On a terminé

The Beauty (Disney+) : quand la perfection devient une enquête troublante

Adaptée d’un comic book, The Beauty s’inscrit dans la lignée des séries qui interrogent notre obsession contemporaine pour l’apparence. Ryan Murphy propose une suite illégitime à Nip/Tuck, son autre oeuvre terriblement provocante sur la quête de la perfection.

Entre thriller, science-fiction et satire sociale, la série intrigue dès ses premiers épisodes, portée par un casting solide et une ambiance mystérieuse savamment entretenue. Mais si son concept séduit, sa conclusion frustrante laisse un goût amer.

Une adaptation ambitieuse d’un comic book fascinant

À l’origine, The Beauty est un comic book signé Jeremy Haun et Jason A. Hurley, qui explore une idée aussi simple que glaçante : et si une maladie sexuellement transmissible rendait les gens irrésistiblement beaux ? La série reprend ce postulat avec fidélité tout en y ajoutant une dimension plus dramatique et feuilletonnante.

Bien que le projet ait été développé avant la sortie du film The Substance, difficile de ne pas y voir une proximité thématique. Les deux œuvres partagent une même obsession : celle d’un produit miracle qui promet la beauté, mais dont les conséquences dépassent rapidement le simple cadre esthétique. On sent que cette idée flottait déjà dans l’air du temps, comme une réponse aux dérives de notre société de l’image.

La série démarre fort avec une série de phénomènes inquiétants liés à cette mystérieuse “beauty”. Rapidement, deux agents du FBI (Evan Peters et Rebecca Hall) sont dépêchés pour comprendre ce qui se cache derrière ces transformations troublantes.

Ce choix narratif fonctionne particulièrement bien : le spectateur découvre l’univers en même temps que les personnages, sans longueur d’avance. Le mystère reste opaque, presque frustrant parfois, mais c’est précisément ce qui fait le sel de la série. On avance à tâtons, entre fascination et inquiétude.

La dynamique entre les deux agents est d’ailleurs l’un des points forts. Leurs interactions apportent un équilibre entre tension dramatique et moments plus humains, rendant l’enquête d’autant plus immersive. Car, oui, ils se fréquentent… Et ça crée un peu d’attachement.

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Un casting solide… malgré quelques choix étonnants. Ashton Kutcher attire forcément l’attention, mais son rôle interroge : le voir incarner un personnage censé être plus jeune alors qu’il approche de la cinquantaine crée un léger décalage. Certes.

Une écriture entre satire et excentricité

L’écriture de The Beauty n’est pas sans rappeler certains univers télévisuels contemporains, notamment celui de Ryan Murphy. On retrouve cette tendance à créer des personnages excentriques, parfois borderline, qui flirtent avec la caricature tout en restant attachants (mais on ne sait toujorus pas si on doit aimer le personnage d’Anthony Ramos). 

La série multiplie également les flashbacks pour contextualiser l’apparition de la “beauty” et ses conséquences sur la société. Si ce procédé permet d’enrichir l’univers, il peut parfois casser le rythme, donnant une impression de narration un peu éclatée.

Au fil des épisodes, The Beauty gagne en ambition. Les enjeux deviennent plus vastes, les ramifications de l’intrigue s’étendent, et la série tente d’explorer des thématiques toujours plus larges : pouvoir, manipulation, identité. Ce dernier thème est d’ailleurs très intéressant, surtout quand on propose un personnage trans qui utilise le produit.

disney plus - The Beauty (Disney+) : quand la perfection devient une enquête troublante The Beauty est disponible sur Disney

Mais cette montée en puissance finit par jouer contre elle. Dans sa dernière ligne droite, la série semble perdre le fil, multipliant les pistes sans toujours les conclure. L’intrigue part dans plusieurs directions, au risque de diluer son propos initial.

Un cliffhanger frustrant qui laisse en suspens

Le point le plus critiqué reste sans doute sa conclusion. La saison se termine sur un cliffhanger abrupt, presque brutal, qui appelle clairement une suite. Problème : aucune saison 2 n’est encore confirmée. Ce choix narratif, qui peut fonctionner dans une série bien installée, devient ici frustrant, voire “honteux” pour certains spectateurs. Il donne l’impression d’un récit inachevé, comme suspendu dans le vide. Murphy nous a fait le même coup pour Grotesquerie. On connait la suite : il n’y en a pas eu, justement.

Une série imparfaite mais intrigante

Malgré ses défauts, The Beauty reste une proposition intéressante. Son concept fort, son ambiance mystérieuse et son casting solide en font une série qui mérite le détour, ne serait-ce que pour son regard critique sur notre rapport à la beauté.  On pense à Nip/Tuck, à X-Files et à The Substance, un beau mix.

The Beauty est disponible sur Disney+.

Tom Witwicky

Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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