Les films de danse très connus se comptent sur les doigts d’une main : Flashdance, Footloose, Dirty Dancing, que des films plus connus pour leurs chansons et leurs danses que pour leur qualité véritable. Sexy Dance en est déjà à son 5ème film, récit d’une franchise discrète.

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En 2004, Honey avec Jessica Alba arrive à engranger plusieurs dizaines de millions de dollars au box-office. Mieux, Shall We Dance, avec Jennifer Lopez et Richard Gere, reste dans une incroyable stabilité au box-office la même année. Il n’en fallait pas plus pour essayer de relancer le genre oublié depuis les années 80.
Le premier Step Up sort en France sous le nom Sexy Dance, jugé plus vendeur. Le film met en avant Channing Tatum bien avant qu’il ne devienne une star. Danseur, adepte d’arts martiaux, Tatum bluffe tout le monde et rencontre sa future femme, Jenna Dewan sur le tournage. Le film n’a rien d’original mais est la parfaite mise à jour du genre. Avec le hip-hop, les nouvelles technologies de prise de vue et le talent de plus en plus fou des danseurs, le film parvient à faire le travail sous la caméra de l’ancienne chorégraphe Anne Fletcher. Sans avoir un scénario des plus travaillés (histoire d’amour, thématiques d’appartenance à un groupe, d’acceptation, de challenge), Sexy Dance parvient à faire son trou au box-office. Sa sortie en avril 2006 engrange 20 millions de dollars en trois jours. Un score qui lui permet de faire partie des meilleurs performeurs du genre.

 

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Rapidement, une suite est mise en chantier. La production est bon marché et le public est au rendez-vous, pourquoi se priver de quelques millions de dollars ?. Les ventes DVD font quasi jeu égal avec le box-office, il n’en faut pas plus pour lancer une nouvelle franchise. Entre temps, Stomp The Yard fait un score similaire et le genre explose. Moins de deux ans après le premier, Step Up 2 sort sur nos écrans. Tatum ne fait plus qu’une apparition et on lance des acteurs méconnus. Le film est plus audacieux dans ses chorégraphies, plus impressionnant et révèle la jeune et pétillante Briana Evigan qui ne fera pas plus carrière après ce film mais qui sera « celle qui jouait dans Sexy Dance 2 ».  Toujours dans le rayon révélation, celle du petit Moose joué par Adam Sevani qui crève l’écran par son talent de danseur. La franchise de Buena Vista décolle.

Jon Chu (futur réalisateur de G.I. Joe 2) s’occupe du film et parvient à rendre le tout rythmé. Les scènes sont d’une beauté à couper le souffle tant par la danse que par les angles choisis. La scène sous la pluie reste fort bien maîtrisée.

Les critiques restent assassines, le film reste dans l’archétype de la comédie romantique et n’offre rien de moins qu’un scénario bateau prétexte à des scènes de danse époustouflantes. Le film fera moins que le premier niveau box-office à quelques dollars près mais commence à mieux s’exporter. Toujours bénéficiaire, la franchise continue alors son chemin et un Sexy Dance 3 D pointe son nez.

 

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Lier 3D et danse est finalement assez logique et pourtant ce ne sera donc que pour ce troisième film que le procédé sera mis en place. On oublie encore les personnages principaux du film précédent mais on garde le jeune Moose et ses partenairess. Le film garde son schéma de comédie romantique mais on passe la vitesse supérieure avec une 3D qui devra rendre justice aux talents des performances. Sexy Dance 3 sort moins de deux ans encore après le précédent. Le film gagne en maîtrise mais toujours pas en histoire. On notera un fantastique plan-séquence hommage aux plus grands films musicaux comme Chantons sous la pluie. Au box-office US, les gens se lassent et le démarrage est pénible. Hors USA, la réception est meilleure et le film fait encore mieux que le précédent.

Misant à peine 30 millions de dollars et en récupérer plus de 100 est une bonne affaire. Un Sexy Dance 4 intitulé Step-Up Revolution, réglé comme une horloge, débarque deux ans plus tard. Toujours en 3D, la franchise est désormais récupérée par Lionsgate/Summit. Pour cet opus, on s’oriente vers le phénomène des flash-mobs, parfait concept pour renouveler la franchise. Sous la caméra de Scott Speer (clipeur), le film peine à retranscrire au mieux ce phénomène mais reste encore une belle bande démo. Les scores US de ce « Revolution » sont faiblards et à l’international, le film fait un poil moins que le précédent. La franchise s’essouffle ? Le film a tout de même rapporté 140 millions de dollars ce qui est toujours plus que le tout premier opus.

 

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Ce mois-ci Step Up All-In arrive sur nos écrans. Tentant peut-être le tout pour le tout, la bande de Moose encadre encore un nouveau couple et ils débarquent tous à Vegas. Aucune révolution non plus dans l’histoire et dans la mise en scène. On retrouve Brianna Evigan pour un come-back mais aussi le précédent héros du 4è opus. On mélange le tout et ce Sexy Dance 5 semble peiner à convaincre. Le démarrage US est pénible et confirme la pente décroissante de la franchise aux USA. Attendons le score à l’internationale pour savoir si la franchise peut aller jusqu’au numéro 6 !

Sans véritable fil rouge, la franchise propose à chaque film une mise à jour du film précédent sans toute fois proposer un vrai suivi. Les histoires restent assez bateau et les chorégraphiques de plus en plus impressionnantes ne parviennent pas à combler ce vide scénaristique. Le public n’est pas dupe et a vite compris le potentiel limité et répétitif de l’idée.

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