Cupertino (CBS) : un bon procédural avec du cran
Cupertino est la nouvelle série des King, les auteurs derrière The Good Wife ou encore notre bien-aimée Evil.
Peu client des séries judiciaires, j’ai tenté l’aventure Cupertino pour plusieurs raisons. La première est que Michelle et Robert King m’ont bluffé avec Evil. Le ton, les idées, les gimmicks, ils savaient utiliser le médium sériel pour proposer un univers agréable, riche et prenant.
La seconde raison était que, pour une fois, les critiques ont su me parler. Ils ont souvent cité Evil comme influence majeure de la série. Alors pourquoi pas tenter ?
Cupertino récupère Mike Colter, le père David de la série Evil. Il a, avec lui, Rachel Keller, échappée de Legion, série de super-héros que pas mal de monde a oubliée. Les deux sont de nouveaux licenciés d’une grosse entreprise de la Silicon Valley. Avec l’IA qui grandit dans les sphères industrielles de l’Amérique, les problèmes inhérents à cette technologie se développent également.
Les deux nouveaux compères créent leur cabinet d’avocats, voulant faire tomber les pontes de la Valley.
On sait l’appétence des King pour les nouvelles technologies. Avec Evil, ils ont voulu démontrer les dangers de l’utilisation et de l’addiction. Que ce soit réseaux sociaux ou intelligence artificielle, Evil mettait en garde sur beaucoup de points. Pourtant, c’est souvent avec une manière de faire un peu maladroite qu’ils le faisaient. À l’écran, montrer la technologie était fait de manière un peu abrupte, avec un réalisme loin d’être parfait.
C’est là qu’on devait attendre Cupertino. Savoir rendre pertinent un monde qu’on côtoye à travers nos écrans. Rendre perceptibles les dangers d’une technologie menée par des richards était un défi en soi.
Cupertino réussit à faire deux choses importantes pour moi : créer un univers avec des codes, des gimmicks, et proposer des affaires intéressantes.
On passe de l’utilisation de voix par de l’IA à des drones incontrôlables. On passe aussi d’un univers très codifié de l’entreprise à un cabinet en pleine construction. Le hall de l’accueil de ce nouveau cabinet cache un étage vide de meubles et de cloisons. C’est assez ludique de voir les trucs et astuces pour faire croire que ce cabinet est déjà bien en place. Ça joue sur un certain ton comique. D’ailleurs, la musique joue la même partition que dans Evil avec une sorte de décalage entre l’absurde de la situation et le sérieux de quotidien.
On sort enfin de la routine de la vie d’un cabinet. On propose enfin un peu d’originalité, c’est comme ça qu’on commence à voir notre intérêt grandir, notre curiosité s’ouvrir.
Côté personnages, les Michael et Olivia sont déjà bien définis dans ce premier épisode. On retrouve, chez Olivia, une jeune Kristen Bouchard. Elle vit dans un appartement près d’une route très bruyante, rappelant la maison près de la voie ferrée de Evil. Michael est plutôt monolithique, c’est davantage sa relation avec son père, avocat de célébrités, qui va le définir. D’un côté, un personnage humain, de l’autre un personnage qui le semble moins. L’épisode 2 renverse la tendance avec un Michael plus humain et une Olivia qui tente de prouver qu’elle est une bonne avocate.
Autour d’eux, les personnages secondaires commencent aussi à offrir de la fraîcheur. La secrétaire un peu décalée fait toujours du bien, et les ajouts comme Nik Dodani (Atypical) et Busy Philipps (Cougar Town) complètent une brochette de personnages assez hétéroclites.
Après deux épisodes, ce petit cabinet commence à devenir bien plaisant. Les King semblent savoir ce qui nous plaît dans les séries : les petites choses identifiables. Cupertino a de quoi offrir une série plaisante à suivre, que ce soit côté enquête de la semaine ou côté feuilletonnant.
L’épisode 1 se conclut par un cliffhanger qui donne envie d’aller plus loin. Qui est ce grand client de la saison ? On frôle le crédible, et c’est ça qui est vraiment cool : l’excitation du « et si ».
Cupertino n’a aucun diffuseur en France pour le moment. Elle est diffusée sur CBS puis Paramount+.


