui accordait…
Raj révèle à quel point les scénaristes ont délaissé certains personnages pour insister encore et toujours sur Sheldon. Et c’est aussi vrai pour les autres : à partir du mariage d’Howard et de son séjour dans l’espace, l’équilibre de la série bascule. Howard devient père et n’évolue quasiment plus ; Leonard se marie et voit sa dynamique avec Penny réduite à peau de chagrin ; la série se focalise sur Sheldon, son mariage, son Nobel, au prix de cinq saisons supplémentaires qui diluent ses camarades.
Trop de saisons, pas assez de prise de risque
Bien sûr, Sheldon connaît des évolutions émotionnelles : il rompt puis se remet avec Amy, emménage avec elle, l’épouse. Mais ces évolutions sont souvent annulées dès l’épisode suivant. Il refuse la proposition d’Amy dans un très beau moment où il admet sa vulnérabilité… avant de revenir vers elle quelques épisodes plus tard, sans transition.
Il n’est d’ailleurs pas meilleur mari que petit ami : il continue à ne pas respecter les limites d’Amy et des autres, Amy jouant souvent le SAV de ses horreurs, voire les validant.
La question se pose : une sitcom qui dure ne serait‑elle pas meilleure avec moins d’épisodes par saison, ou même moins de saisons, concentrée, à l’image de The Good Place ?
Les guest stars, les vrais sauveurs
Ce qui permet à la série de garder de l’intérêt, ce sont les acteurs invités et les seconds rôles.
Stuart, le futur héros
Le plus important, et celui qui hérite d’un spin-off, c’est Stuart. Son numéro de dépressif marginal perpétuel fonctionne parce qu’il n’est pas surexploité. Il revient de temps en temps, au point qu’au‑delà du rire, on finit par éprouver de la pitié pour lui.
Stuart incarne aussi un problème sociétal : la passion ne paie pas. Il a fait des études artistiques, ouvert un comic book shop indépendant, et peine à en vivre. Mais il s’accroche, persévère, et finit par être récompensé (un peu deus ex machina, mais très drôle) lorsque Neil Gaiman fait la promo de sa boutique, ce qui lui permet d’embaucher et de rencontrer Denise, sa petite amie.
Ironie du sort : alors que Raj se moquait de lui en déclarant « je suis parrain et toi tu n’es rien », Stuart finit casé, alors qu’il n’est pas un personnage principal, quand Raj termine seul.
Stuart est peut‑être le personnage le plus humain, le plus proche du spectateur : il a des problèmes de santé et d’argent, mais reste prêt à aider – la mère d’Howard, les enfants d’Howard qu’il babysitte, etc. Il ressemble à la bande des quatre (geek, maladroit socialement) mais est rejeté, parce que ces quatre‑là cherchent justement à s’extraire de cette condition qui fait pourtant leur charme.
Mais le gang sait ce qu’il lui doit : Raj l’héberge, Howard le sollicite pour sa mère, tous investissent dans son magasin pour le sauver après un incendie. Stuart fait preuve d’une grande auto‑dérision, ce qui le rapproche de Raj, Howard et Leonard, plus que de Sheldon. Sheldon est finalement le plus seul, tout en étant celui qui prend le plus la lumière.
Wil Wheaton et les autres
L’autre guest star majeur, au sens propre, c’est Wil Wheaton. Figure de Star Trek : The Next Generation et de Stand by Me, il joue dans The Big Bang Theory un type qui a un carnet d’adresses impressionnant, mais une carrière bancale. Recruté pour un film de série Z avec Penny, viré du projet, taquiné dans un podcast par Kevin Smith, Wheaton finit par décrocher le rôle du Professeur Proton, un personnage à contre‑emploi après la science‑fiction.
Présent dans 17 épisodes, il évolue mille fois plus que Raj : « némésis » de Sheldon, puis ami, acteur de film pourri, animateur de D&D, quasi maître de cérémonie du mariage de Sheldon avant de céder sa place à Mark Hamill. Cet arc fait écho à sa propre vie, qu’il raconte dans Just a Geek. Dans la série, il joue finalement Wil Wheaton, une version fictionnalisée de lui‑même : c’est l’une des plus belles trouvailles de The Big Bang Theory, qui accentue les regrets de ne pas avoir vu cette intelligence éditoriale davantage exploitée.
On pourrait aussi citer :
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Beverly, la mère de Leonard (Christine Baranski), psychiatre brillante mais catastrophique émotionnellement.
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Mary, la mère de Sheldon, caricature hilarante de la ménagère texane ultra religieuse.
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Barry Kripke, avec son accent forcé, ses obsessions crades et son plaisir à rabaisser le groupe.
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Leslie Winkle, parfait contrepoids de Sheldon, une des rares capables de le remettre à sa place – pourquoi si peu utilisée ?
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Bert, géologiste hilarant et mal aimé.
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Zack, l’ex beau gosse un peu neuneu de Penny.
Ces personnages secondaires sont le sel de la série, la rendent moins fade, plus tendre, et mettent les héros face à leurs failles (assurance, charisme, solitude, manque de reconnaissance…). Ils incarnent à la fois la grande capacité créatrice de la série et son incapacité à se mettre en danger, à ne pas dépendre quasi exclusivement d’un seul personnage ou des mêmes ressorts comiques.
Parce qu’une fois leurs apparitions passées, les saisons de The Big Bang Theory se ressemblent beaucoup, lentement vampirisées par la figure écrasante de Sheldon.
Et maintenant : Stuart Fails to Save the Universe
Prenons une autre sitcom longue, How I Met Your Mother : la promesse était de découvrir la mère des enfants de Ted, ce qui lui donnait logiquement plus de lumière, mais la série n’a jamais oublié le reste de la bande. Si elle aurait pu (ou dû) s’arrêter plus tôt, elle a conservé une ligne directrice claire et un univers solide autour.
Elle a surtout été assez intelligente pour ne pas lancer Young Barney ou Young Ted. How I Met Your Father, qui n’avait que le concept en commun, a d’ailleurs été annulée au bout de deux saisons.
Dans ce contexte, Stuart Fails to Save the Universe, le prochain spin-off de The Big Bang Theory, est ce qui peut arriver de mieux à cet univers : il va enfin le mettre en danger. Plus de Leonard, Raj, Howard, Sheldon ou leurs épouses, mais Barry, Bert, Stuart et sa petite amie Denise. Une nouvelle bande de quatre, suffisamment connue pour qu’on ait envie de la suivre, mais pas trop pour qu’il reste beaucoup à découvrir (par exemple : quel genre de petit ami est Stuart ?).
C’est une forme de revanche pour ces personnages qui avaient tant à apporter à la série-mère, mais qui ont été intégrés trop tard par rapport à la bande des cinq – sans oublier les juteux contrats à un million de dollars par épisode de Galecki, Cuoco et Parsons.
Les créateurs vont devoir faire face à leur propre capacité de création, étendre cet univers hors de la zone de confort occupée par la bande originelle, et répondre à une question pas si évidente : comment étoffer des personnages très secondaires mais appréciés, sans leur enlever ce qui fait leur charme ?
S’ils parviennent à résoudre cette équation, replonger dans l’univers The Big Bang Theory pourra redevenir un vrai plaisir.





