Pour la première fois, après une pause d’un an, la Comic Con Paris prend son envol et se détache de la Japan Expo. Adieu parc des expositions, bonjour Halle de la Villette !

Qui dit envol, dit peau neuve, et avec un logo tout nouveau et tout beau, l’édition 2015 de la Comic Con Paris a ouvert ses portes ce week-end sous la direction de Reed Expo (New York Comic Con) Et alors, bilan des courses ?

N’allons pas par quatre chemins, le résultat est des plus décevants. Plus gros reproche : leur problème d’organisation des années passées ne s’est toujours pas réglé. Non, je ne parle pas que des accréditations presse qui ont été délivrées aux blogueurs quelques jours seulement avant le début du festival, et je ne leur tiens pas rigueur non plus de les avoir assignées un peu (beaucoup trop) arbitrairement suivant des critères obscurs, non, c’est vraiment le manque d’informations autour de l’événement qui me frustre. D’une part donc, pour la presse, qui n’a pas été tenue au courant et dont certains se sont trouvés sans pass à la fin puisqu’ils étaient déjà tous vendus, mais aussi pour le public, qui n’a pas pu s’arranger par rapport à un programme prédéfini (ah si, pardon, deux jours avant des dernières retouches étaient encore apportées). Ensuite, un petit mot sur le prix de l’entrée du vendredi de cette Comic Con Paris, 16€ pour une demi-journée comparé au samedi et dimanche à un prix similaire. Est-ce logique ? C’est donc d’un pas traînant et réticent que j’y ai mis les pieds…

Concrètement, qu’est-ce qu’on pouvait y faire ? Le tour de la halle en quinze minutes pour jeter un œil aux stands tant qu’on avait le courage de braver la foule de gens ? D’accord, les prix des boutiques restaient corrects pour un événement de ce genre qui a tendance à les gonfler. Mais les boutiques étaient aussi peu engageantes, loin des boutiques que l’on connait dans d’autres salons. Il y avait même un stand Superman Energy Drink.
Prendre en photos les cosplayeurs qui ne savaient pas où poser ou se faire prendre sur le trône de fer ? Effectivement, certains étaient particulièrement réussis, big up à la Katniss Everdeen dont la sonnerie de portable émettait le sifflement du geai moqueur, à la Captain Malcolm Reynolds pour la référence, et la troupe de Marty McFly d’avoir supporté la chaleur dans leurs doudounes.
Acheter des produits qu’on peut trouver partout ailleurs ? D’ailleurs, tout se répétait un peu, et ça manquait cruellement de stands de vente de comics
Aller à la rencontre des dessinateurs recalés aux coins de la salle ou galérer à trouver certains éditeurs ? Franchement…
Essayer des jeux de plateaux ou vidéos avec ses camarades ? Restez bien dans votre zone alors.
Cependant, je reconnais volontiers que l’organisation de l’endroit fonctionnait plutôt bien, l’espace était assez optimisé par rapport aux différentes sections. Après, je doute qu’une grande salle d’auditorium soit suffisante pour toutes les conférences possibles et imaginables. La salle Melty plus petite perdait d’ailleurs de l’utilité et servait plus d’espace de repos…
Les passionnés sont quand même restés fidèles à eux-mêmes, qu’importe les obstacles, leur joie se ressentait d’assister à la renaissance de la convention. Puis il y avait une certaine effervescence à l’idée de rencontrer des talents plus ou moins connus.

comic con paris

Au final, le vendredi s’est avéré être la journée la plus exclusive en nouveautés, puisque le public a eu droit au premier épisode de Jessica Jones. L’annulation de l’actrice Maisie Williams les deux autres journées a tout de même été assez tragique au vu de ses nombreuses activités prévues, et nombreux fans se sont désistés en apprenant au dernier moment la nouvelle… pour ceux qui l’ont sue. L’équipe a été incapable de rebondir, je ne sais pas, proposer à James Masters de la remplacer ou au cast de Jessica Jones ? J’imagine bien que les contrats sont immuables, mais parfois il faut savoir convaincre d’une autre manière. D’ailleurs, James Masters qui était présent pour ses panels et rien d’autre, on en parle ? Les invités étaient assez divers, du cinéma aux légendes de comics en passant par la série, idée appréciable en effet. D’ailleurs, Omar Sy a fait une apparition lors du panel de Shawn Ashmore dimanche. Sympa.

©DR

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Revenons un court instant sur le coût, sujet qui fâche, eh bien je trouve que 30€ pour une photo, c’est tout à fait raisonnable sachant que quatre personnes pouvaient être dessus en plus de l’invité ! Oui, d’accord, c’est payant, mais les photos sont payantes partout ! En revanche, pour les dédicaces gratuites, il fallait se lever tôt pour faire la queue aux aurores afin de gratter un ticket gagnant. Et après deux heures de queue, t’annoncer qu’il n’y a pas pour la personne que tu voulais… Bref, passons. Finissons sur les panels. Heureusement qu’il y en avait pour sauver le week-end. Certains invités étaient particulièrement bons à ce jeu, tandis que d’autres semblaient plus mornes…

En tout cas, la Comic Con Paris n’atteint pas la cheville encore de son homologue anglais, et ne parlons pas de l’américain (quelle que soit la ville). Toutefois, pour une initiative de ce genre en France centrée autour de cette pop culture, il s’agit tout de même d’une mini-réussite. La présentation, la publicité autour du festival ont laissé un bon souvenir dans l’esprit des fans. Mais comparée à la partie science-fiction de Paris Manga & Sci-Fi Show par exemple, qui s’étend de plus en plus notamment avec les célérités du net, la Comic Con ne s’impose pas pour autant. Si on mentionne la Paris Comics Expo qui a le mérite de plus se concentrer sur l’aspect « comics » à proprement parler et où les stands amateurs gagnent en liberté, la Comic Con ne fait pas le poids.
Pour la prochaine édition (qui existera sans aucun doute), on espère une meilleure communication et organisation de leur part ! Car au niveau du contenu, le potentiel ne demande qu’à être stimulé !

(P.S. : Ah oui, le grand débat du genre de ‘comic con’, vous m’excuserez si je considère que c’est ‘une’ convention et non ‘un’ comic qu’on prend pour déterminer le genre. Mais oui, ça sonne bizarrement aux oreilles.)