godzilla-vs-kong-critique
Actus Critiques de suites

Godzilla vs Kong : il manque quelque chose dans ce trop-plein (spoilers)

L’affrontement final (ou pas) aura donc bien lieu entre deux monstres du cinéma fantastique : Godzilla vs King Kong… mais sur nos propres écrans.

Godzilla vs Kong est effectivement disponible depuis le 22 avril sur toutes les plateformes de VOD. La sortie reposusée à cause du Covid avait empéché Warner d’en faire un succès cinéma. La sortie aux Etats-Unis et sa disponiblité sur les sites de téléchargements illégaux ont forcé Warner France à mettre le film en achat et location.

Cinq ans après l’affrontement entre Godzilla et King Ghidorah, Kong et Godzilla sont les derniers Titans actifs à la surface de la Terre et les héritiers d’une ancienne rivalité inter-espèces. Sur Skull Island, le climat a été déstabilisé – Monarch surveille Kong, qui réside dans un dôme géant. Kong reçoit la visite de Jia, la dernière fille Iwi et adoptive d’Ilene Andrews.

Si ce combat a déjà fait l’objet d’un film, c’était en 1962 dans le bien-nommé : King Kong contre Godzilla. Kong étant une création américaine et Godzilla une création japonaise, ce film était une co-production entre le Japon et les Etats-Unis.

Quatrième opus du MonsterVerse de Legendary Pictures, après Godzilla (2014), Kong: Skull Island (2017) et Godzilla 2 : Roi des monstres (2019). ce Godzilla vs. Kong est réalisé par Adam Wingard à qui on doit des petits films forts réussis comme You’re Next (2013) ou The Guest (2014) puis des films plus importants mais maoins réussis comme l’adaptation US de Death Note (2017) ou le reboot / remake de Blair Witch (2016).

godzilla vs kong

Grosse attente ?


Après un « beau » ratage avec Godzilla 2 et un très sympathique Skull Island, on attendait ce duel au sommet avec appréhension. Et nos craintes étaient fondées. On retrouve le même problème de gestion de Godzilla et le fun autour de Kong. Mais pas que.

Le film d’Adam Wingard semble être la suite d’un Kong 2 jamais vu. En effet, ce qui tourne autour du singe géant semble inapproprié, presque pas crédible quand on voit l’univers autour de Skull Island. Le principe de ces deux monstres est de nous proposer des monstres extraordinaires dans un monde ordinaire, alors que dans ce film, le scénariste Max Borenstein nous propose un monde extraordinaire pour ces monstres. On perd en crédibilité.

Les bandes-annonces annonçaient un combat dans sa plus simple expression entre Kong et Godzilla. Il n’en est rien, le métrage se concentre d’abord sur une idée un peu incongrue venue du personnage joué par Alexander Skarsgård. Ce scientifique est persuadé que la Terre est creuse et que Kong va pouvoir l’amener dans ce monde…
Pourquoi pas.

 

Film hybride (et spoilers)


On développe alors un univers beaucoup plus fantastique et SF ! On se retrouve avec des navettes propulsées à l’énergie infinie, la Terre Creuse est un monde oublié digne des films fantastiques américains des années 50.
Si on accepte ce postulat, on se retrouve alors devant un film plutôt esthétique et dense. Mieux, on intègre le méchant qui gravite autour de Godzilla. Mais ce postulat SF va alors cannibaliser le film.
On se retrouvera donc avec un film boursouflé qui nous apporte beaucoup de choses pour accoucher de rien. Adam Wingard nous en met plein la vue pour n’avoir aucune intention d’utiliser tout ce qu’on a vu depuis 1h30.

godzilla vs kong

La cerise sur le gâteau est ce troisième larron qui vient dans le combat : MechaGodzilla. Oui, l’idée est japonaise, le Godzilla version robot apparaît en 1974 dans le film Godzilla contre Mecanik Monster. Mais si ce robot géant fait partie intégrante du folklore Godzillesque japonais, en version américaine, on ressort avec une idée légèrement nanaresque. C’en est trop, le film passe alors du côté WTF pour, en plus, une idée qui ne fera pas long feu.

À l’image de Batman V. Superman, le combat dantesque n’a pas vraiment lieu dans Godzilla vs Kong. Godzilla n’est là qu’en caméo, et comme pour les deux précédents films, on ne sait pas trop comment gérer ce lézard. ContractuellementGodzilla ne doit exprimer aucune émotion (les détenteurs des droits de Godzilla, la Toho, a refusé que le film montre un monstre éprouvant des choses)  ce qui en fait un monstre qui ne peut être utile et pertinent qu’avec des humains gravitant autour. Et les humains, c’est le problème.

Des humains inutiles

Kyle Chandler et Millie Bobby Brown sont de retour sans avoir grand chose à faire. Kyle Chandler fait toujours sa tête de surpris (comme depuis Demain à la Une, au bout d’un moment, ça lasse.) et Millie Bobby Brown embarque deux sidekicks pour essayer d’étoffer l’histoire et infiltrer Apex, l’organisme anti-Monarch. Apex est derrière MechaGodzillla et la fameuse énergie trouvable uniquement… dans la Terre Creuse. Et là, on crie au génie sauf que le film paraît totalement vain.

godzilla vs kong

Il manque un Kong 2 pour nous faire passer la pilule de la Terre Creuse et ce concept d’énergie. Bien dommage de voir ce film perd sa crédibilité de scène en scène. Même si on en prend plein les yeux, il reste quand même dans la veine d’un Roi des Monstres où on ne sait plus vraiment ce qui motive les personnages, monstres y compris.

Le temps d’écran de Chandler et Brown se résume à quelques minutes pour lui et une bonne dizaine pour elles. Rien ne marche côté empathie et les moments d’émotions en fin de métrage ne marcheront pas. Il faut plutôt aller voir du côté des ajouts que sont Rebecca Hall et la petite Kaylee Hottle. Le duo fonctionne et la relation Jia (Hottle) / Kong apporte de l’humanité bienveillante.

Wingard est un bon artisan qui, au travers les 3 grandes scènes de combat, montre de réelles dispositions à gérer un gros budget. Celui qui proposera un film d’animation Cosmocats a de la ressource. Hong-Kong est le lieu de la grande bataille, avec ces tons fluo un poil baveux nous rappelant le premier Pacific Rim. Le climax n’atteint pas vraiment le niveau souhaité. En réalité, la frustration est presque présente en fin de métrage. 

On a apprécié le spectacle, on n’a pas été challengé côté histoire et implication et on veut un peu plus de quelque chose. De l’âme, peut-être ?

 

Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

Laisser un commentaire