Troisième saison que les naufragés de Wrecked sont bloqués au milieu de nulle part. En saison 3, les voici coincés sur une île où la chasse à l’humain est le passe-temps favori.

Encore une fois, Wrecked a rempli le contrat: faire rire et divertir. En 10 épisodes, Wrecked a maintenu le cap et a fait honneur à son statut de comédie drôle que vous ne regardez pas. Elle prend même le relais de The Last Man On Earth dans la catégorie comédie conceptuelle.

Cette saison, après avoir échappé à l’île où un chasseur de primes les avait pris en chasse en allant sur un bateau, ils échouent sur une plage remplie de mines. Il s’avère que l’île est un immense terrain de jeu pour un millionnaire excentrique qui aime chasser le touriste. C’est donc un grand Hunger Game qui est organisé. Mais avant d’en venir à ce gros morceau, nous avons une sorte de pastiche du début de saison 3 de Lost.
Comme souvent dans la série, elle n’hésite pas à ressortir la série de Lindelof et Cuse comme référence plus ou moins avouée. On retrouve donc nos personnages dans des cages à attendre leur sort.

Cette saison se divise en trois parties avec la première sur la rencontre entre le millionnaire et nos naufragés, la seconde est plutôt un huis clos dans les cages avec des épisodes qui remplissent très bien leur fonction de… remplissage. Par exemple, le groupe doit choisir leur dernier repas et ils mettent tout un épisode à en débattre! La dernière partie est sur cette chasse et cette résolution.

Encore une fois, ce ne sont pas les individualités qui ressortent mais plutôt les singularités. Il n’y a aucun personnage plus drôle ou important qu’un autre. C’est avant tout le dosage précis de chacun dans l’intrigue qui donne tout son sens et son plaisir à la série. Todd, Pack ou Florence ont leur moment de gloire tout comme Owen ou Karen. Ils se complètent avec une grande facilité. Tous plus fous les uns que les autres, on s’amuse avec eux et aucun moment de drame ne pourra briser cette tendance. C’est même flagrant de voir que toute scène un peu tendue est tout de suite tuée par une vanne ou un comic relief de qualité. Rien n’est pris au sérieux jusqu’à la mort de certains.

L’humour se trouve aussi dans l’auto-critique et la parodie puisqu’à la fin d’un épisode, les personnages, qui suivent sur écran les mésaventures des naufragés, sont en plein suspens et se permettent de hurler au cliffhanger. Il n’y a pas plus méta puisqu’on se trouve en fin d’épisode. Autre scène qui prouve l’auto-dérision avec un des chasseurs qui cherchent un surnom aux naufragés. Quand vient le tour de Todd, il lui dit qu’il a bien une tête de mec bien lourd… et lui donne le surnom de… Todd !

Wrecked avait une saison 1 très constante en qualité. La saison 2 avait brillamment trouvé un rythme de croisière (avec la partie sur le bateau justement, hilarante) après des débuts ronflants. La saison 3 nous a fait peur avec une petite frayeur de voir la saison déclinée au fur et à mesure. IL n’en n’est rien, elle a su rebondir et se renouveler à chaque épisode. On apprécie vraiment ce groupe de faux héros. Avec des audiences un peu en dessous de la moyenne de l’an dernier et un dernier épisode encore moins regardé, il est difficile de parier sur l’avenir de la série. Une saison 4 est quasi indispensable, on sent les auteurs inspirés à chaque instant et la fin du dernier épisode peut offrir encore de belles choses.