The Kings of Summer n’a rien à voir avec cette chanson de Roméo et Juliette je vous rassure. Ce premier film de Jordan Vogt-Roberts qui a officié pour Funny or Die ou la série Death Valley change totalement de registre avec cette chronique adolescente au bout goût d’indé.

kings of summer

©CBS Films

Joe et Patrick vivent au crochet de leurs parents un peu trop envahissants ou à côté de la plaque. Ils décident de fuir et de construire une maison au milieu de la forêt.

Qui n’a pas rêvé de construire une cabane dans les bois ? C’est ce que réalisent Patrick et Joe accompagné de Biaggio, sorte de mix entre Sheldon Cooper et Michael Cera pour passer l’été tranquille. Fuyant le foyer familial, les deux amis construisent un véritable refuge et refont le monde à leur manière. Pendant une bonne heure, on se demande si Kings Of Summer conte le passage à l’âge adulte, incompréhension des parents, le désir de vivre ou tout simplement une bluette adolescente. On se questionne dans ce sens, car on ne sait pas trop où le film part. Après vingt minutes assez étranges où les situations nous échappent, les deux compères construisent leur cabane et vivent comme ils peuvent. Dès lors, nous sommes devant une petite chronique simpliste du désir d’indépendance. Un triangle amoureux va doucement faire glisser le film vers une base connue et ne tentera pas de rebondir dessus, le scénario va alors se baliser et perdre un peu de sa portée.

kings of summer

©CBS Films

Les personnages sont très bien campés notamment par Nick Robinson qui, avec sa petite moustache, gagne quelque chose de fascinant. Mi-ado, mi-adulte, Robinson joue un Joe parfaitement dans le ton. Mention spéciale aussi à Biaggio qui est la caution comique du film et qui, par quelques phrases et situations bien senties, saura vous décrocher un franc sourire ! Nick Offerman, que l’on a pu voir dans Les Miller, cet été, joue un formidable père de famille quand Megan Mullaly (Parks And Recreation) qui avait déjà coulé Breaking In, est toujours et encore insupportable. Alison Brie (Community) n’a que peu de temps de présence à l’écran mais sa bouille fait plaisir à voir.

Les images de Vogt-Roberts sont puissantes, très belles et le réalisateur use des ralentis d’une beauté fulgurante pour montrer le retour à la nature, là où, comme le dit le film, l’absence de règles définit la façon de vivre et non l’inverse. La caméra semble ne jamais dépasser une certaine hauteur, comme pour ressentir ce sentiment de domination des jeunes sur leurs conditions. Le script nous fait comprendre judicieusement que le monde parental est incompréhensible pour les ados à travers des scènes décalées, qui sonnent bizarrement. Plus les parents vont ressentir l’absence de leurs enfants, plus les scènes seront moins abstraites et commenceront doucement à redéfinir les rapports entre les personnages.

Site Officiel

Le film se détache par quelques scènes au ton décalé comme cette scène où Biaggio regarde à travers un miroir sans tain. Par quelques petites touches, Vogt-Roberts arrive à transformer Kings Of Summer en film à l’originalité certaine. Le script reste toutefois en surface et ne va pas trop dans la psychologie, à analyser les choix de vie. Par manque d’audace ou de profondeur, Kings Of Summer n’arrive pas à la hauteur d’un Mean Creek ou d’un Stand By Me mais reste une belle bouffée d’air frais et rappelle à tous les ados enfouis en nous, qu’une cabane dans les bois, c’est foutrement génial !

tumblr_mwuk6dqLDf1r194szo1_500