Critiques de films

La Vie domestique, ou les Desperate Housewives françaises

La Vie domestique est inspiré du roman de Rachel Cusk, Arlington Park. Isabelle Czajka l’a adapté avec dans les rôle principaux Emmanuelle Devos, Julie Ferrier, Natacha Régnier et Héléna Noguerra. Elles sont 4, elles sont voisines, elles sont mères au foyer, et un brin désespéré ; ça vous rappelle quelque chose ?

Juliette et son mari vivent dans un joli quartier résidentiel de banlieue.

Lui est proviseur au lycée Jean-Jaurès. Elle était professeur, suite à un doctorat et de plusieurs années à l’étranger, et cherche maintenant du travail dans l’édition. Elle anime aussi un atelier de littérature dans un foyer de jeunes filles en difficulté. Mais surtout, elle s’occupe de ses enfants, Joseph et Pauline. En les emmenant à l’école un matin, elle croise Betty, avec qui elle est allée au lycée à l’époque. Les deux sont surprises de se retrouver. Betty pensait que Juliette était partie à l’étranger définitivement. Mais non, elle est là. Et bien là. Pourtant, elle sait que cette vie ne lui convient pas, et c’est la raison pour laquelle elle s’accroche à ces occasions de travail dans l’édition. Malheureusement, elle a beaucoup de mal à adapter son planning aux entretiens. Juliette et Betty décident de renouer le contact sur à cette rencontre fortuite. Du coup, elles ont beaucoup de choses à partager… !

La Vie domestique / ©Ad Vitam
La Vie domestique / ©Ad Vitam

La vie domestique retrace heure par heure une journée de Juliette, Betty, Marie-Anne et Inès, quatre mamans au foyer dans ce quartier résidentiel. Chacune à leur manière, elles se sentent emprisonnées dans ce quotidien qui les stresse et leur pèse. Elles ont beau aimer leurs enfants et tenir à leur foyer, on sent qu’elles perdent pied et auraient bien besoin de faire une pause. Songeraient-elles sérieusement à fuir ?

Le dîner un peu forcé entre voisins, histoire de continuer à voir du monde malgré tout. Il n’y a plus de temps pour rien. Les discussions sont devenues convenues. Seul compte le repas que l’on va servir, avoir assez de vin, le bon dessert…

« C’est délicieux, Juliette. Simple, mais délicieux. » – l’un des maris à Juliette, le soir du dîner entre voisins

Alors que ces femmes au foyer vaquent à leurs occupations, la police recherche Savanna, une fillette de deux ans qui a disparu. Les annonces d' »alerte enlèvement » passent sans cesse à la radio, ponctuant la journée de Juliette, Betty, Marie-Anne et Inès. La police sillonne le quartier. Cela s’est passé tout près de leurs foyers. Tandis que la nuit tombe, le jardin d’enfant, la forêt, les allées entre les arbres, sont plongés dans l’obscurité. L’ambiance est pesante, quelque chose semble menacer.

La Vie domestique / ©Ad Vitam
La Vie domestique / ©Ad Vitam

L’atmosphère du film est lourde. Le ryhtme est lent. Les scènes reflètent les étapes de leur vie quotidienne : les enfants, les repas, l’école, les tâches ménagères… Mais aussi l’incompréhension qui s’est installée entre elles et leurs maris, la solitude, les doutes, rapidement oubliés face à l’urgence concrète du quotidien.


La Vie domestique – la bande annonce

Claire

Rédactrice / Responsable de la section "Livres"

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