American girls bring it on
Les Franchises au cinéma Z

Bring It On: Cheer or Die (2022) et la franchise American Girls

Alors qu’un nouvel American Girls débarque en version film d’horreur, la franchise laisse derrière elle 6 teen movies de qualité très inégale dont le tout premier, un classique du genre, avec Kristen Dunst et Eliza Dushku.

Il y a une époque pas si lointaine où les ados étaient au centre de films assez bas de gamme, coincés entre la comédie potache et la romance niaise. Certains titres sont restés et American Girls pourrait bien être l’un de ceux-là.

Si vous préférez la vidéo, cet article est disponible en images en cliquant ci-dessous

Bring It On / American Girls (2000)

American Girls Bring It OnDe son nom original Bring It On, American Girls arrive en 2000 au cinéma. Succès à sa sortie, le film gagne ses galons de classique du genre dans les vidéoclubs. Loin d’être un vulgaire teen movie sans âme, American Girls est une comédie assez ironique sur le monde des cheerleaders. Et si on y retrouve la toute jeune Kristen Dunst, auréolée du succès de Virgin Suicides l’année d’avant et Eliza Dushku, sortie de Buffy, il y a aussi un casting de têtes sympas à reconnaitre comme le jeune Jesse Bradford, qui ne fera pas une grande carrière mais qui sera entre autres dans le thriller teen Swimfan ou dans le rip-off de Retour vers le Futur, Top chronos.
Clare Kramer, également échappée de Buffy, Bianca Kajlich, qu’on retrouvera plus tard dans Boston Public et Dawson, et Gabrielle Union qui venait de jouer dans deux films quasi cultes Elle Est Trop Bien et 10 Bonnes Raisons de te Larguer, complètent le casting.

L’autre curiosité est que le réalisateur n’est autre que Peyton Reed, qui deviendra ultra-connu avec Ant-Man en 2015.  Après quelques réalisations en TV et American Girls, il réalisera trois comédies plutôt sympathiques, Bye Bye Love, La Rupture et Yes Man.

L’histoire d’American Girls est plutôt basique, rivalité entre clans, chamaillerie, romance, American Girls coche toutes les cases du teen movie classique. Mais il y a ce petit truc, cette douce ironie qui flotte et qui se moque du monde assez fermé des pom-pom girls. Alors évidemment, c’est avec le regard des années 90/2000. On se moque encore un peu de l’homosexualité et du rapport homme / femme. Cependant, ce ton qui flotte pendant 1h30 aide le film à devenir une comédie plutôt divertissante.

C’est assez osé côté blagues, ce n’est pas salace comme un American Pie mais ce genre d’humour tranche parfois avec le ton général du film grand public. Ils auraient pu faire beaucoup plus osé vu l’univers assez sexué dans lequel le film évolue. D’ailleurs, on ne peut que parler de la mise en scène de Peyton Reed. On ne peut pas dire qu’il n’aime pas filmer en contre plongée. Tout est fait pour mettre en avant le fessier des actrices ou mettre en perspective avantageuse la poitrine. 

American Girls Bring It On

Si, personnellement, je connais encore la chanson de début en VF par cœur, j’ai aussi le souvenir d’un film drôle, plein d’énergie et qui rate rarement ses moments de comédie. Ce qui sera loin d’être le cas des films suivants…

Devant le succès du film, des suites ont été faites. Bring It On a été suivi de 5 progénitures : Bring It On Again (2004), Bring It On: All or Nothing (2006), Bring It On: In It to Win It (2007), Bring It On: Fight to the Finish (2009) et Bring It On: Worldwide Cheersmack (2017). Le petit dernier, Bring It On: Cheer or Die (2022), vient tout juste d’être diffusé aux Etats-Unis sur SyFy.

Bring It On Again / American Girls 2 (2004)

American Girls Bring It OnMême concept, casting différent. On prend des inconnus pour ce film fait sans passion et sans efficacité. Il faut le dire, les numéros de danse sont carrés. Si on regrettera une redondance dans les figures dans les 6 films, il y a tout de même un savoir-faire indéniable qui rend les films agréables à regarder de ce point de vue à l’instar de la franchise des Step Up / Sexy Dance pour les numéros de danse.

Le casting fera dans le cheap, on remarquera juste Bethany Joy Lenz, qui venait de commencer Les Frères Scott, et Felicia Day, icône geek à venir pour son rôle dans Buffy, Dr. Horrible’s Sing-Along Blog et The Guild.

Le côté ridicule du cheerleading, pourtant respecté aux Etats-Unis, est mis en avant quand il s’agit de sortir des compétitions officielles. Il y a quand même un respect total de la discipline.

Ce second film est raté, ni drôle, ni particulièrement intéressant. On abandonne le côté spectaculaire de la compétition de pom-pom pour une romance adolescente plate.

American Girls 3 / Bring It On: All or Nothing (2006)

American Girls Bring It OnHayden Panettiere mène la danse dans cet opus meilleur que le précédent. La VF est plutôt sobre comparée à la VO, qui n’hésite pas à faire dans le graveleux.

C’est un peu plus drôle, ça joue beaucoup sur les rivalités, ça met le paquet sur le côté teen movie et la danse est un peu mise de côté pour revenir en fin d’histoire… avec en guest Rihanna ! On sent que Step Up sort la même année. La danse urbaine fait son apparition dans les chorés ! Au casting, on notera la présence de Solange Knowles, sœur de Beyoncé

On n’est toujours pas surpris par les rebondissements mais c’est déjà mieux que le précédent.

 

American Girls 4 : La Guerre des blondes / Bring It On: In It to Win It (2007)

American Girls Bring It OnAshley Benson en cheerleader, c’est déjà une bonne raison de regarder cet opus. C’est une histoire de rivalité on ne peut plus classique avec une petite romance filmée dans un parc Universal. On revient à des dialogues un peu crues et une VF qui fait ce qu’elle veut. Il y a beaucoup de danse… mais on s’ennuie. Les mêmes situations encore et encore font que cette troisième suite n’a pas grand intérêt.

Un an plus tard, Ashley Benson reprendra l’uniforme pour Fab Five: The Texas Cheerleader Scandal, un téléfilm tiré d’une histoire vraie.

 American Girls 5 : Que La meilleure gagne / Bring It On: Fight to the Finish (2009)

American Girls Bring It OnLa franchise sait que Step Up a cartonné avec déjà deux films en 2006 et 2008. On rend donc le film un peu plus urbain avec l’ajout des jeunes du ghetto ou de banlieues pauvres. Christina Milian est la vedette de cette suite qui joue à fond sur tous les clichés éculés des films sur les jeunes de banlieues.

La VF souligne encore plus ce constat. Attitude, langage, on nage en pleine caricature. Le film arrive cependant à gagner en intérêt par des intrigues un peu plus épaisses que la simple rivalité. Les personnages existent, évoluent et ne sont pas transparents.

 

American Girls 6 : Confrontation mondiale / Bring It On: Worldwide Cheersmack (2017)

American Girls Bring It On8 ans après le dernier film, American Girls tente une révolution avec une coupe franche et nette dans le ton. La comédie niaise n’est plus là, on est vraiment dans un film très inspirée par Step Up. On rajoute les réseaux sociaux, le harcèlement et Cristine Prosperi, auréolée du succès de Degrassi, tient le film à bout de bras.

Comme le précédent film, ce sixième opus essaye de construire plusieurs personnages avec chacun une progression palpable. Si ce n’est toujours pas exécuté avec une grande délicatesse, le film est aussi plombé par une mise en scène fainéante. Les numéros de danse deviennent lassants, nous ne sommes plus dans le cheerleading mais dans une vraie compétition de danse urbaine.

Tous les films s’ouvrent sur un cauchemar de la capitaine de l’équipe. Tous ? Non, le sixième, qui veut se démarquer de la recette toute faite, joue même sur ce gimmick avec une héroïne qui se croit dans un rêve.

Idem pour la fin, chaque film se termine sur une chanson avec le casting qui danse. On mise sur Rihanna ou Christina Milian, et même Ashley Tisdale. Encore une fois, le sixième film préfère faire autrement. Il faudra attendre 5 ans pour la franchise revienne. Fini le combo teen movie / romance / bluette et bonjour le slasher puisque Cheer or Die est un film d’horreur !

Bring It On: Cheer or Die (2022)

American Girls 7Le film est une catastrophe. La mise en scène, le montage et la lumière sont navrants, Rien ne sauve le film si ce n’est la dernière demi-heure qui, bizarrement, prend le tournant de la comédie et qui réussit un tout petit peu à nous faire naitre un poil d’intérêt. Le film semble fauché, amateur et n’a, finalement, rien à voir avec le reste de la franchise…

 

 

 

Influences et origines

Ce ne sera pas la première fois que des pom-pom girls sont au centre d’une histoire d’horreur puisqu’il y a eu  Jennifer’s Body en 2009, All Cheerleaders Die en 2013, le récent Tragedy Girls en 2019 et même Satan’s Cheerleaders en 1977 !

Bring It On n’a pas vraiment ouvert la voie aux films d’exploitation sur le thème du cheerleading. Il y a bien eu Garde Rapprochée en 2005, ou encore Fired Up! en 2009 sobrement appelé en France, Sea Sex & Fun

Sugar & Spice est produit quasi au même moment que le premier Bring It On. Nous y retrouvions Marla Sokoloff, Marley Shelton, Melissa George, Mena Suvari, Rachel Blanchard, Alexandra Holden et James Marsden dans une comédie noire au ton radicalement différent de Bring It On.

Le premier film a été parodié dans Not Another Teen Movie, plus connu en France sous le nom Sex Academy.

Parodie porno ? Comment un producteur pouvait passer à côté d’un détournement évident du fantasme de la cheerleader ? Nous avons donc Bring It on XXX Parody qui n’a pas du tout la tête d’une parodie évidente…

Par contre, côté comédie musicale, American Girls a eu droit à son adaptation, menée, tout de même, par Lin Manuel Miranda. Dans une histoire totalement originale,  Bring It On: The Musical date de 2011.

Avec 7 films aux fortunes diverses, une parodie légère, une X et une comédie musicale, Bring It On est plutôt une franchise qui se perd. Avec un concept de moins en moins pertinent, on ne retiendra pas grand chose…

 

 

Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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