Critiques de livres

Library Wars T12 : un tome sans relief

Library Wars est un manga dessiné par Kiiro Yumi, tiré d’une histoire écrite par Hiro Arikawa. Le tome 12, Love and War, est sorti en septembre chez Glénat. Ne connaissant rien de ce manga, j’ai donc pris ce tome en cours de route, dans le but de vérifier si l’histoire était toujours bonne. Un bon stratagème pour tester la pertinence du scénario, et s’il tient la route depuis le tome 1. Et bien ce fut une déception. Explications.

Dans une ère futuriste fictive, l’armée censure totalement les livres afin de préserver la société.

Les bibliothèques se sont donc fédérées pour créer leur unité d’élite pour sauvegarder les écrivains persécutés, les cacher, et leur sauver la vie. Nous suivons donc Iku, jeune fille membre de cette unité, qui est en pleins préparatifs pour un rendez-vous galant avec Dojo, son instructeur. Or, elle n’est pas sûre de ses sentiments envers elle, et se fait des « films » tout au long du manga. Et il ne se passe pas grand chose d’autre que ces tribulations niaises de l’héroïne, complète caricature du manga pour filles, et qui passe son temps à rougir, à faire des grands yeux, à avoir des cœurs partout parce qu’elle est amoureuuuuuuuse. Beaucoup de clichés, et c’est franchement dommage.

library-wars-t-12Une chose qui m’échappe complètement : pourquoi l’auteur de Library Wars est-il passé à côté de son propos dans ce tome ? A savoir la sauvegarde des livres ? Pourquoi en parle-t-il si peu, et surtout, pourquoi cela passe-t-il au second plan, largement caché par les pensées sentimentales à la noix d’Iku (dont on se fiche complètement d’ailleurs) ? Ça aurait été bien plus intéressant d’en parler et d’approfondir le sujet, vraiment

Quand je lis Library Wars, je m’attends à ce que l’histoire dénonce la censure sauvage de la société, qu’on montre des écrivains et/ou des intellectuels qu’on maltraite, qu’on exile, qu’on emprisonne, ou bien qui subissent des autodafés. Des références très nobles auraient pu être faites, comme sur Voltaire, Ray Bradbury avec Fahrenheit ou encore, sur 1984 de George Orwell. La censure de la Seconde Guerre Mondiale aurait pu être évoquée. Cela aurait pu être une mis en abyme, vu qu’il s’agit d’un livre « à propos des livres ». C’est en effet même possible dans un manga. En effet, Ghost in  the Shell faisait référence à de grands philosophes, comme Nietszche. Ici, tout est d’une superficialité ahurissante, comme si l’importance de la littérature ne servait que comme d’un prétexte dérisoire à une histoire sentimentale des plus stupides. Parce que même cette histoire est ratée. L’héroïne est insupportable : aucune personnalité propre, aucun courage, rien. Sauf à courir après Dojo. Super. Magnifique exemple à suivre pour toutes les jeunes filles qui auront ce manga en mains.

Ce tome de Library Wars passe à côté de son sujet… C’est tout le contraire d’un Babysitters (critiqué par ici) : sous des aspects mignons, des sujets graves au sujet de l’abandon ou de la perte de repères étaient évoqués, le tout alors que le ton demeurait juste. Library Wars tenait pourtant un bon sujet. La censure continue de faire des ravages dans le monde, pourquoi ne pas davantage s’en inspirer ? Dommage.

Rebecca

Juste une Otaku qui a chopé le virus de la Japanimation et qui ne guérira jamais ! Egalement incurable en ce qui concerne le cinéma, les blockbusters, les comics et la littérature

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