Everything Sucks ne fait aucun bruit depuis sa sortie. La série de Netflix ne marque pas les esprits pour plusieurs raisons.

Malgré un fort capital sympathie jouant sur une nostalgie des années 90, un casting plutôt bon et une histoire universelle, Everything Sucks ne réitère pas l’exploit de Stranger Things.
Les raisons sont simples. Cette histoire d’ados du lycée de Boring (Ennuyeux en anglais) peine à installer ses histoires et prend beaucoup trop son temps. Préférant se focaliser sur deux personnages, la série ne survit pas au test de la longueur et se retrouve emprisonnée dans un point de vue qui ne dépasse pas l’anecdotique.

Kate et Luke forment un beau duo et leur histoire sort du lot. A remettre dans le contexte des 90s, c’est même plutôt original ! Seulement, les personnages secondaires ont aussi du caractère si ce n’est plus et ils ne survivent pas au rouleau compresseur Luke / Kate qui cannibalise le temps d’écran. Il faut attendre l’épisode 7 (sur 10) pour que ce beau monde se décide à agir en groupe, en série chorale. Les enjeux sont multipliés, les intrigues émergent et la série éclot enfin de quelques scènes pétillantes à l’image de la toute fin de Stranger Things saison 2. Ça reste gentillet et ne va pas plus loin que son propos. Contrairement à Stranger Things qui pouvait raconter une histoire plus grande que son intention, Everything Sucks reste plan plan et ne raconte que de simples histoires d’ado sans vraiment brosser des thèmes forts. Pourtant, le potentiel est là, le drama ne pointe que rarement son nez et tout semble extrêmement trop facile pour les personnages. L’intrigue autour de Kate reste d’une justesse encore maladroite mais clairement passionnante.

Les plus complexes sont les parents qui, dans une série qui traite des 90s, semblent intemporels. L’absence de technologie poussée donne un cachet aux histoires ados. Côté adultes, il y a une absence d’empathie flagrante. Il faut pousser et forcer les choses (dans le scénario et dans le visionnage) pour trouver quelque chose qui tienne la route.

Les personnages deviennent enfin des personnes dans le dernier tiers de la saison et c’est déjà trop tard pour qu’on puisse juger positivement cette première mouture. Everything Sucks n’a pas l’aura de ces séries qui s’imposent par leurs personnages ou leur histoire. La série reste très anecdotique, on n’est pas pris dedans comme pouvait-on être dans Stranger Things. A se focaliser sur deux personnages, on perd tout le sel d’un teen show. A réserver aux plus jeunes.