AMC tombe dans le grossier avec sa nouvelle série Into the Badlands où les arts martiaux jouent un rôle important dans un far-ouest alternatif futuriste où la loi du plus fort va régner pendant au moins six épisodes.

Enormément de violence et de giclements de sang outranciers, des gens prétendument beaux qui se montrent sous un jour dénudé assez souvent, des ralentis plein de tension et des accélérés pour améliorer l’action des combats, que des méthodes racoleuses pour une série qui parait hyper cheap.

Vous vous êtes déjà demandé pourquoi grands dieux, un professionnel en arts martiaux gesticulait toujours à faire plein de mouvements avant de commencer le véritable enchaînement qui met à terre l’adversaire ? Puis comment font-ils pour gagner des combats à un contre vingt sans difficultés ? Eh bien, Into the Badlands regorge de clichés du genre. Mélange de wushu et de kung-fu pour le plaisir des amateurs du genre, on y retrouve également la ringardise des films de Steven Seagal mélangée à la violence digne d’un Robert Rodriguez ou d’un Tarantino. Sans mentionner la grossièreté des acteurs qui ne savent pas jouer avec des regards significatifs, des froncements de sourcils et des pauses bien lourdes… Pour ne pas à avoir ouvrir leurs bouches parce que sinon, adieu leur crédibilité.

©AMC

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Le héros, Sunny (Daniel Wu), est bien sûr chargé du fardeau de la vengeance. Torturé, restreint dans une certaine honorabilité du sabre teintée par l’immoralité des gens qu’il sert, il rêve de liberté et de sang. Le pilot révèle ce qu’il faut des personnages pour intriguer le spectateur, sans s’épancher pour autant sur le véritable but de la série… probablement parce qu’il n’y en a pas vraiment. M.K. (Aramis Knight si c’est pas un pseudonyme ça !) est une sorte de Hulk qui entre en transe une fois qu’il saigne, talent que recherchent certaines personnes qu’on éviterait de fréquenter. Donc si vous connaissez un peu les mythes asiatiques, M.K. symbolise en fait the monkey king, il s’agit en fait du Roi Singe, connu pour sa force et divers dons. A côté, on retrouve le méchant maître (Marton Scorkas qui se croit dans Django Unchained) aux méthodes discutables, la gamine qui se sent coupable (Ally Ionnades), la femme prête à tout pour parvenir à ses fins (Emily Beecham), et d’autres stéréotypes divers.

Le deuxième épisode présente plus les arcs de chaque personne qui n’arrivent pourtant pas à se distinguer suffisamment pour qu’on accroche à un. Clairement, on ne regarde pas Into the Badlands pour sa profondeur de jeu ou la complexité de son intrigue. Divertissant ? Certes, si on estime que la vue du sang représente une vision réjouissante à la télévision comme des noces pourpres hebdomadaires, ou encore que ce soit original de voir des arts martiaux. En fait, le série finit par être drôle malgré elle, surtout parce qu’elle ne se considère pas comme une comédie. La manière de filmer l’action fait en sorte qu’on ne puisse pas voir que certains acteurs ne se mouvent pas aussi précisément que l’exigerait la chorégraphie et du coup, leurs techniques paraissent un peu fades par rapport à de véritables experts. Les couleurs saturées font briller les costumes mais aussi, étrangement, les fleurs. Sûrement l’aspect asiatique, il fallait une touche poétique.

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Sur certains points, j’ai même l’impression qu’ils se sont inspirés de The Last Airbender. Beaucoup de tuniques en tout cas. Le duo derrière Into the Badlands est celui formé par Miles Miller et Alfred Gough, déjà derrière Smallville ou encore Charlie’s Angels et bientôt The Shannara Chronicles qu’on espère meilleure que leur série actuelle.

(P.S. : Non, je ne finirai pas, c’est un ramassis de tout ce qu’on voit déjà, et pas mieux fait. Et je pense que pour les amateurs du genre, le prochain Ip Man semble bien mieux…)