Le deuxième tome de Prince Captif, Le Guerrier, est sorti le même jour que L’esclave aux éditions Milady, soit le 29 mai dernier. L’auteure C.S. Pacat nous offre une suite très intéressante. Dans ce deuxième tome, Damen, toujours esclave de Laurent, va décider d’aider son ennemi juré pour tenter d’éviter une guerre qui pourrait dévaster son pays natal.

Écrire une suite n’est pas évident. Écrire une suite aussi géniale, c’est encore plus dur. Pourtant, C.S. Pacat réussit avec brio et nous emmène dans son monde imaginaire peuplé d’hommes redoutables.

prince-captif-t-2-pacatA la fin du premier tome de Prince Captif (critique ici), Damen avait réussi à convaincre Laurent qu’il lui serait utile en tant que guerrier pour l’aider à survivre aux machinations de son oncle. En effet, ce dernier veut récupérer le pouvoir et tente par tous les moyens de tuer l’héritier du trône. Laurent décide alors d’emmener Damen avec lui. C’est ici que commence ce deuxième volet.

Le Guerrier est un récit encore plus surprenant que L’esclave ! Si le premier tome de Prince Captif plantait le décor, la suite nous fait rentrer dans le vif du sujet. On réalise alors l’étendue de la perversité des hommes de Vère qui sourient en public, mais qui ne sont que complots et machinations politiques. Prince Captif est un roman totalement addictif qui bouleverse les certitudes du lecteur et varie les émotions en le faisant passer du rire au sentiment de révolte. Le Guerrier n’est pas un roman gentillet où les deux protagonistes vont se faire confiance et tomber amoureux : on en est loin ! Cette saga de fantasy n’a rien de banal, et distillera le doute en vous tout au long de l’histoire.

Il est impossible pour le lecteur d’imaginer ce qui se passe dans la tête de Laurent, puisqu’il n’est jamais narrateur. C.S. Pacat a décidé que ce roman serait uniquement le reflet des pensées de Damen et c’est tant mieux. Cela nous laisse dans le flou : quand le Prince Captif est surpris, nous le sommes tout autant.

Dans ce deuxième tome, l’action sera au rendez-vous avec des scènes de batailles franchement captivantes. Des secrets seront dévoilés, des tentatives d’assassinats échoueront…. ou pas, des personnages que l’on appréciait vont trahir leur prince et d’autres dont on avait peur vont nous surprendre. Avec Prince Captif, le lecteur ne sait pas où l’histoire va le mener et la fin sera encore plus dure à encaisser. C.S. Pacat nous laisse dans un suspense incroyable : on imagine encore et encore la suite dans notre tête en attendant la sortie du troisième volet.

Seul bémol de cette saga : ce que pourraient ressentir les très grands fans de fantasy. Comme je le disais tout à l’heure, Prince Captif ne ressemble à aucun autre livre et les lecteurs de pure fantasy ne s’y retrouveront peut-être pas. De même, certaines scènes à caractère sexuel peuvent paraître choquantes pour ceux qui ne sont pas prêts à entrer dans l’univers de C.S. Pacat et du royaume qu’elle a imaginé. Ces moments sont toutefois assez rares, mais utiles pour comprendre les sentiments des différents personnages, d’autant plus s’ils sont trahis par la suite…

En résumé, Le Guerrier, deuxième tome du Prince Captif, est un très bon roman qui ne pourra que plaire aux fans du premier tome. Stratégies, machinations, actions et trahisons rythment ce livre et nous rendent totalement accros.

« Orlant jeta son épée au sol, s’éloigna de deux pas vers l’un des spectateurs, et sortit de son fourreau trente pouces d’acier poli. Sans préambule, il pivota et frappa, orientant cette épée vers le cou de Damen à une vitesse mortelle.
Il n’eut pas le temps de réfléchir. Pas le temps de se demander si Orlant avait l’intention de retenir son coup, ou s’il désirait vraiment trancher Damen en deux. […]

Plus rapide que l’arme, Damen se déplaça, se mettant à portée d’Orlant. La seconde suivante, le dos d’Orlant heurtait la poussière, son souffle quittait brusquement ses poumons, et Damen tenait la pointe de son épée contre sa gorge. […]

Laurent était venu au champ d’entraînement et se tenait non loin de là, près de la tente d’armurerie, à les observer. […]

– Tu es meilleur que moi.

Damen ne put s’empêcher de lâcher un soupir amusé, ni de balayer lentement Laurent du regard, de la tête aux pieds et des pieds à la tête, ce qui était sans doute un peu insultant. »