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Au-Delà du Réel, l’aventure continue, saison 3

En 1995, X-Files cartonne, Star Trek continue de briller et la SF se sent pousser des ailes. MGM et Showtime produisent une nouvelle version de The Outer Limits, série des années 60.

 

« Ce n’est pas une défaillance de votre téléviseur. N’essayez donc pas de régler l’image. Nous maîtrisons, à présent, toute retransmission. Nous contrôlons les horizontales et les verticales. Nous pouvons vous noyer sous un millier de chaînes ou dilater une simple image jusqu’à lui donner la clarté du cristal, et même au-delà … Nous pouvons modeler votre vision et lui fournir tout ce que votre imagination peut concevoir. Nous contrôlerons tout ce que vous allez voir et entendre. Nous partagerons les angoisses et les mystères qui gisent dans les plus profonds abysses… au-delà du réel. » Cette voix qui accompagne le générique a été magnifiquement portée par l’excellent Patrick Floersheim, disparu il y a quelques années maintenant.

Review complète de la saison 1

Review complète de la saison 2


La saison 3 est encore moins dans les mémoires. Il semblerait que M6 diffusait les épisodes avec une sélection drastique :  les moins violents et érotiques au panier et diffusion à 23h30.

Revenons sur chaque épisode puisque la série, anthologique, est assez inégale. Les épisodes en bleu sont les incontournables.

3×01 ● Amour virtuel

Aidan Hunter est persuadé d’être, à ce jour, le seul être humain qui soit encore en vie sur la Terre, dépeuplée suite à une explosion nucléaire…

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Episode plaisant avec une bonne base mais qui se termine sans cohérence. On retiendra au casting Natasha Henstridge, qui, après La Mutante, est choisie pour son physique.

3×02 ● L’homme qui avait plusieurs têtes

Le docteur Valerian, un scientifique de renom, sait qu’il est atteint d’une maladie incurable. Mais ne pouvant se résoudre à cette idée, il décide de tenter de mettre au point une machine capable de transférer son savoir dans un autre corps…

Quelle conclusion ! Expédiée et expliquée dix secondes avant la fin, elle marque durablement. Outre le jeu plutôt efficace de l’acteur principal, on sent une certaine lassitude au fil des scènes et on comprend vite où ça va nous mener.

3×03 ● Régénération

Rebecca Highfield et son mari Graham ont du mal à accepter la disparition prématurée de leur petit garçon de 4 ans, Justin, décédé à cause d’un accident domestique. Ne pouvant se résoudre à ce malheur, il décident de consulter un médecin, le docteur Lucy Cole…

L’impression que cette saison est 100% expériences médicales et scientifiques se confirme. Kim Catrall joue une mère qui a une grossesse compliquée. Les effets spéciaux font mal ou font rire ! Le fœtus a vraiment une tête très drôle et ridiculise un peu le propos qui se veut grave. Malgré la bonne idée de départ, l’exécution est moyenne et le script est répétitif. La fin est plutôt bien trouvée.

3×04 ● Le dernier repas 

Frank Martin est plus que perturbé par la nouvelle petite amie de son fils, qu’il est venu lui présenter. Cette demoiselle est en effet le portrait craché d’une jeune femme qu’il sauva d’un dangereuse expérience militaire, voilà déjà 20 ans…

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Sandrine Holt (MacGyver) ne se ressemblait pas étant jeune… L’épisode instaure une belle atmosphère avec un mystère qui prend son temps pour se découvrir. On ajoute un peu de nudité, des effets noir et blanc (qui étaient les seuls souvenirs de l’épisode) et un effet spécial pour la fin qui utilise au mieux le morphing pour l’époque. On a donc un épisode (bizarrement sans monologue de début et de fin en VF) en huis clos qui brosse finalement plus de thèmes qu’on croit.

3×05 ● Sursaut de conscience

Ryan Unger est persuadé que pour lui, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possible. Il est en effet doté d’un implant dans son cerveau, qui lui donne accès à tous les systèmes d’infos sur tout l’ensemble des connaissances humaines…

On sent que l’épisode veut mettre un maximum de mots scientifiques relatifs au virtuel et au numérique pour en mettre plein la vue. Il donne juste l’impression de dire n’importe quoi pour se donner bonne consistance. David Shore (House, Good Doctor) écrit cet épisode… tant pis pour lui, c’est très peu recommandable.

3×06 ● La pluie noire

Dans un monde ravagé par une guerre chimique dévastatrice, les être humains ont perdu toute capacité de se reproduire. Le gouvernement s’est même mis en chasse de tout couple susceptible de pouvoir perpétuer la race humaine…

Un épisode de dystopie plutôt bon, il y a une vraie question qui se pose et qui aura sa réponse un peu avant la fin pour ensuite offrir une conclusion qui tranche avec le ton général de la série. Donc plaisant.

3×07 ● Le camp

Cela fait maintenant de bien nombreuses années que les êtres humains se sont retrouvés confinés dans des sortes de camps de concentration, prisonniers des collaborateurs d’une race d’extraterrestres…

Dystopie toujours mais genre post apocalyptique ultra banale mais avec des effets de maquillage impressionnants.

3×08 ● L’éclaireur

Bienvenue dans la petite ville tranquille de Heart’s desire. Tranquille, elle l’était du moins jusqu’à ce que débarque une créature qui décide d’emprunter l’identité d’un être humain, un homme, qu’elle assassine de manière brutale…

Un épisode western original qui sort son idée de nulle part juste pour confronter des humains et faire une morale à deux balles (de colt). Avec ce bon vieux Casper Van Dien (en pleine hype à l’époque…)

3×09 ● Mystères à bord du Tempête

Un vieux vaisseau effectue une mission de secours. A bord figurent un docteur et un ambassadeur, qui apportent un sérum à une colonie. Mais le vaisseau est bientôt victime d’une panne, et le pilote se fait mordre alors qu’il effectue les réparations…

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On devine la fin sans forcer, le script joue avec les réalités, c’est plutôt bien fichu.

3×10 ● L’éveil

Un médecin affirme à une femme ayant vécu toute sa vie sans ressentir la moindre émotion, qu’il serait en mesure de la guérir, en effectuant sur elle un petit implant dans le cerveau…

Un très honnête épisode qui progresse vraiment bien sans qu’on devine quelque chose du dénouement. Dommage qu’il soit un peu flou.

3×11 ● Sursis post mortem

Deux docteurs tentent de ramener un mort à la vie, en utilisant leur scanner moléculaire. Mais le premier essai se solde par un échec. L’un des médecins décide toutefois de tenter à nouveau l’expérience, lorsque son collègue est mortellement blessé…

Un concept intéressant mais qui s’attarde sur le docteur et non le patient. A cause de ce postulat grossier, on devine l’évolution de l’histoire mais pas son dénouement ! Un petit twist très logique vient asseoir l’épisode dans la catégorie « la loose ».

3×12 ● Le message galactique

Le Dr Martin Nodel est considéré comme le plus brillant généticien du monde. Seul son fils semble agacé par ses excentricités, de plus en plus insupportables depuis qu’il travaille sur les « Introns ». D’après les déclarations de Nodel, il s’agirait de l’évolution future de l’homme…

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Ryan Reynolds revient dans un autre rôle. Cet épisode part dans une sorte d’expérience collective (qui se permet une petite scène de topless pour le quota) pour terminer sur quelque chose d’éventé par le titre VF. Et d’ailleurs, il n’y a même pas de fin marquante.

3×13 ● Le bouton du mort 

Ben Conklin, un homme des plus solitaires depuis que ses parents trouvèrent la mort lorsqu’il était enfant, est recruté par une organisation, qui le charge de prendre en main un système élaboré en vue de prévenir une éventuelle invasion extra-terrestre…

J’avais un souvenir un peu plus positif de cet épisode. Outre le fait que c’est bien un épisode typique avec un gros postulat de SF et une fin pessimiste, l’épisode tombe dans le ridicule avec une mise en scène désastreuse et des acteurs moyens. James Le Gros (Ally McBeal) est affreux du début à la fin. Côté mise en scène, les caméras de surveillance se mettent à faire du montage et des zooms ou des travellings sur les personnages. On nage en plein délire. Ca nous sort du récit.

3×14 ● La musique des sphères célestes

Devon Taylor, 20 ans, est passionné de physique. Il est engagé comme assistant du Dr Evan Swift, à la radio de l’observatoire. Un jour, il capte des sons qui semblent provenir de l’espace…

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Et ce Devon est joué par Joshua Jackson tout fraîchement engagé pour Dawson. Il rejoint Kirsten Dunst qu’on ne reverra que 2 ans après dans Virgin Suicides mais qu’on a vu dans Jumanji en 95. Si le son peut paraître un peu ridicule par rapport aux effets qu’il produit, l’épisode se suit sans déplaisir et la fin, plutôt optimiste, rend surtout compte de la manière de traiter ce genre de thème. L’envergure donnée est intéressante mais est mal exécutée avec des incohérences « d’action » qu’on retrouve souvent dans les fictions qui ne cherchent pas plus loin. L’exemple le plus fort est ce journaliste TV qui, à l’annonce d’un changement radical, n’est pas autant à l’affût que nos journalistes BFM qui sont H24 près de l’événement. Bref. Vous comprendrez en regardant l’épisode.

3×15 ● Les révélations de Becka Paulson

A l’approche de Noël, Becka Paulson décide de fouiller dans les placards afin de sortir les diverses décorations. Mais elle a la surprise d’y découvrir un revolver. Non seulement la chose l’intrigue au plus haut point, mais pour son malheur, elle se tire dessus par accident…

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Un script inspiré d’une nouvelle de Stephen King lui-même ! Chose rare pour être soulignée dans cette anthologie : on va loin dans le délire. Dès la première image, on sent que le ton sera très diffèrent des 50 épisodes déjà vus.

3×16 ● Tueur virtuel

Bien qu’il ne soit absolument au courant de rien, le capitaine Clark voit quelque chose de terrible et d’étrange se passer sur la station Meridian…

Un épisode où Mario Van Peebles (New Jack City) et Jennifer Beals (Flashdance, The L Word) jouent sous la direction du père du monsieur, Melvin. On est en plein épisode huis-clos sous fond de tribunal. C’est bien mené mais terriblement ennuyeux.

3×17 ● Des hommes de pierre

Tout un bloc d’immeubles d’un quartier de banlieue est un jour « transporté », après une catastrophe nucléaire…

Remake d’un ancien épisode des années 60, cet épisode a le défaut d’être abominablement doublé. Même si David McCallum (NCIS) surjoue au possible et rejoint la tripotée d’acteurs qui sont mal dirigés notamment Laura Harris (Faculty, Dead Like Me et plus rien), on arrive tout de même à trouver l’épisode plaisant car plutôt original (même si c’est un remake).

3×18 ● Toute la vérité

Cela fait plusieurs années que Rivers présente l’émission « Toute la vérité ». Il découvre un jour l’existence d’un programme d’expérimentation top-secret du gouvernement sur le clonage humain. Il subit dès lors de terribles pressions pour ne rien dévoiler…

Comme la saison 1 et contrairement à la saison 2, Au-Delà Du Réel termine sa saison avec un épisode qui contient des extraits d’épisodes précédents reliés entre eux par un semblant d’histoire. Ca marche plutôt bien mais quand on se souvient des épisodes, on sent une légère réinterprétation des faits. L’épisode se suit sans déplaisir et se termine par, évidemment, une victoire du « complot ».


 

BILAN DE LA SAISON 3

Même si elle a 10 bons épisodes, la moyenne est quand même abaissée par des très mauvaises histoires. J’avais peu de souvenirs de cette saison, sûrement mal diffusée à l’époque. Ce revisionnage n’était pas des plus plaisants à cause d’épisodes vraiment moyens et d’autres tout justes passables. Cette saison 3 est assez faiblarde à cause d’idées qui ne marchent pas sur 40 minutes.

Elle ne possède que 18 épisodes mais les 4 épisodes manquants sont intégrés à la saison 4.

Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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