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Actus Suite, remake, reboot Z

Avatar La Voie de L’eau : du grand spectacle aux dialogues creux

Avatar avait tout de même réuni 15 millions d’entrées en 2009 et rapidement, on se demandait si Avatar avait marqué la pop-culture. La Voie de L‘eau arrive 13 ans après et James Cameron peut encore faire un hold-up.

James Cameron et hold-up ? Cela voudrait dire que le réalisateur de True Lies et Terminator 2 peut créer la surprise sans qu’on ne s’y attende ? Autant pour Titanic, c’était le cas, autant pour Avatar également. Mais là, avec une suite d’un énorme succès qui a sa propre identité, difficile de lier encore ce terme au réalisateur.

Encore que, les suites sont désormais ce qui fait du chiffre au box-office et alors qu’Avatar était la seule œuvre originale avec Titanic à se targuer d’être tirée d’aucun livre, l’appel de la franchise est là. On le savait, Cameron voulait étendre son univers et il a donc fallu attendre 13 ans alors que certains enchaînent les suites en moins de trois ans.

Avec tout ce contexte, comment regarder La Voie de L‘eau avec un œil vierge de toute influence ? Difficile. Personnellement, le premier Avatar m’avait diverti, mais, au-delà de la technique, je n’avais pas ressenti un extrême choc. Et depuis Avatar, beaucoup d’univers se basent sur des représentations totalement par ordinateur. Les films d’animation sont devenues des tableaux, les blockbusters peuvent créer tout ce qu’ils veulent pour raconter une histoire. Et si beaucoup de films proposent des choses loin d’être parfaites, l’œil du spectateur s’es habitué à tout cet imaginaire.

avatar 2

Comment aborder Avatar 2 ?

Après plus de 3 heures le voyage vers Pandora se termine avec un petit goût amer. Pour argumenter, repartons vers une discussion que j’ai eu avec un ami joueur de jeu vidéo. Il me demandait des retours sur Avatar pour savoir si ça valait le coup ou s’il vallait mieux rester derrière son jeu vidéo. La question se pose. Après 1 h 30, je commençais à avoir un peu des envies d’ailleurs. Comme pour un gamer qui en a marre d’un jeu après quelques heures, saoulé par l’univers, je voulais partir de Pandora. Les Na’vi me sortaient par les yeux. Beaucoup de retours sur le premier film faisaient ressortir que les créatures bleues n’arrivaient pas tout le temps à avoir l’adhésion du public. Même encore en 2022, j’entendais une journaliste derrière moi citer les Schtroumphs. Encore, oui. En 2022.

On parle donc juste de l’esthétique. Et il est vrai que pour Avatar, ce qui ressort est la technique. Oui, Cameron offre un film techniquement abouti, un summum du genre. On se demande si certaines parties ne sont pas vraiment réelles tellement le degré de précision est là. D’ailleurs, on y reviendra, mais Cameron aime montrer l’univers qu’il a créé. Avatar 2 est centré sur un univers aquatique et c’est plutôt bluffant. Les créatures s’enchaînent, on croit à cette planète. Cependant, voir Avatar 2 en D, c’est aussi subir le HFR.

L’épreuve du HFR

Je n’avais jamais vu de films en HFR et je ne suis pas fan. Cette impression de voir une séquence « amateur » avec un haut rapport d’images me sort du film. Je ne suis peut-être pas habitué, cela dit, ce n’est pas une fluidité que je recherche absolument devant un film. On en revient au jeu vidéo. Parfois, j’avais l’impression d’être devant une démo technique en magasin où on me montre par des séquences peu concluantes la fluidité exemplaire du HFR.
Avatar avait créé l’événement également pour sa 3D impeccable. Il est vrai que La Voie de L‘eau possède une belle 3D. On ne peut pas remettre en question ce procédé quand il est bien utilisé.

Et après la technique, que reste-t-il ?

Avatar n’avait pas brillé par son scénario. On lui reprochait des accointances certaines et vérifiables avec Danse avec les Loups et Pocahontas. L’univers, la technique et l’esthétique faisaient en sorte qu’on pouvait aisément lui pardonner un scénario facile et balisé. Et cette Voie de L‘eau emprunte plutôt un bon vieux scénario de famille exilée qui ne s’intègre pas.

On en a vu des tonnes comme ça. Le père tente de faire bonne figure, les enfants souhaitent revenir chez eux, ils ne s’entendent pas avec ceux qui sont là depuis longtemps, il y a des pertes douloureuses qui permettent de tous se rapprocher. Si Avatar 2 prend son temps, c’est bien pour installer son prétexte. Les Hommes sont revenus sur Pandora pour s’installer. Il y a un grand méchant qui veut retrouver Jake Sully pour on ne sait quelle raison, et elle est suffisamment inutile pour qu’elle soit le centre du film et des séquences… Hélas. De là, Jake et sa famille doivent s’exiler. Ils vont vers les peuples des Mers. Accueillis froidement, nous voilà dans le parfait schéma de la famille qui doit s’accommoder dans un nouvel environnement. Tout y passe. Les poncifs du jeune fils mal mené par les jeunes du « village », l’histoire d’amour entre la fille du village et le nouveau venu…

Mais est-on venu voir Avatar pour le scénario ? Pour que cette question désormais classique de « est-ce qu’Avatar a marqué la pop-culture ?«  ait une réponse, il faut bien qu’on parle de la qualité de chef d’œuvre d’Avatar. Le terme est souvent employé. Est-ce que certains chefs d’œuvre sont aussi pauvres en histoire ? Difficile.

Avatar a marqué techniquement la technologie, mais en rien Avatar n’a influencé autre chose que les techniciens. Les pauvres scénaristes, réalisateurs et producteurs qui ont essayé de prendre une quelconque chose à Avatar, c’est de créer des univers de A à Z. Plusieurs articles ont tenté de démontrer qu’Avatar a influencé plus que de raison le cinéma, mais sans citer un seul exemple. 

Il y a donc eu John Carter From Mars. Un flop qui est pourtant l’exemple le plus pertinent. Mais un flop.

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Quid des personnages ?

Technique ok, mais quoi d’autres ? Je n’ai vu aucun article sur les personnages et les acteurs ? Sam Worthington et Zoe Saldana sont de retour,Kate Winslet est là. Ce ne sont pas les personnages les plus mis en avant dans cette suite. Ce sont bien les enfants qui sont au cœur de l’intrigue. Il y a même un humain qui se la joue Mimi Siku. Cette nouvelle génération est plutôt fraîche. Si elle n’évite donc pas les écueils du genre teen, il y a des choses qui se présagent pour la suite des aventures qui peuvent créer enfin un vrai drama.

Et à défaut d’avoir créer un univers devenu référence (je ne vois personne citer des dialogues, refaire des scènes ou se cosplay en Na’vi), Cameron l’aime. L’adore même ! Oui, vous aurez des scènes sous-marines à longueur de film, peut-être même trop. Il prend son temps pour montrer la beauté de ce qu’il a créé. Mais ça devient un gimmick un peu redondant et lassant. Dans le premier, la découverte de la planète était parfaitement intégrée dans le scénario et la réalisation. Dans La Voie de L‘eau, les personnages découvrent les fonds marins et on reste de longues minutes tel un docu animalier.
Mais 13 ans après, ça ne fonctionne plus pareil. Si le film était en 4Dx ou en odorama je ne sais, ça aurait un goût différent. 

Avatar La Voie de L‘eau est un spectacle efficace, peu surprenant mais techniquement au point. Le scénario est d’un classique absolu et il installe un peu maladroitement des pistes pour le futur de la franchise. Si les dialogues sont peu inspirés et les personnages deviennent peu reconnaissables, le film est généreux en séquences tape-à-l’œil. Un peu long, malgré le fait d’être une suite, il propose un spectacle qu’on n’avait plus vu depuis… le premier Avatar. Le reste des blockbusters n’étaient que des Marvel ou des Fast and Furious à l’esthétique rincé. Alors oui, le seul film original de la saison blockbuster est une suite d’un film original. Ça en devient presque rare d’avoir un numéro 2 de nos jours.

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