La comédie de Justin Spitzer vient de terminer sa saison 3 et sera encore là l’année prochaine. Retour sur une saison encore très bien maitrisée.

A l’image de The Office ou Parks and Rec, il semblerait que Superstore monte en puissance de saison en saison. Après une saison 1 efficace et légère, la saison 2 a pris les devants en imposant ses personnages et son univers. La saison 3 renforce ses thématiques et devient de plus en plus mordante.

C’est clair, on n’a jamais autant ri que devant cette saison. Chaque personnage trouve désormais sa place et les gimmicks fonctionnent parfaitement sans tomber (encore) dans des routines. Ces automatismes donnent de l’épaisseur aux situations et permet d’ouvrir la série à des sujets plus denses. Une workplace se doit d’aborder les discussions un peu moins drôles pour s’en moquer. Cette année, le sexisme ou les prises de positions ont été très adroitement abordés pour pointer du doigt les dérives des débats. En quelques mots, souvent dans un brouhaha de discussions, ils abordent, concluent et détournent des sujets qui nourrissent les médias.

L’épisode sur l’allaitement en public a donné lieu à un épisode assez pertinent sur la façon dont une mésentente prend des proportions énormes et ridicules. Superstore a réussi à tirer parti de son contexte pour améliorer sa force de frappe. Des épisodes comme Angels and Mermaids sont à mourir de rire dans la façon d’aborder les visions de chacun, l’espace de travail partagé et comment les conflits prennent vie. La vie en communauté est très pertinente aut ravail surtout en supermarché. Des personnages comme Sandra ou Justine en prennent plein la figure, on rit d’elles plus qu’avec elles rappelant les employés de Dunder Mifflin comme Phillys ou Stanley. Et on imagine très bien la série prendre du galon et développer ses personnages pour en faire des valeurs sûres. Marcus a, à ce titre, sorti le grand jeu !

Cette saison met évidemment l’accent sur la grossesse de Dina et sur la relation entre Kelly / Jonah / Amy. Dina ne perd pas son mordant et offre encore de grands moments de gêne. lauren Ash habite son personnage avec une énergie affolante. On craignait que le finale de la saison 2 avec le baiser entre Amy et Jonah ouvre les vannes d’un Will they / Won’t they assommant. Mais à l’instar d’un Jim / Pam de The Office, la relation se trouve semée d’embûches. Le traitement est différent tout de même avec une vraie volonté d’offrir une certaine véracité des sentiments et des situations moins soapesques qu’une série pourrait offrir. La série prend son temps, ne grille pas ses cartouches et c’est d’ailleurs en ça que la saison 3 perd un poil de tenue. Le dernier quart de la saison est moins efficace, misant sur des discussions de comptoir et oubliant d’offrir du gag. Et ce qui doit arriver arriva avec un dernier épisode peu surprenant.

Ce qui manque à la série est la volonté de quitter l’espace de travail. Une workplace comedy doit pouvoir fonctionner en dehors de ses murs. Les personnages bien écrits doivent tenir un épisode sans cette base de décor. The Office l’a très bien fait. Cela permet d’aérer un peu l’univers et de se permettre quelques libertés au niveau des relations. Ce genre de série n’est pas exempt de routine.

Avec des événements personnels plus présents que d’habitude (la grossesse d’America Ferrara a été intégrée à la série), Superstore continue de grandir et de devenir une comédie dense. Il faut désormais jouer sur le formidable casting et sortir de ses rangs pour que la saison 4 consacre une série encore méconnue.