Spartacus : House of Ashur (Starz), un retour sang pour sang gagnant ?
House of Ashur a terminé son run de 10 épisodes avec son lot de trahisons, de sang et de nudité. Mais était-ce une pâle copie ? Un upgrade woke ? Critique avec spoilers.
Comme dit précédemment, House of Ashur se permet le luxe de ne quasiment rien changer à l’ambiance de la série originale. Donc si vous n’avez jamais été attiré par la série mère, il est fort possible que House of Ashur vous procure un intérêt proche du néant.
House of Ashur, série utile ?
Quand Spartacus s’est achevée, son esthétique avait pris un sérieux coup de vieux puisque Game of Thrones commençait à s’imposer. Les grands moyens écrasaient une production « maison » qui sentait bon le facile, le fond vert à outrance et les effets tape à l’oeil.
Mais on peut aimer les deux façons de faire. Et Ashur passe donc après des années de production value à la HBO. Limite culotté de proposer un univers aussi proche, House of Ashur assume totalement un retour à un esprit très « fast and fun ». On est devant un spectacle, un peplum post-2000.
En y regardant de plus près, il n’y a que les combats qui sont suresthétiques. Et sont-ils ratés ? Non, la violence frontale, conjuguée avec des ralentis toujours bien sentis, font de cette série une proposition vraiment intéressante.
Ce n’est pas audacieux, mais c’est jouissif. Et au final, est-ce qu’on est en face d’une bonne série ?
Des personnages intéressants ou des facades ?
Oui. Les personnages gagnent de plus en plus d’épaisseur, la sympathie, l’empathie et l’antipathie s’installent. Et même des gueules s’installent. On le sait, les corps parfaits constituent les critères les plus importants du casting. Et on ne va pas dire que c’est dépassé. On aime aussi le beau, que ce soit côté gladiateurs ou servantes, on ne recule devant aucun sacrifice. Pénis, poitrine, fessier, les actrices et acteurs donnent d’eux-mêmes. Oui, certains se plaignent que la nudité frontale des hommes n’est plus aussi véridique, laissant la place à des prothèses un peu voyantes. Les gueules, elles, c’est du côté des méchants avec la mise en avant d’un trio de personnes de petites tailles qui sont bien moquées tout le long de la série. Et ça marche.
Côté violence, outre les combats, il y a des mises à mort très stylées, émasculation, tête coupée, écartèlement… on ne recule devant rien également. La main déchirée d’Achillia fera même plus de mal que la mâchoire éclatée d’une gladiatrice.
À ce titre, les femmes ont la part belle. Oui, on peut se dire que la série tente de se rallier un public plus féminin avec la mise en avant d’une gladiatrice. Mais Achillia a existé comme l’attestent certaines sculptures antiques. Maintenant, était-elle noire ? Là, on laisse le débat à ceux qui veulent en faire un débat, justement.
Ashur partait avec un capital sympathie proche du zéro. Ce patron de ludus a enchaîné les déconvenues concernant sa stature. Et un peu d’empathie a été décelé. Au final, on le voit être mis sur la touche et avoir un intérêt amoureux avec Viridia, ce qui le rend plus humain. Sa relation avec César est au cœur de l’intrigue et la série ose encore bousculer l’Histoire puisqu’il mourra sous les coups d’Ashur, et non ceux de Brutus. Comme quoi, Ashur se permet pas mal de choses qui ne sont pas du tout gênants. Ce n’est pas une série historique, elle réécrit ce qu’elle veut. Et en ces temps de séries sans surprises, on aime !
Côté gladiateurs, peu de mis en avant d’un effet de groupe. Seuls Celadus et son fils, Tarchon, ont un semblant d’intrigue, mais ça reste maigre. Leur relation sera d’ailleurs cliché et se soldera par la mort, évidente et attendue, du père. Les autres gladiateurs n’existent pas du tout.
Au final, la série House of Ashur prend de plus en plus de plaisir à installer ses personnages et finit en beauté. Tout était solide et divertissant. Les salauds sont des salauds, certains ont un peu de cœur, mais tout finit dans le sang quoiqu’il se passe. Le contrat est donc pleinement rempli. La série peut aisément continuer.




Je l’attendais avec une impatience folle (je suis auto proclamée comme la plus grande fan de la série Spartacus…) et j’ai toujours pas osé la commencer parce que j’avais peur d’être déçue. De ce que je lis ici – merci parce que t’es le premier à en parler ! – y a moyen que ça me plaise beaucoup… Je me la garde pour le moment où j’aurais besoin d’un binge qui fait du bien ! Mais merci d’avoir levé mes doutes !