X-Files propose son épisode comique écrit par Darin Morgan, le spécialiste historique du genre.

Pour les nouveaux qui viennent de débarquer, Darin Morgan est derrière des épisodes décalés comme Faux Frères Siamois et son jumeau monstrueux (saison 2) ou La Guerre des Coprophages et ses cafards (saison 3). Il a écrit Mulder and Scully Were the were-monster en saison 10 que beaucoup de critiques ont adoré mais qu’une tranche du public dont nous a trouvé un peu ridicule.

Cest donc avec The Lost Art of Forehead Sweat (l’art perdu de la sueur du front) que Darin Morgan récidive. Après deux bons loners, X-Files s’octroie une parenthèse décalée. Et… c’est… plutôt réussi !

Mulder rencontre Reggie, un agent du FBI qui semble ne plus exister. Pour prouver ses dires, il aligne des savoirs inconnus de Mulder, prouvant que la mémoire joue des tours à son entourage. Il se base sur l’effet Mandela. Cette théorie vient d’une discussion d’une personne qui s’est rendu compte que beaucoup de gens pensaient que Mandela était mort en prison dans les années 80 alors qu’il en est sorti et décédé en 2013. Ce genre de croyances se retrouve un peu partout. Une majorité pense que Dark Vador dit “Luke, je suis ton père”, il n’en est rien. Direction l’article de Smallthings sur cet effet Mandela.

Mulder connaît cette théorie et l’expose à Scully et Reggie. S’en suit un épisode qui tente de démontrer que la mémoire se construit différemment chez chacun. Le trio passe quasiment tout son temps dans un parking souterrain alors que Reggie expose quelques exemples à base de flashbacks de sa vie. Et si l’épisode est très prolixe, il est aussi assez découpé. Par conséquence, il y a à boire et à manger dans cet épisode. Certaines scènes sont des classiques instantanées alors que d’autres peinent à maintenir le rythme que l’épisode tente d’imposer. La somme des parties est donc supérieure à l’ensemble. l’épisode en lui-même est un tantinet brouillon, oscillant entre l’explicatif et le démonstratif. Si les dialogues sont plutôt bien sentis, ils font traîner en longueur des thématiques et quand Reggie commence à parler de lui, on décroche. Les flashbacks sont alors purement optionnels, ne soulignant simplement la force qu’ont les souvenirs à se créer des bases solides quand ils sont racontés et créent eux-même leur preuve d’existence dès lors qu’ils existent. The Lost Art of Forehead Sweat joue sur deux tableaux donc et installe un sentiment confus.

Mulder enfant, la scène de fin, l’introduction, le remix, toutes ces scènes sont réussies, elles ne s’inscrivent simplement pas assez fortement dans la narration. Le fait que Reggie dise qu’il était collègue de Mulder et Scully arrive bien trop tard et donne un coup de fouet à l’épisode. Mais quel plaisir de revoir ces extraits d’anciens épisodes contrefaits… Cette sensation d’épisode rafistolé avec quelques idées ternit un peu la qualité générale de l’épisode. L’intention est clairement bonne. Morgan étudie avec minutie le rapport que l’on a avec le monde et la société. Nous nous créons nous-mêmes nos conspirations, nos croyances. Si on ajoute à ça une approche intelligente de notre rapport avec la fiction tout simplement, l’épisode touche juste.

The Lost Art of Foreahed Sweat deviendra un classique contrairement à Mulder and Scully meet the Were-Monster qui reste, à cause de cette saison 11 réussie pour le moment, un épisode qui s’inscrit beaucoup trop dans un contexte spécial, celui de la saison 10 qui se voulait un hommage à une série qui vieillit. Ce 11×04 s’inscrit davantage dans une saison qui se veut un hommage à une série qui a conscience de son age et qui regarde vers son passé.