Hope de Na Hong-jin
Critiques de films Par Tom Witwicky 28 octobre 2026
Hope de Na Hong-jin

Hope de Na Hong-jin : deux films en un

Cannes a ses habitués, et Na Hong-jin en fait partie. Alors quand il propose, Hope, un film d’invasion extraterrestre, on est curieux.

Après The Chaser, The Murderer et The Strangers, tous présentés à Cannes, Na Hong-jin propose Hope, un film de 2H37 sur une attaque de créatures.

Hope Harbor, un petit village perdu en Corée, est devenu un paysage de désolation. Quelque chose laisse derrière elle cadavres et destruction.
Ko Beom-seok , chef de la police, aurait préféré rester sur cette affaire de cadavre de vache laissé sur la route. Mais d’où vient cette violence ? D’une créature de plus de 3 mètres qui s’en prend aux habitants.

On aurait pensé que Cannes était plutôt orienté film d’auteur. Ça peut l’être avec Hope. Mais le genre est clairement celui que la Croisette ne privilégie pas : un film de monstre.

Hope de Na Hong-jin

Hope est d’abord, et surtout, une traque d’une créature. Quand on saura qu’elle est d’un autre monde, le film se transforme en invasion. Dans ce village qui semble avoir peu de l’espionnage (à coup de messages de propagaande), il ne faut pas longtemps pour éviter d’en faire un gage d’appréciation. Le contexte géopolitique n’a que peu de poids dans l’appréciation de ce film, c’est plutôt son origine qui ouvre la discussion.
Les films coréens entrent de plain-pied dans leur sujet et celui-ci ne fait pas bande à part.
Pendant la première heure, le rythme ne faiblit pas, la traque est vive, violente et intrigante. On traverse la ville et ses dégâts avec une maestria jouissive.
Si on est plutôt amusé du look de la créature, on reste scotché par sa virulence.

Mais cette heure passée, le film prend un virage nouveau. L’histoire se transforme peu à peu en histoire bancale d’invasion alien à la direction artistique douteuse. On tombe dans une série B sans âme et sans rythme.

Il reste un dernier morceau de bravoure dans la dernière demi-heure, mais le mal est fait. Le film est plus un honnête divertissement qu’un film d’auteur devenu leçon de cinéma.

Hope de Na Hong-jin

Pire, les effets spéciaux sont très moyens, renforçant cette idée de film de SF sans éclat.

Et comme souvent dans les films Coréens, les changements brutaux de tons sont légion. Les dialogues passent du coq à l’âne avec aisance, ponctués, comme souvent aussi, par une discussion scatologique. Ça fait rire les Coréens.

Hope a 1 heure 30 réussie. Ce qui est pas mal, mais quand le film fait 2h37, on peut se dire qu’il n’a pas les épaules pour être la « claque » que les affiches vont cracher au visage des passants. Que voulez-vous, apparemment, quand ça vient de Corée et de Cannes, c’est plus intelligent qu’un film américain.

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