Le 18 novembre prochain, une flopée de films intéressant sort (Hunger Games, Les suffragettes, Crazy Amy, etc.). Et parmi eux, un petit indie maladroitement nommé This is not a love story. Mais que le titre ne vous rebute pas, il s’agit de bien plus qu’une romance à l’eau de rose adolescente.

A l’instar de Nos étoiles contraires, ou encore de Now Is Good, This is not a love story (Me and Earl and the Dying Girl en VO) adoucit la vie d’une adolescente atteinte de cancer qui va retrouver le sourire.

Il existe des histoires de vie qui nous permettent de grandir et qui impactent grandement notre vision des choses. Cela a été le cas avec Le monde de Charlie qui a reçu une excellente critique, et aussi avec Nos étoiles contraires dans une moindre mesure, mais ce sont des adaptations de romans pour jeunes adultes qui font parler d’eux. Adapté du roman de Jesse Andrews (qui s’occupe de la mise en script aussi) sorti en 2012, This is not a love story rentre définitivement dans les films initiatiques à regarder. L’apprentissage peut être rude, et faire face à la mort quand on est encore jeunes laisse des traces… et change des choses. A côté, il y a également l’évolution de ces jeunes, les études supérieures, les interrogations, forcément ça entraîne une introspection et même si la fiction se ressent, la sincérité n’en est que plus touchante.

©20thCenturyFox

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Comme un jeune Dawson Leary, Greg adore le cinéma. Avec son meilleur ami Earl, ils tournent des courts-métrages parodiques avec une touche artisanale qu’ils gardent secrets. Leur dernière année de lycée commence et sa mère va l’obliger à traîner avec une de ses copines d’enfance, Rachel, atteinte de leucémie. Les ennuis commencent… Tous les deux n’hésitent pas à s’insulter, avec des piques acerbes et violentes. Bien entendu, leur relation se transforme en une amitié et… Non, le film n’est pas hyper sentimental, même si malgré le titre, la romance fait partie intégrante de l’histoire. A vrai dire, le sarcasme frôle le too much par moment, mais il reflète bien ce désespoir de savoir que la fin est proche… Donc forcément, mécanisme d’auto-défense actif, et on n’arrête plus l’humour noir.
On retrouve également l’aspect teen-movie, avec les tables de la cantine pour les différentes cliques (petit clin d’œil à Lolita malgré moi) mises à jour en post 2010. Alfonso Gomez-Rejon est passé par la case télévision (Glee, American Horror Story) avant de réaliser un premier film d’horreur de seconde zone puis enfin This is not a love story. L’esthétique de la photographie de Chung-hoon Chung (un Coréen, plus habitué à des productions plus sombres comme Oldboy, Stoker, etc.) s’admire et sublime carrément l’ensemble en un tout plus créatif. Que ce soit dans les détails décoratifs, ou tout simplement dans les animations insérées ci et là, on le visionne comme une œuvre d’art.

©20thCenturyFox

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Puis le casting. Honnêtement. L’ironie pour Olivia Cooke que son personnage soit également touché d’une maladie ne passera pas inaperçu chez les spectateurs de Bates Motel. Elle s’éloigne de son genre d’horreur habituel pour donner une performance toute en subtilité et émotionnelle dans le rôle de Rachel. La peur de mourir, mais la fatalité certaine l’assombrissent sans pour autant écraser son naturel curieux et enthousiaste. Thomas Mann joue parfaitement cet ado dépressif et blasé. Bon, Projet X ne plaide pas en sa faveur, mais déjà dans d’autres films indépendants (et à plus gros budgets) il avait su montrer l’étendue de ses capacités. Le nouveau venu, RJ Cyler, le complète parfaitement.
Mention spéciale aux choix des parents. Molly Shannon, Nick Offerman, Connie Britton. Euh, ils peuvent m’adopter ? Autre pensée : le titre est une phrase que Greg dit au début du film. Impossible de ne pas relier à 500 jours ensemble où le narrateur dit plus ou moins la même chose « this is not a love story, it’s a story about love. »

(P.S. : Malgré son échec commercial cuisant aux Etats-Unis, je vous conseille vivement ce film.)