Dragonsbanniere

Film au bouche-à-oreille énorme, Dragons est arrivé sur nos écrans en 2010. Plus de 2 millions de spectateurs en France et 500 millions de dollars dans le monde plus tard, Dragons se retrouve en tête des films Dreamworks et se balade une sacrée réputation.

Dragons commence comme un film à l’univers assez dur (les Vikings) et avec un personnage central tête à claques (Harold) déjà bien mal mené dans les premières secondes. Mais petit à petit, on se retrouve devant un film qui a un vrai propos et qui dès les premières images est splendide. La première scène, de nuit, éclairée par le feu, est d’une beauté confondante. En quelques instants, les tenants et aboutissants sont installés, on comprend que Harold est le fils d’un chef qui attend beaucoup plus de son rejeton dans un monde assez violent et mouvementé.
Dragons ne propose pas de morale tout établie, exposée jusqu’à la moelle. Non, Dragons englobe beaucoup de choses et propose un récit initiatique d’une force rarement égalée. Harold souhaite capturer un dragon et se retrouve à s’occuper d’une Furie Nocturne, dragon quasi-fantomatique et redouté. En plusieurs étapes, et par un scénario très habile, Harold va peu à peu apprivoiser ce dragon qu’il nomme Krokmou (Toothless en VO). Entouré par une bande de jeunes vikings qui est prête à en découdre avec des dragons, Harold prend le contre-courant du mode de vie viking et devient un pacifiste. Il ne combat plus les dragons dans l’arène, mais les apprivoise. Pas à pas, il gagne la confiance de son peuple, mais reste celui qui doit mener à bien le combat contre ces créatures.

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©Dreamworks



Dragons parvient à proposer dès les premiers instants des enjeux, des dialogues et des scènes loin du postulat habituel des films d’animation, on nage en pleine histoire mature avec des thèmes majeurs traités adroitement. Les personnages sont estropiés, abimés par les combats et restent bornés à cultiver les us et coutumes des Vikings. Dans une scène où Harold se croit obligé de tuer Krokmou pour prouver à son village qu’il a de l’avenir, on ressent comme une sensation bizarre de se retrouver dans un film qui ne se retrouve plus avec l’identité « film d’animation » mais bien un film qui propose d’abord une histoire et ne se cache plus derrière une mise en scène « pour enfants ». Les termes sont crus, on parle d’arracher le cœur, de couper des têtes, Dragons gagne en densité de scènes en scènes.

Le principal reproche vient finalement de son principal attrait : la relation entre Krokmou et Harold. En effet, il est dommage de voir que cette relation s’est tissée avec une rapidité exemplaire quand on aurait pu voir avec plaisir se prendre au jeu de l’amitié qui se crée petit à petit avec quelques tensions et enjeux. On passe sans suspens à un jeune enfant qui veut faire bon impression à un chevaucheur de dragon. Quelques minutes de plus (le film ne fait qu’une 1h35) n’auraient pas été du luxe. Cela ne retire en rien la qualité et la beauté de ces personnages et de leur complicité. Krokmou, estropié lui aussi est d’une grâce, d’un humour et d’une prestance que l’on ne retrouvera que rarement chez un animal.

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©Dreamworks



Dragons est riche dans ses enseignements et aligne les thématiques : lien filial, lien animal, confiance, amitié, objectif de vie, personnalité, sentiment face à la violence ou à la mort. On ne ressort pas rincé par une morale lisse. À la fin du fim, vous comprendrez aisément jusqu’où va Dean DeBlois (réalisateur de Lilo et Stitch, autre film réussi sur le lien entre animal et humain) pour tisser ces liens exposés plus tôt. Le scénario va crescendo et le combat final impressionnant de maitrise enchaine les morceaux de bravoure.
Porté par une musique magistrale de John Powell, par une mise en scène qui rivalise avec les plus grands films live, par un humour bienvenu et par des scènes de vol d’une rare poésie et par des personnages bien écrits, Dragons reste une réussite que Dreamworks ne compte pas laisser tomber. Dragons 2 et 3 étaient annoncés il y a une paire d’année et on comprend aisément que l’univers n’a proposé qu’une partie infime de ses possibilités.

 

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