Nous sommes mardi, le nouveau pavé de la saga Star Wars connaît donc, demain, sa première date de sortie, en France s’il vous plaît. Mais puisque Léo vous parlera du film ce jeudi, l’équipe et moi-même avons encore toute la latitude pour finir notre semaine dédiée à la saga des étoiles ! Cela tombe bien, nous en sommes au cinquième épisode … L’Empire Contre-Attaque !

HIER : STAR WARS EN CHIFFRES AU BOX-OFFICE

A sa sortie, La Guerre des Etoiles est un succès planétaire, autant critique que commercial. Le film devient un symbole des culture pop et geek dans le monde, ce qui pousse Lucas à envisager une suite pour son film, dont la réalisation passe à Ivan Kershner, au vu des difficultés qu’éprouve Lucas, déjà au scénario et à la production, à porter toutes les casquettes. Sorti en salles en 1979, le film est un succès commercial, mais les critiques globales ne commencent à vraiment l’encenser que lors de sa ressortie en 1997. Aujourd’hui, le film est souvent considéré comme le meilleur de la saga.

Quelques années après la première victoire des Rebelles contre les troupes de Vador, l’équipe de Luke Skywmalker manque de succomber à une attaque surprise sur sa base d’Hoth. Ce dernier, répondant à un appel du spectre d’Obi-Wan Kenobi, se rend alors seul sur Dagobah pour y rencontrer Yoda, une mystérieuse créature qui devrait lui permettre d’achever son apprentissage de la Force. Pendant ce temps, les rebelles, menés par Han Solo et Leïa Organa, fuient les troupes impériales. Tous vont au devant de dangers imprévisibles et d’une révélation épouvantable …

Sur beaucoup de tableaux, Star Wars : l’Empire Contre-Attaque est un film essentiel, celui qu’il faut avoir vu si on ne peut voir qu’un Star Wars. C’est d’abord le cas d’un point de vue de la mythologie, des fondements de la série : l’épisode V est celui, ni plus ni moins, qui introduit par exemple le Maître Yoda, qui restera par la suite un symbole aussi célèbre dans le monde que le masque de Vador. De la même manière, il redistribue les cartes sur un très nombre de points, que l’on étudie ici pour bien explorer toutes les facettes du morceau le plus reconnu de ce phénomène qu’est Star Wars.

D’un point de vue visuel, et la chose choque dès les premières secondes, ce nouveau Star Wars est nettement plus réussi que son prédécesseur, dont certains effets et bruitages (notamment lors de toutes les scènes incluant un sabre-laser) commencent à doucement vieillir. L’Empire Contre-Attaque, en ce sens, est un peu à la Guerre des Etoiles ce qu’est Battlefront 2015 à Battlefront 2004: un nécessaire appendice, mais aussi une nécessaire évolution, au moins d’un point de vue visuel. Cela se voit surtout de par les décors du film, des impressionnants AT-AT sur Hoth à la troublante Cité des Nuages, le film sait où appuyer pour, encore aujourd’hui, impressionner le spectateur de par son ambition visuelle.

Star Wars

Le Maître Yoda entraîne Luke pour la fin de son apprentissage.

Qui n’est pas que visuelle ! Et c’est bien là un des nombreux intérêts de l’Empire Contre-Attaque, qui redéfinit son modèle du point de vue de la construction scénaristique du film. Le premier, en effet était plutôt linéaire, faisait un peu one-shot de ce point de vue là. Ici, on nous propose une double construction, deux intrigues se chevauchent, l’apprentissage de Luke et les élucubrations de Han et Leïa. Si le premier film était un western des étoiles et le troisième (rappel, l’épisode 6 est en fait le 3, blabla…), on le verra jeudi, plutôt un film de guerre, celui-ci mélange road movie et drame psychologique, privilégie étonnement l’écriture des dialogues et des personnages à l’action, certes impressionnante quand elle advient.

C’est d’ailleurs cette nouvelle ambition scénaristique qui contribue à faire du film un must-see, au delà du carcan Star-Warsien. Si on est pas encore au niveau dramatique et plombant (mais nécessaire à la survie de la cohérence de la saga) de l’épisode III, ce nouvel épisode a un côté bien crève cœur, certes, mais aussi bien mature, l’écriture scénaristique de Lucas est ici au sommet, et devra attendre l’Episode I pour commencer sa (lente) (et discutable) régression. Peu à peu, ce Star Wars sème avec parcimonie et subtilité les indices menant à la révélation finale, de la scène de la caverne sur Dagobah à certains sous-entendus d’Obi-Wan (qui certes intervenaient dès l’épisode V) et du maître Yoda.

Fort de sa maturité et de son ambition d’élévation au delà du simple carcan des blockbusters (embrassant finalement la manière de faire de Nolan aujourd’hui, avec un succès encore plus important), Lucas n’hésite pas à faire souffrir ses personnages : dans l’ambition qu’il avait d’apporter un troisième pavé à sa trilogie, le scénariste pouvait se permettre de lâcher un peu les rênes bien-pensantes de son premier volet. Coups durs, trahisons, révélations douloureuses, et même véritables souffrances physiques (une main en moins quand même pour Luke, héritage des Skywalker, ainsi que de nombreuses cicatrices dues à l’attaque du Yéti en début de film), l’équipe des Rebelles perd beaucoup dans cette épisode, les héros ne sont pas invincibles comme ils le semblaient dans le premier Star Wars de Lucas.

Star Wars

Le saviez-vous? Les cicatrices de Luke sont véritables. Si dans le film elles sont dues à l’attaque du Yéti, elles viennent en fait d’un accident de voiture de Mark Hamill… d’où l’intégration du film de la scène du Yéti !

C’est la disparition de ce côté héroïsant, qui caractérisait pourtant le premier film, qui fait aussi la force du second. Du point de vue du jeu des acteurs comme du déroulement des actions, du point de vue de la mise en scène autant que de celui des dialogues, c’est finalement quand il est le plus réaliste que le film est le plus intéressant et surprenant, et c’est ce frein apporté à l’ascension de Luke vers la victoire qui rend finalement le tout plausible, décrivant les difficultés par lesquelles chacun doit passer pour arriver à ses feins, qu’elles qu’elles soient. Malgré la nécessité, l’importance du personnage de Vador dans cet opus, c’est finalement les souffrances de Luke et de son équipe qui en sont le centre, le seigneur Sith n’en étant finalement qu’un catalyseur…

Pour toutes ces raisons, pour les réflexion qu’inspire le film qui sait pour autant rester divertissant grâce aux formidables moyens techniques dont il sait disposer, Star Wars : Episode V est, pour moi aussi, le meilleur de la saga, même si ma préférence personnelle va à sa suite, le Retour du Jedi… Dont je vous parlerai demain, pour clore notre semaine spéciale, avant la critique du tant attendu septième épisode. Retrouvez sinon nos articles sur l’épisode IV et les attentes d’hier.

AMD