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Brice 3 : pourquoi je me suis pas cassé (100% Spoiler)

Jean Dujardin est devenu une star internationale depuis The Artist. Mais parfois les stars ont besoin de revenir à leur racines pour rigoler un peu. Et comme Hazanavicius n’est pas près de nous refaire un OSS 117, c’est tout naturellement que notre Jean national (il est à NOUS !) revient à ses premières amours, Brice de Nice. Et du coup forcément le film s’appelle Brice 3.

ATTENTION : DES SPOILERS SONT PRESENTS DANS CET ARTICLE . ÉVITE DE TE CASSER TOUT SEUL. SI T’AS PAS VU LE FILM… BAH CASSE TOI. BRICE 3 LES BRONZÉS 3 CAMPING 3 LES VISITEURS 3

OMAGAD MALÉDICTION DES TRILOGIES DE LA HONTE DU TROISIÈME VOLET. Oui, sans blague je suis sûr que cette vanne là fait un peu partie du troll. Mais la vraie raison au titre (parce que non, il n’y a pas eu de Brice 2, personne n’aurait pu passer à côté de cette annonce planétaire) c’est que c’est Brice 3 parce qu’il a cassé le 2. Qui ça il ? Mais Brice bien sur ! Notre imbécile national, notre enfant de 3 ans dans un corps de 33 (44 du coup maintenant si t’as suivi, même si c’est plus compliqué que ça dans le film mais on va y venir tkt), bref notre surfeur tout en jaune vêtu et vivu (oui il vit de jaune quoi, fais pas le malin, il se brosse même les dents avec ses cheveux jaunes alors que pourtant les mêmes dents sont blanches, merci l’incohérence du personnage bouh). Brice a donc cassé le 2 et il revient pour une nouvelle aventure pleine de débilité presque artistique. Et mon Dieu ça fait du bien.

On ose pas tellement la comédie de débilos en France. Généralement, on a soit la comédie un peu de mœurs bien pensantes a la Dany Boon (les films un peu sympas comme bienvenue chez les chtis où on fait semblant de se moquer des gens pour ensuite prôner l’amour universel – pas trop quand même dans le Nord hein, oh j’tai cassé), soit la comédie carrément nauséabonde où on se fout de tout le monde sous couvert d’humour (les ringardos bleus marines de Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu). Sinon récemment on a eu la comédie aux apparences familiales qui en profite pour faire passer des messages un peu ignobles aux enfants (Aladin le misogyne et homophobe), l’adaptation de BD nationales qui marche souvent moyen parce que le public flaire le piège (pourtant c’était presque sympa les Profs), et quelques bijoux de films un peu cyniques comme Papa ou Maman, ou d’auteurs comme Galienne ou Dupieux. Voilà, la comédie française est diversifiée alors venez pas pleurer. Même si, si vous avez bien suivi, 3/5 est à jeter. OUAIS 3/5, moi je laisse les gens rire devant Dany Boon parce qu’on a besoin de gentillesse. Brice 3, c’est presque un cas à part, aussi parce que peu d’acteurs comiques en France arrivent à la cheville de Jean Dujardin, qui restera dans la légende à coup sûr. 

Brice 3
« Bon il nous en parle quand, du film ? »

Donc à part Éric et Ramzy, on fait pas de comédie de débilos en France. C’est donc un plaisir de retrouver notre Brice qui a bien vieilli parce que *Oh, t’es lourd avec ça, ça fait que 10 ans hein* OUAIS BAH LAISSE MOI FINIR. Bon. Il a bien vieilli parce qu’il est maintenant un vieil homme qui raconte à des enfants des histoires. Notre vieux Brice ment beaucoup aux enfants, qui ne sont pas dupes une seconde. Il leur raconte même une histoire de ski, où sur la montagne il skie si vite qu’il parvient à se doubler lui même et que donc il voit son double. Sauf que les enfants sont de moins en moins crédules avec le temps, c’est la magie de 2016, et que donc forcément ils ne croient pas Brice. Ce dernier va donc leur raconter une histoire, et jure qu’elle est vraie. On a donc un bon flash back d’1h20 à suivre, avec un Brice à 40 ans qui continue sa vie tranquille, gagnant de quoi subsister auprès de touristes auxquels il enseigne son art de la casse, touristes qu’il croie ses admirateurs mais qui évidemment l’appellent « cheveux de pisse » et se foutent de sa gueule dans leur langue natale (BANDE DE LÂCHES). Brice 3 commence comme le premier, mais à l’inverse, parce que le surfeur n’a plus une thune.

Très vite, les choses se gâtent. Parce que, comme c’est une suite de film français, on peut pas simplement faire avoir des aventures a Brice sur le terrain natal il faut forcément qu’il voyage (en vrai je critique mais ça marche bien dans ce film là). Donc le deus ex machina arrive : Brice reçoit une bouteille venant de la mer, où Mariusse son copain du premier film lui explique avec moult fautes d’orthographe qu’il a besoin de lui. Sauf qu’évidemment, Brice est encore un gros con, alors il va pas le sauver parce qu’il a pas envie. C’est alors que le destin le force à venir en lui envoyant des bulldozers détruire son squat. Oui, chez Jim Carrey c’est des trucs moins matérialistes mais hein on a pas son budget en France , on a déjà fait péter le budget de Brice 3 rien qu’avec Dujardin alors qu’il la ramène pas trop. Le jeune bougre n’a plus personne chez qui aller, alors il va sauver Mariusse. Il prend le premier avion (c’est une vanne et elle est drôle) et le voyage commence.

Brice 3
Ce moment bizarre où avec une barbe Cornillac fait moins vieux que Dujardin sans barbe.

Honnêtement, c’est le voyage du fun absolu. Brice 3 a un concept qu’il tient jusqu’au bout, c’est le même concept que toute sa com (le génial fake du film sur internet) : se foutre du spectateur en bouleversant ses attentes au dernier degré. Mais vraiment, même au niveau de la mise en scène le film est un délire total qui ne s’oppose aucune limite pour faire régner le chaos, jusqu’à te lasser trois fois de suite la même musique de plage. Passage musical absurde, passage animé formidable qui emprunte autant à Yu-Gi-Oh qu’à Dragon Ball Z (entendre Brice gueuler « c’est l’heure du duel » avant de se lancer dans un combat de robots Saiyan), rien n’est prévisible dans Brice 3 et c’est ce qui en fait une réussite. Tout ne marche pas forcément, certains gags sont un peu longs et pas franchement utiles (quand le film devient banal, il n’intéresse pas, comme quand il galère à sortir de son taxi a cause de sa planche de surf), mais le film tient la route jusqu’à la dernière seconde. Un exemple de gag : comme je l’ai dit Brice ment au début du film en disant qu’il a croisé son double, c’est un des enfants qui éclaire le mensonge. Mais dans l´intrigue du film il croise vraiment son double, c’est même la menace principale et la raison pour laquelle Mariusse l’a appelé ! On est dans un stade d’absurde maîtrisé sans problème et pourtant, vu la suite du film, ce n’est que le niveau alpha du troll.

Péripéties sur péripéties, Brice finit par affronter son double, donc (nouvelle référence à Yu-gi-Oh ? Peut être pas mais mon cœur de fan aime à le croire) et perd. Il perd parce qu’il est déstabilisé : le méchant monsieur est un fan que Brice a rejeté (sorte de Frozone débile) et montre une vision cauchemardesque de ce que le surfeur peut devenir si il continue dans cette voie. Un connard imbu de lui même, qui délocalise la population locale d’une île pour en faire un grand parc d’attraction a sa propre effigie. Autant dire que le spectateur comme moi, à ce moment là, il trouve ça hyper naze et s’emmerde royalement. Je suis pas venu voir Brice prendre conscience du sens de la vie, je suis venu le voir être un abruti connard ! Bref, il quitte le floor, détruit, et refuse de combattre son double. Mais comme Brice 3 est un film apparemment gentil, il envoie Mariusse faire un Casse/Contre Casse (les rap contenders des blancs ?) avec le double, sauf qu’évidemment Mariusse fait rien qu’à bégayer et il est sur le point de tomber sur le sol quand BOUM BRICE ARRIVE ET LE SAUVE PLOT TWIST JE VAIS PAS TENIR C’EST AAAAARGH L’INATTENDU.

Brice 3
Dans ces moments là t’as l’impression que le film te fait ça .

S’ensuit un clash efficace mais respectueux (comprenez ici : ils disent pas fdp parce qu’on insulte pas les mamans comme dans Fatal, autre génialitude de comédie française), Brice est en train de se faire poutrer malgré ses efforts quand SOUDAIN il se met à se flageller. Dit que c’est un connard d’égoïste, qu’il a rien à faire dans l’admiration et qu’il n’est aimé de personne. Autant vous dire qu’à ce niveau là j’ai envie d’insulter la maman du film. Mais non, en fait c’était une ruse, comme son double se vantait d’être le même que lui mais en mieux, Brice en s’auto-cassant vient de défoncer son adversaire qui ne sait plus quoi bégagagayer. 1h27 (chiffre non contractuel) ont passé, la délocalisation des indigènes est annulée, fin du film, dans ma tête c’est « ouais bah ça était cool mais ça finit trop bien c’est dommage que le film perde ses ATTENDS QUOI. Oui parce qu’à ce moment là du film, l’écran fait un gros doigt d’honneur à mes pensées et me traite de fdp de rageux.

La dernière scène, c’est quoi ? De retour dans le monde normal de la vieillesse, Brice a été écouté par les enfants émus. Il part donc avec l’impression du spectateur que le vieil homme de Brice 3 est quand même devenu un type bien. Donc là je soupire encore plus et je vois la note du film dégringoler. Et puis il se retourne, sans doute pour un dernier adieu … Je sens mon rythme cardiaque d’énervement qui s’accélère.

« Au fait les enfants. Je vous ai raconté de la merde. Rien de ce que j’ai dit n’est vrai. CASSÉ ». Et là je regarde mon pote avec qui j’étais, et j’éclate de rire. Là où je m’y attendais le moins, le film m’a cassé.

À voir en salles, en ce moment !

AMD

Adrien Myers Delarue

Résidant à Paris, A.M.D est fan de Rob Zombie, de David Lynch et des bons films d'horreurs bien taillés. Sériephile modéré, il est fan de cultes comme X-Files, Lost, ou DrHouse, ou d'actualités comme Daredevil ou Bates Motel.

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